Water-polo : Juliette Dhalluin, une Mulhousienne parmi l'élite américaine
Formée au Mulhouse Water-Polo, où elle est toujours licenciée, Juliette Dhalluin poursuit aujourd'hui une trajectoire exceptionnelle à l'université de Stanford. Entre sport de très haut niveau et études de biochimie, la Mulhousienne s'est invitée parmi les trois finalistes du prestigieux Cutino Award, distinction qui récompense la meilleure joueuse universitaire des États-Unis. Une consécration qui confirme son entrée dans le cercle des grandes joueuses internationales.
Publié à 10h39 Lecture 4 min.
Des bassins du Mulhouse Water-Polo aux plus prestigieuses universités américaines, Juliette Dhalluin poursuit son ascension.
―DRÊtre finaliste du Cutino Award n'a rien d'anodin. Cette distinction récompense, chaque saison, la meilleure joueuse du championnat universitaire américain. « Les coaches t'observent tout au long de la saison et réalisent une première sélection de vingt joueuses », explique Juliette Dhalluin. Après plusieurs étapes, seules trois athlètes restent en lice. Parmi elles, la Mulhousienne. « C'est un véritable honneur de faire partie de cette sélection. C'est la reconnaissance du travail accompli tout au long de la saison. Être considérée parmi des joueuses aussi talentueuses est forcément gratifiant.» Malgré cette distinction, Juliette garde les pieds sur terre. « Je ne joue pas pour remporter un Award. Je joue chaque match pour gagner. Peu importe le nombre de buts que je marque. Et si je marque, c'est aussi grâce à mes coéquipières qui me mettent dans les meilleures conditions. Seule, je ne suis rien. »
Une trajectoire de Mulhouse aux plus grandes universités américaines
Le parcours de Juliette Dhalluin s'est construit très tôt. À seulement 13 ans, elle intègre l'INSEP, avant de traverser l'Atlantique, quatre ans plus tard, pour rejoindre l'Université d'Arizona. Après une année consacrée à la préparation des Jeux Olympiques de Paris 2024, elle rejoint Stanford, l'une des universités les plus prestigieuses au monde. « Assurer mon avenir professionnel a toujours été essentiel. J'aime les sciences et j'ai toujours besoin de me challenger », confie-t-elle. Les États-Unis étaient les seuls à lui offrir la possibilité de concilier un projet sportif de très haut niveau avec des études exigeantes en biochimie.
Un quotidien où l’excellence est la norme
Objectif Jeux olympiques de Los Angeles, en 2028, pour la Mulhousienne qui poursuit son aventure américaine, la saison prochaine.
―DRÀ Stanford, chaque journée est minutieusement orchestrée. Réveil à 7h pour une séance de musculation, six heures de cours entre 9h et 15h, puis deux heures d'entraînement dans l'eau avant de poursuivre la soirée par du travail universitaire. Un rythme intense qui demande une discipline permanente. Si elle affichait déjà une importante maturité, cette immersion américaine lui a permis de franchir un nouveau cap. « Je suis devenue plus spontanée dans mon jeu. J'ai gagné en technique, en rapidité et en confiance dans mes décisions. »
Une autre culture de la performance
Au-delà du niveau sportif, Juliette découvre aux États-Unis une véritable culture de la performance collective. « Les Américains possèdent un immense palmarès avec plusieurs titres olympiques. À l'université, chacun se bat pour les couleurs de son établissement. La mentalité est incroyable. La performance est reine, mais elle se construit toujours en équipe. » Pour trouver sa place, la Française a dû convaincre dans le bassin, mais aussi en dehors. « J'ai créé des liens avec mes coéquipières et je leur ai montré que je voulais gagner autant qu'elles. » Une intégration réussie, même si la saison s'est achevée sur une immense frustration : alors que Stanford avait terminé la saison régulière en tête et abordait les phases finales avec le statut de favori, l'équipe s'est inclinée dès les demi-finales. « Finir premières de la saison régulière, avoir autant de potentiel et ne pas performer le jour J, c'est cruel. Mais cette défaite nous servira pour rebondir. » Le retour à la vie étudiante a, lui aussi, été particulier. « Le lundi, en cours, j'étais encore très triste. Autour de moi, tout le monde continuait sa vie comme si rien ne s'était passé. Finalement, ce décalage m'a aidée à tourner la page et à avancer. »
Son dernier chapitre américain
Il ne reste désormais qu'une saison universitaire à Juliette Dhalluin pour poursuivre son aventure américaine. Un ultime exercice qu'elle compte vivre pleinement, sans pour autant relâcher ses efforts. Cet été encore, elle profite à peine de la trêve afin de valider l'ensemble des crédits nécessaires à la validation de ses semestres. « Lorsque je suis arrivée à Stanford, j'avais du retard. Les critères diffèrent d'une université à l'autre et il a fallu rattraper certaines matières. » Entre ambition sportive et exigence académique, la Mulhousienne poursuit sa route avec un objectif qui se dessine déjà à l'horizon : les Jeux Olympiques de Los Angeles, en 2028. Des bassins du Mulhouse Water-Polo aux plus prestigieuses universités américaines, Juliette Dhalluin avance avec la même humilité et la même détermination. À seulement 22 ans, elle s'est déjà imposée parmi les meilleures joueuses universitaires du monde. Et au regard de son parcours, le plus beau reste peut-être encore à écrire.
Par Emilie Jafrate


