Suivez-nous :
Artisanat : l’Atelier Sarel relie traditions et modernité | M+ Mulhouse

Artisanat : l’Atelier Sarel relie traditions et modernité

12 janvier 2024 à 16h04 par 2 0030

Téléchargez notre application mobile pour Android ou pour iPhone !

Temps de lecture : 4 minutes

Depuis 1949, l’Atelier Sarel perpétue ses activités artisanales de reliure, dorure et restauration de tous types d’ouvrages papier. Installée à Mulhouse, l’entreprise vient d’être élue lauréate de l’accélérateur « Savoir-faire d’exception », dans le cadre du plan national « France 2030 ».

Un savoir-faire ancestral, des gestes sûrs et précis, des techniques anciennes qui se combinent aux modernes… Dans les locaux de l’Atelier Sarel, installé au cœur du Parc de la Mer Rouge, à Mulhouse, on perpétue une activité artisanale qui existe depuis l’Antiquité : la reliure. Créée en 1949 à Mulhouse, l’entreprise Sarel, pour Société alsacienne de reliure, est une référence dans le domaine. Installée successivement à Wittelsheim puis à Brunstatt, l’entreprise a fait son retour à Mulhouse en 2022, suite à sa reprise par deux associés, Anne Siegel et Didier Marchal.

« Nous avons, tous les deux, notre propre atelier de reliure, dans le Bas-Rhin, que nous avons créé suite à des reconversions professionnelles », explique Anne Siegel, ancienne dirigeante d’une agence de communication qui a souhaité se reconvertir dans la reliure, « pour exercer un métier artisanal et de transmission du patrimoine. Je me suis formée au sein de l’atelier-école de Didier Marchal, avant de passer mon CAP Arts de la reliure. Nous avons décidé de reprendre, ensemble, l’entreprise Sarel, suite au décès soudain de Michel Kauffmann, qui avait lui-même repris l’entreprise en 2010, et nous l’avons renommée l’Atelier Sarel. »

Pour les communes, les particuliers et les entreprises

Catherine Kohler

Comptant trois salariés, en plus des deux associés, l’Atelier Sarel fait partie de la quinzaine d’artisans relieurs qui exercent leur activité en indépendant, en Alsace. « À ma connaissance, nous sommes les seuls à avoir des salariés, la plupart des relieurs travaillent seuls ou au sein des ateliers intégrés aux grandes communes du département. » L’entreprise travaille à la fois pour les particuliers et les entreprises mais aussi pour les communes, qui représentent 80% de son activité.

« Les communes ont l’obligation légale de faire relier leurs registres de naissances, de mariages ou encore de décès et de les conserver. Nous assurons également la restauration des registres anciens, qui ont subi les aléas du temps ou des guerres. » L’entreprise est ainsi amenée à restaurer des documents qui peuvent dater de 1730, en utilisant des techniques et un savoir-faire précis. « Tout est fait à la main, avec minutie, nous devons être à la hauteur de ce qui a été fait avant et garder les gabarits utilisés pour chaque commune. » Ces gabarits et les outils anciens utilisés se sont transmis au fil des années, pour les activités de reliure comme de dorure, l’étape qui suit la reliure proprement dite.

Du sur-mesure

Catherine Kohler

Celle-ci comprend plusieurs étapes, qui peuvent différer selon les techniques utilisées : surfilage des feuillets, assemblage des pages par groupes de sept, couture ou colle des pages, choix et découpe du cuir ou du papier marbré pour les couvertures… La dorure s’effectue ensuite avec des fers chauffés et des films dorés ou de couleur, où figurent des motifs et des lettres de différentes tailles et polices. Chacune de ces étapes nécessite un savoir-faire et un soin impeccable, que l’entreprise met également à disposition des particuliers et des entreprises pour la restauration de tous types de supports papier (livres, BD, jeux, pochettes de disques…), ou la création d’ouvrages, d’albums photos, de carnets ou d’agendas…

« Nous faisons du sur-mesure, en fonction des demandes des clients. Avec la diversité des matières, des tailles et des formats, tout est possible ! On utilise également l’impression numérique et 3D, la reliure a un côté contemporain, nous ne sommes pas seulement tournés vers les vieux papiers ! »

« Valoriser notre travail et notre savoir-faire »

Catherine Kohler

Récemment labellisé « Alsace Excellence », l’Atelier Sarel ouvre régulièrement ses portes, tout au long de l’année sur rendez-vous, mais aussi prochainement dans le cadre des Journées européennes des métiers d’art, en avril, ou encore avec des ateliers de découverte de la reliure, accessibles aux adultes et enfants, à partir de 12 ans.

Fin 2023, l’Atelier Sarel a eu la joie de figurer parmi les 20 entreprises françaises lauréates de la deuxième promotion de l’accélérateur « Savoir-faire d’exception », porté par BpiFrance, dans le cadre du plan « France 2030 ». À la clé pour l’entreprise mulhousienne : 18 mois de suivi pour structurer son activité et son modèle économique, un parcours collectif de formation sur le développement des entreprises ou encore des journées de rencontre autour des enjeux de la filière. « C’est une chance pour nous de pouvoir bénéficier de ce dispositif, aux côtés d’entreprises de taille plus conséquentes. Cela nous permet aussi de nous faire connaître et de valoriser notre travail et notre savoir-faire traditionnel. »

+ d’infos : www.reliure-sarel.fr et www.facebook.com

Print Friendly, PDF & Email

Discuter

Laisser un commentaire


En cliquant sur "laisser un commentaire", j'accepte que mon commentaire soit publié publiquement sur cette page et que mon adresse IP soit enregistrée pendant 3 mois et utilisée par mplusinfo.fr à des fins de modération.

M+, l'info de Mulhouse

GRATUIT
VOIR