Le Plan de développement des mobilités douces entre dans le vif du sujet

Les travaux d’aménagement des secteurs Roosevelt et Porte de Bâle, menés dans le cadre du Plan de développement des mobilités douces, démarrent ces jours-ci. Les aménagements cyclables, piétonniers et la végétalisation de ces rues s’accompagnent du réaménagement du square Roosevelt, de la création du « ring » pour la circulation et le stationnement ou encore du lancement des études pour développer l’attractivité du marché de Mulhouse.
C’est l’un des grands projets qui participent à la transformation de Mulhouse : le Plan de développement des mobilités douces ( lire notre dossier dans le dernier numéro du magazine M+ ) est entré dans le vif du sujet, avec le démarrage des travaux d’aménagement sur les secteurs Roosevelt Sud et Porte de Bâle.
« Les travaux sur les réseaux enterrés (eau, gaz, électricité) se terminent sur ces deux secteurs, explique Claudine Boni Da Silva, adjointe au maire déléguée aux Mobilités, à la voirie et au stationnement. A partir du lundi 15 avril, les travaux d’aménagement proprement dit vont démarrer. L’objectif est d’apaiser ces secteurs en modifiant la circulation, qui passe en voie unique, de permettre la création d’itinéraires cyclables continus et sécurisés pour traverser la ville et de renaturer ces secteurs en créant des îlots de fraicheur. » ( Lire notre article )
Plus de vélos, de piétons et d’espaces verts

Du côté de la Porte de Bâle, le chantier va débuter par l’avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny, qui devrait être en travaux jusqu’en juillet. Les travaux de la rue des Bonnes-Gens démarrent également ces jours-ci, pour un achèvement programmé en octobre. La Porte de Bâle elle-même sera concernée par les travaux entre juillet et décembre. A la clé, pour tout le secteur : des voies de circulation réduites au profit des mobilités douces, de nouveaux espaces verts, une déminéralisation du quartier…
De l’autre côté du centre-ville, la partie Sud du boulevard Roosevel, qui fait la jonction entre le marché et le plateau piétonnier étendu du centre, a, elle aussi, démarré sa transformation. La circulation va passer en une voie unique, permettant de rejoindre la rue de l’Industrie depuis la rue Engel Dollfus, au profit de trottoirs agrandis et d’une voie cyclable. À noter que le double sens de circulation sera maintenu entre Porte Haute et la rue de l’Industrie et que la clinique du Diaconat restera accessible, avec des places dépose-minute pour les patients et les ambulances. Les travaux sur le secteur devraient être achevés d’ici décembre, alors que ceux de la partie Nord du boulevard Roosevelt démarreront en juin et ceux prévus rue Franklin et avenue Briand interviendront fin 2024 et en 2025.
Un nouveau visage pour le square Roosevelt

Ces travaux, qui ont fait l’objet d’une large concertation avec les riverains et les professionnels du secteur, s’accompagnent aussi du réaménagement du square Roosevelt, un projet qui a fait l’objet d’une concertation citoyenne permettant de donner un nouveau visage à ce parc, sous utilisé jusque-là. « Ce parc est un lieu assez magique qui va se transformer en un lieu calme et un vrai îlot de fraicheur, souligne Laurent Naiken, paysagiste concepteur de l’agence mulhousienne Sortons du bois. Les grands platanes vont être conservés, de nouveaux arbres vont être plantés et les espaces verts vont être agrandis. Les habitants ont aussi souhaité qu’on y installe du mobilier urbain pour tous les âges, avec des tables de pique-nique, des assises de repos… »
Passant devant le lycée Roosevelt, la contre-allée du parc, aujourd’hui ouverte au stationnement et à la circulation, va devenir une vraie allée pour le parc, sans circulation et avec un sol stabilisé, comme le reste du parc. Le monument aux morts installé au cœur du parc va être déposé, puis réinstallé avec quelques modifications : il sera descendu, après la suppression de ses marches, et pivoté d’un quart de tour, permettant la tenue des cérémonies commémoratives sans bloquer la circulation et une meilleure intégration dans la perspective du parc. La topographie et les revêtements de sol du site vont être repris, pour permettre la récupération optimale des eaux de pluie pour la végétation.
« Permettre au marché de gagner en attractivité »

Ce nouvel espace apaisé, cadre de détente pour les patients du Diaconat et les élèves du lycée, fera aussi la jonction avec le marché de Mulhouse, via un cheminement apaisé. « L’objectif est de raccorder tout ce secteur au centre-ville, explique Philippe Trimaille, adjoint au maire délégué au Commerce et au marché. Le marché va devenir l’un des pôles d’attractivité du centre-ville, ce qui profitera au centre comme au marché. Pour lui permettre de gagner encore en attractivité, nous lançons plusieurs études : couverture de l’espace fruits et légumes, avec un geste architectural fort ; isolation et économie d’énergie de la halle, avec production potentielle d’énergie en utilisant l’eau passant en dessous ; création d’un système de production de froid mutualisé pour tous les commerçants… Nous voulons être exemplaires et innovants en matière d’écologie, afin de faire baisser la facture d’énergie et les coûts pour les commerçants. L’objectif est d’avoir le résultat des études à l’automne afin d’engager la concertation avec les commerçants et les clients puis de pouvoir présenter un projet d’ici 2025. »
En attendant, la Ville et les commerçants du marché, impactés par la suppression de places de stationnement autour du marché, échangent dans le cadre d’un groupe de travail, afin de permettre à chacun de trouver des solutions adaptées pour le déchargement des marchandises et le stationnement. De manière générale, quatre médiateurs travaux vont faire le lien entre la Ville, les entreprises mobilisés, les commerçants et les habitants sur l’ensemble du Plan de développement des mobilités douces, dont un dédié exclusivement au marché. Des lettres Info’chantier sont également distribués à l’ensemble des riverains et des professionnels concernés, lors de chaque changement de phase des chantiers.
« Une solution d’accès pour tout le monde, y compris les automobilistes »

Le Plan de développement des mobilités douces, qui a pour objectif « de remettre les modes de déplacement à leur juste place, n’interdit pas de se rendre en voiture au centre-ville, précise Claudine Boni Da Silva. Il invite à réfléchir pour utiliser le moyen de transport le plus adapté selon le trajet. La voiture reste indispensable pour certains, mais les axes de l’hypercentre ne sont pas adaptés à la circulation de transit. » Cette circulation de transit sera donc déviée sur un « ring », soit un itinéraire circulaire de 14 km autour du centre. Des panneaux spécifiques matérialiseront ce ring, dès les entrées de ville, et les points d’intérêt seront indiqués tout au long du parcours, notamment le centre et le marché, mais également l’ensemble des parkings.
« Mulhouse compte 10 000 places de stationnement dans les parkings en ouvrage, les parkings relais et le stationnement de surface, complète Philippe Trimaille. Si les chiffres du stationnement sont en hausse de près de 12% sur un an, à l’échelle de la ville, et que les parkings ne sont pas saturés, nous anticipons la hausse de la fréquentation en créant de nouvelles places : au parking Porte Jeune et Maréchaux, à l’issue des travaux ; dans les futurs parkings en silo Fonderie et P3 de la gare, à Porte Haute avec la création d’un étage… Il y a une vraie cohérence à accompagner la transformation de Mulhouse autour des mobilités douces en offrant une solution d’accès à tout le monde, y compris aux automobilistes. »