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La lutte contre les rodéos urbains passe aussi par la prévention

30 juillet 2021 à 11h39 par 1 1800

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Pour lutter contre le phénomène dit de rodéos urbains, la Cité de l’Automobile, la Police nationale et la Ville de Mulhouse se sont entourées de plusieurs partenaires, pour mener une action de prévention, visant à passer du modèle urbain illégal à une pratique sportive encadrée et réglementée.

Faire découvrir le stunt (NDLR : la réalisation de figures acrobatiques sur une moto) à des jeunes Mulhousiens pour prévenir les rodéos urbains, c’est l’audacieuse idée qu’ont eue la Cité de l’Automobile, la Police nationale et la Ville, avec le soutien d’une dizaine de partenaires. Ce jeudi, six ados ont ainsi investi l’Autodrome du musée pour une journée encadrée par un expert de la discipline, Yannick Dupont, alias Stunt Yannick. « Le projet est né en 2020, suite à la rencontre de différents acteurs, confie le directeur de la Cité de l’Automobile, Aurélien Weisrock. Yannick, qui veut ouvrir une école de stunt, le commissaire Gérard Morena, qui m’a parlé des rodéos qui sont la difficulté du moment et Ayoub Bila, l’adjoint au maire délégué à la Jeunesse, qui m’a rapporté les plaintes de la population à cause des nuisances… »

« Les conséquences se paient toute la vie »

Catherine KohlerC’est Yannick Dupont, alias Stunt Yannick, qui a sensibilisé les jeunes.

De cette rencontre est née l’idée un peu folle de donner la possibilité aux jeunes de pratiquer le stunt dans un cadre précis et de manière encadrée, en toute sécurité. « Le matin, on fait de la théorie, explique Yannick Dupont. On échange, le but est de leur montrer qu’on peut faire ça en toute sécurité et pas n’importe où, je leur explique pourquoi il faut porter un casque, des gants… L’après-midi, on passe à la pratique ! » Mathieu, Samy et Fedy semblent avoir apprécié l’expérience. L’un ne savait pas rouler en moto avant et a appris les bases avec Yannick, l’autre sait désormais passer les vitesses et les trois sont conscients d’une chose : « Il faut bien se protéger parce que les conséquences d’un accident se paient toute la vie ! »

De la prévention qui n’empêche pas la répression

« L’idée du rodéo dans la rue est de se montrer et les auteurs sont prêts à tout, confie Paul Quin, adjoint au maire délégué à la Sécurité. Ici on est sur une discipline sportive encadrée, qui participe à une idée plus générale de prévention, avec notamment la piste d’éducation à la sécurité routière pour les scolaires. En parallèle, nous avons augmenté notablement les contrôles ! » Des contrôles réguliers, avec des sanctions qui peuvent être lourdes : « Nous effectuons des opérations toutes les semaines, en lien avec la police municipale, confie Gérard Morena. Le rodéo est un délit, nous saisissons des véhicules, les auteurs passent devant le tribunal correctionnel et s’exposent à des amendes de plusieurs milliers d’euros et des peines de prison ! »

Expliquer les bons usages pour diminuer les risques

« Le formateur est extraordinaire, salue le Commissionnaire divisionnaire et Directeur de la sécurité publique (DDSP), Gérard Morena. On a un jeune qu’on a souvent vu sur des rodéos, à qui on a voulu expliquer qu’il fait n’importe quoi et se met en danger. On essaie de rattraper ceux qui ont déconné ! » Et puis, il y a ceux qui n’avaient peut-être pas essayé mais qui pourraient être tentés et à qui il vaut mieux expliquer les bons usages avant que ne se produise un drame… « Ces activités sont dangereuses mais il y a très peu d’endroits où l’on peut les pratiquer en sécurité, expose le sous-préfet de Mulhouse, Alain Charrier. Ici, l’objectif est de s’essayer au risque et de le mesurer en étant encadré, pour le diminuer. Lorsqu’on parle de pratiques mécaniques, il y a une éducation à faire qui va au-delà des permis ! »

Catherine KohlerLa pratique encadrée permet de mieux se rendre compte des risques.

70 jeunes sensibilisés

Avec douze journées en 2021, dont quatre sur la seule période estivale, ces stages permettent de sensibiliser quelque 70 jeunes, aiguillés par les centres socioculturels et le Centre de loisirs jeunesse de la Police nationale. Une première étape qui appelle d’autres actions : « C’est l’embryon de quelque-chose, si on veut lutter contre des problématiques, il faut créer des choses…  Aujourd’hui, il y a très peu de clubs où on peut pratiquer les sports mécaniques », concède Yannick Dupont. Un avis partagé par tous les partenaires, qui sont prêts à mettre un coup d’accélérateur pour permettre à ces jeunes amateurs de sport mécaniques de pratiquer de manière encadrée et sécurisée.

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