Santé

Vieillissement, attractivité, grands travaux, urgences pédiatriques… Les défis du GHRMSA fixés jusqu’en 2030 

Le Groupe hospitalier de la région de Mulhouse et Sud Alsace (GHRMSA) a fixé son cap jusqu’en 2030, avec la présentation de son projet d’établissement, fort de 250 projets structurants. Le vieillissement de la population, l’attractivité ou encore les grands travaux font partie des défis de l’hôpital, qui met aussi en place une nouvelle organisation pour l’accès aux urgences pédiatriques, jusqu’au 15 novembre 2026.

Publié à 9h41

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Un nouvel Ehpad du GHRMSA ouvrira ses portes, d'ici 2030, sur le site du Moenschberg.

Un nouvel Ehpad du GHRMSA ouvrira ses portes, d'ici 2030, sur le site du Moenschberg.

Groupe AIA LIFE DESIGNERS, cabinet d’architecture et d’ingénierie

C’est l’aboutissement d’un travail collectif mené pendant presque un an, par les professionnels du Groupe hospitalier de la région de Mulhouse et Sud Alsace (GHRMSA), ses partenaires et ses usagers : le projet d’établissement 2026-2030 a été adopté. Celui-ci fixe « les grandes orientations du GHRMSA pour les cinq prochaines années, explique Lara Million, présidente du Conseil de surveillance du GHRMSA. L’objectif est de répondre à la question : comment continuer à répondre aux besoins de santé des 500 000 habitants du Sud Alsace ? Le territoire et les besoins évoluent, notamment avec le vieillissement de la population, et nous devons anticiper et continuer à nous transformer, pour accueillir les patients dans les meilleures conditions et garantir des soins de qualité. »

Sept volets et 250 projets structurants

Document structurant, le projet d’établissement fixe le cadre, formalise les priorités de l’établissement et les transformations à conduire. « Il nous faut désormais faire vivre cette feuille de route, souligne Corinne Krencker, la directrice générale du GHRMSA. Composé de sept volets, le projet d’établissement a pour colonne vertébrale le projet médico-soignant, avec l’évolution de l’offre de soins, la structuration des parcours, l’attractivité de l’établissement, le vieillissement de la population… Et, si un hôpital fonctionne avec des équipements et de la technologie, sa ressource première est son personnel. Nous devons être vigilants sur ce sujet, continuer à recruter, alors qu’il y a des tensions sur le recrutement de médecins ou encore de manipulateurs radio… »

Très large, le projet d’établissement concerne toutes les facettes de l’activité du GHRMSA, de la diversité et la sécurité des soins à l’accueil des patients, en passant par le management, la gestion, les aspects médico-sociaux, les transformations des locaux… « Le projet d’établissement compte plus de 250 projets structurants, explique le docteur Andreas Fickl, président de la Commission médicale d’établissement. On peut ainsi citer les moyens accrus pour la prévention, l’adaptation de l’offre de soins avec le développement des hôpitaux de jour qui évitent les hospitalisations inutiles ou encore le défi du vieillissement qui dépasse largement le cadre de la gériatrie et devient une priorité de l’établissement. Globalement, l’objectif est l’amélioration des parcours de soin, en ne perdant jamais de vue qu’il y a une personne derrière chaque patient. La médecine doit être à la fois plus efficace et plus humaine. »

De nouvelles Urgences et un nouvel Ehpad, d’ici 2030

Le nouveau bâtiment des Urgences et soins critiques du GHRMSA ouvrira ses portes début 2028.

Le nouveau bâtiment des Urgences et soins critiques du GHRMSA ouvrira ses portes début 2028.

Chabanne Architectes

Alors que la majorité des hôpitaux publics français sont en situation de déficit, « le GHRMSA est excédentaire (+2m€), grâce à la bonne gestion de l’équipe en place, ce qui nous permet d’investir et de préparer l’avenir », salue Lara Million. Ces investissements se traduisent, notamment, pour les sites mulhousiens, par la construction en cours du nouveau bâtiment des Urgences et soins critiques (lire notre article). Un projet essentiel, d’un budget de 40,5 millions d’euros, qui devrait aboutir début 2028. Autre projet d’envergure, qui vient également répondre à des besoins forts, la construction d’un nouvel Ehpad sur le site du Moenschberg, qui viendra remplacer les trois pavillons actuels. Doté d’un budget de 33 millions d’euros, ce nouvel Ehpad comprendra 130 lits et permettra notamment la prise en charge des personnes âgées présentant des troubles cognitifs et psychiatriques. Les travaux devraient démarrer en 2027, pour une livraison à l’horizon 2030. En plus de ces grands chantiers, le GHRMSA prévoit de nombreux autres investissements et ajustements, notamment pour se préparer aux prochaines vagues de chaleur.

La nuit, faire le 15 avant de se présenter aux urgences pédiatriques

L'accès de nuit aux urgences pédiatriques est réglementé jusqu'au 15 novembre.

L'accès de nuit aux urgences pédiatriques est réglementé jusqu'au 15 novembre.

Christophe Schmitt

Dans l’immédiat, le GHRMSA met en place une nouvelle organisation de l’accès de nuit des urgences pédiatriques du pôle Femme-mère-enfant. Depuis le 1er septembre et jusqu’au 15 novembre, tous les jours de 18h30 à 8h30, il est ainsi demandé aux parents concernés de ne pas se présenter spontanément aux urgences pédiatriques, mais de composer préalablement le 15, afin de déterminer l’orientation de la prise en charge. « C’est une régulation temporaire d’accès aux urgences, comme cela existe déjà ailleurs, explique Corinne Krencker. Nous voulons remettre les patients dans le bon circuit, alors que les urgences sont en tension sur cette période. » « Afin de pouvoir assurer l’activité correcte de la pédiatrie en journée, et face au manque de pédiatres disponibles sur la période, nous devons baisser le nombre de médecins présents la nuit, témoigne le docteur Juliette Girard, médecin responsable des urgences pédiatriques. Deux médecins présents la nuit, ce sont deux médecins de moins présents le lendemain. Nous souhaitons donc réduire la pression sur la nuit, afin de pouvoir assurer les activités de pédiatrie de jour. »

« Les urgences ne sont pas la solution à tout, il faut orienter les patients vers la bonne structure, poursuit le docteur Mathieu Oberlin, chef du service des Urgences et du SAMU 68. Cette mesure permet de garder la capacité des urgences à prendre en charge les patients qui en ont le plus besoin. » Les parents doivent donc impérativement composer le 15, avant de se rendre aux urgences pédiatriques, pour qu’un médecin régulateur évalue la situation de leur enfant et propose une orientation adaptée : maison médicale de garde, SOS médecins, médecin généraliste, centre de soins non programmés, urgences pédiatriques… Deux exceptions à l’appel préalable au 15 sont néanmoins en place : si l’enfant est adressé par un médecin, un chirurgien-dentiste ou une sage-femme (en présentant le courrier d’adressage), ou encore si l’enfant est transporté par les sapeurs-pompiers ou par une ambulance sur prescription médicale.

+ d’infos : www.ghrmsa.fr/