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21 septembre 2023 à 15h25 par 2 283 0

Martine Zussy : « Une vraie énergie pour fêter les 10 ans de Motoco ! »

Martine Zussy : « Une vraie énergie pour fêter les 10 ans de Motoco ! » | M+ Mulhouse
Martine Zussy : « Une vraie énergie pour fêter les 10 ans de Motoco ! » | M+ Mulhouse

Martine Zussy : « Une vraie énergie pour fêter les 10 ans de Motoco ! »

21 septembre 2023 à 15h25 par 2 2830

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Temps de lecture : 4 minutes

Missionnée par la Ville pour sauver Motoco en 2018 avec l’aide de huit entrepreneurs locaux, Martine Zussy a réussi son pari. Entretien à l’occasion du 10e anniversaire de ce lieu de foisonnement artistique, qui se tient ce week-end au cœur du site DMC.  

Motoco fête ses 10 ans ce week-end, quels sont les premiers sentiments qui vous viennent à l’esprit ?

De la joie, de la fierté, on est heureux d’être arrivé aux 10 ans, car ce n’est pas une aventure simple. C’est un milieu qui reste précaire et qui tient à la force humaine. Je sens qu’il y a une vraie énergie et une grande excitation à l’aube de ce week-end anniversaire.

« Une aventure complètement dingue »

Catherine Kohler Motoco totalise aujourd’hui quelque 130 artistes résidents.

Quelles sont les grandes évolutions depuis 2013 ?

Au départ, je n’étais pas là. C’était un projet d’urbanisme transitoire traditionnel, porté par un designer suisse (Ndlr : Mischa Schaub) et Jean Rottner. On a une friche industrielle, on y met des artistes et les artistes, ça fait rêver. C’est un phénomène très connu en Europe : le déclin industriel a laissé place aux artistes. Et puis très vite, on rejoint une logique d’exploitation immobilière et, la plupart du temps, on y met des start-ups pour trouver un équilibre financier. Le projet a démarré sous forme associative, mais rapidement la fragilité du modèle économique a nécessité une remise en cause de l’organisation et de l’ambition. Le pari était de dépasser ce stade de projet d’urbanisme transitoire. Le démarrage a permis de porter un autre regard sur ces bâtiments désaffectés. Et ça, c’est un moment magique, avec plein de croyances et d’espérances magnifiques. Ça n’a pas changé depuis 2013.

Sauf qu’en 2016, l’association Motoco est placée en liquidation judiciaire…

Lorsque l’association de départ décide de quitter les lieux en 2016, on se retrouve avec une cinquantaine d’artistes et plus d’exploitants. Il y a eu des dégâts humains et matériels très importants. En 2018, on se lance dans une aventure complètement dingue avec pas grand-chose, au départ. Aujourd’hui, Motoco a beaucoup changé. Tout est plus structuré, plus professionnel. On oscille entre 120 et 140 artistes dans nos locaux.

« On doit se réinventer tout le temps »

Quels ont été les acteurs de cette réussite ?

On a pu le faire grâce à des entrepreneurs locaux, qui ont revisité le projet, en relevant le défi de trouver un nouvel équilibre économique au bénéfice de la production des artistes. Nous avons une grande liberté de faire et ça nous amène à un projet très particulier, qui doit se réinventer tout le temps. On est en train d’avancer, et ces 10 ans, c’est juste le moment de faire une pause et de se dire « waouh, quel parcours ! »  Aujourd’hui, Motoco c’est une centaine d’événements chaque année : des expos, des concerts, des visites d’ateliers…

L’objectif est d’attirer un public de plus en plus large ?

Ce qui fait notre force, c’est la diversité des événements, qui nous permet d’amener des publics différents. On a un public jeune, qui aime l’électro, on a de temps en temps, des temps d’échanges avec des enfants qui sont très intéressants. Et puis, il y a aussi des événements comme le salon Brut(es), avec des gens qui font parfois 1 000 km pour s’y rendre. On a un rayonnement plus large et aussi un public régulier composé de beaucoup de Bâlois et Strasbourgeois.

Catherine KohlerParmi les propositions du week-end, des visites d’ateliers.

Motoco va-t-il encore grandir ?

On ne va pas grandir en termes de volume, mais on réfléchit à grandir sur l’impact territorial et sociétal que l’on peut avoir. Je crois que les artistes ont un vrai rôle à jouer dans la société actuelle. On a également envie de développer la fabrication en circuit court. Pour ce faire, nous travaillons avec la recyclerie L’Art et la matière. Il faut développer toute la partie artistique, mais qui ne s’adresse pas qu’au milieu de l’art. L’objectif principal reste de développer la professionnalisation des artistes.

Dernière ligne droite avant la fête. Comment se prépare-t-elle ?

On a un programme hyper fourni, tout le monde est sur le pont. On est évidemment en retard (rires). Ça va être intense car il y a une grosse organisation, comme des changements de salle pendant la nuit, notamment pour les changements de décors et d’implantations. J’espère qu’on sera très nombreux pour chanter ensemble un magnifique 10e anniversaire.

10 ans, ça se fête !

De ce vendredi 22 au dimanche 24 septembre, Motoco fête son 10e anniversaire. Au programme vendredi, à partir de 19h : la projection, en avant-première, du documentaire « Motoco » réalisé par l’alsacien Robin Hunzinger, suivie d’un dîner d’anniversaire. Le samedi et le dimanche laisseront place aux ateliers ouverts, visites guidées et conférences, de 10h à 22h. « L’objectif, c’est aussi de faire participer le public avec des ateliers de création », explique Martine Zussy. Le samedi soir sera marqué par le Grand bal masqué, qui fait son retour spécialement pour les 10 ans. « Je pense que celui-là aura une saveur particulière », se réjouit Martine Zussy.

Du vendredi 22 au dimanche 24 septembre à Motoco, Bâtiment 75, 11 rue des Brodeuses. Programme complet sur motoco.fr

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