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Covid-19 : L’hôpital militaire de campagne s’en va mais la vigilance reste de mise | M+ Mulhouse

Covid-19 : L’hôpital militaire de campagne s’en va mais la vigilance reste de mise

13 mai 2020 à 18h13 par 1 5350

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Après avoir apporté une aide majeure aux équipes du GHRMSA et aux patients de la région mulhousienne, l’Élément militaire de réanimation du Service de santé des armées est en cours de démontage. Même si le nombre de patients Covid ne cesse de diminuer, les équipes médicales appellent à la plus grande vigilance et au respect des gestes barrières.

Installé depuis la fin du mois de mars sur le parking de l’hôpital Emile Muller, l’Elément militaire de réanimation (EMR) du Service de santé des armées (appelé également hôpital de campagne) a accueilli ses derniers patients jusqu’au 7 mai et est désormais en cours de démontage.

« La mission arrive à son terme, souligne la directrice du GHRMSA, Corinne Krencker, qui a chaleureusement remercié l’ensemble des équipes du Service de santé des armées mobilisées. Le chemin que nous avons parcouru ensemble restera profondément inscrit chez tous les personnels du GHRMSA. Cette collaboration, indispensable dans le contexte de saturation des lits de réanimation que nous avons connu, a été entièrement réussie, à tous les niveaux. Nous ne sommes pourtant pas des partenaires habituels, mais nous avons œuvré dans le même sens et travaillé véritablement en osmose entre équipes hospitalières et militaires. »

47 patients accueillis en réanimation

« La commande du président de la République était de fournir 30 lits de réanimation, a rappelé le médecin général inspecteur Jacques Escarment, chef de l’EMR. Nous sommes partis d’une feuille blanche et avons imaginé et conçu cette structure nouvelle en 48h. L’objectif était d’aller le plus vite possible, car la situation l’imposait, mais aussi de concevoir ce lieu de manière très sécurisée en intégrant les risques d’incendie, de pannes d’électricité et, bien entendu, de biosécurité pour les équipes et les patients. Le montage a démarré le 21 mars, par une équipe de 35 personnes mobilisées quasiment non-stop, et les quatre premiers patients ont été accueillis le 24 mars. »

Avec sa capacité de 27 lits, l’EMR a augmenté la capacité de lits de réanimation de l’hôpital de 30%. 47 patients y ont été accueillis, pour une durée moyenne de 15 jours et une moyenne d’âge de 60 ans. 300 personnes y ont été mobilisées, dont 230 membres du Service de santé des armées.

« Le Service de santé des armées a mobilisé de gros moyens, dont toutes les facettes ne sont pas forcément visibles, comme les transports, la sécurité, les gardes de bâtiments ou encore les transferts en avions et hélicoptères militaires. Le travail avec le GHRMSA a été exemplaire, nous avons véritablement travaillé d’une manière fusionnelle et contribué à mettre en place de nombreuses choses comme l’unité de soins post-réanimation de 12 lits pour les patients sortant d’un long séjour en réanimation. »

« L’épidémie n’est pas derrière nous »

« Nous regrettons bien entendu votre départ mais nous sommes tout à fait conscients de la nécessité de faire bénéficier de cette structure à d’autres régions et établissements », a souligné Corinne Krencker qui a rappelé que « l’épidémie n’est pas derrière nous. Nous avons toujours 320 patients Covid, dont 27 en réanimation, pris en charge au sein de nos établissements. Même si nous sommes en phase de décroissance, nous restons très vigilants. Nous surveillons les indicateurs, et notamment les nouvelles arrivées aux urgences, de très près. Nous avons libéré des espaces et redonnons leur vocation d’origine aux salles d’opération et aux salles de réveil mais nous pouvons les utiliser pour augmenter notre capacité de lits de réanimation si nécessaire. Aujourd’hui, nous avons le matériel mais nous pouvons être en tension très rapidement, notamment sur le personnel, car la réanimation est très gourmande en personnel qualifié. »

« Les gestes barrières : seuls traitements efficaces pour l’instant »

Se préparant à accueillir à nouveau tous les patients qui n’ont pas pu se rendre à l’hôpital ces deux derniers mois, les équipes du GHRMSA mettent l’accent sur le respect des gestes barrières et de la distanciation sociale. « Le port du masque, le lavage des mains et le fait de rester à distance les uns des autres sont, pour l’instant, les seuls traitements qui ont montré une réelle efficacité, souligne le docteur Xavier Nasica, président par intérim de la Commission médicale d’établissement. Toute la population doit respecter ces gestes simples. » « Certains comportements que nous voyons un peu partout génèrent des inquiétudes et sont même révoltants pour certains, poursuit le docteur Philippe Guiot, médecin et directeur médical du pôle de Médecine intensive. Les équipes sont dans un état de fatigue très avancée, voire même d’épuisement, le respect des gestes barrières est essentiel. »

« Ici, nous avons pris la crise de plein fouet, avec des vies fauchées très rapidement, explique Corinne Krencker. Cette maladie est très violente et a marqué les esprits et les personnes. Quand on a vécu ça, on ne peut pas rester indifférent devant l’inconscience de certains. »

« J’avais utilisé le terme de « terrible » pour décrire ce qu’il se passait ici, au début de la crise, témoigne Jean Rottner, président du Conseil de surveillance du GHRMSA. Quand on voit certains comportements aujourd’hui, on voit bien que tout le monde ne mesure pas la dangerosité de ce virus, ce qui est également terrible. Il y a une attitude collective et citoyenne à avoir aujourd’hui, partout en France. »

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