Squash

Thierry Jung, président du Mulhouse Squash Club : « Cette saison 2025-2026, avec un 9e titre pour nos féminines, est une immense satisfaction »

Leur dernier titre de championnes de France par équipes remontait à 2019. Cette saison, les féminines du Mulhouse Squash Club (MSC) ont retrouvé les sommets, en décrochant une neuvième couronne nationale, au terme d'un exercice exceptionnel marqué par un seul jeu concédé. Une année historique et des play-offs intenses, sur lesquels revient Thierry Jung, président du MSC.

Publié à 5h40

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Thierry Jung, président du Mulhouse Squash Club (MSC), qui a retrouvé les sommets, cette saison.

Thierry Jung, président du Mulhouse Squash Club (MSC), qui a retrouvé les sommets, cette saison.

Catherine Kohler

Thierry, que représente ce neuvième titre de championnes de France, six ans après le précédent ?

C'est une immense satisfaction. D'autant que les filles n'ont concédé qu'un seul jeu sur l'ensemble de la saison, ce qui illustre parfaitement leur domination. Avec neuf titres de championnes de France chez les féminines, cinq chez les hommes et deux Coupes d'Europe, nous sommes, sans doute, le club le plus titré du Haut-Rhin. À l'échelle du Grand Est, seul Metz Handball possède un palmarès plus riche (Ndlr : 27 sacres de champions sur les 36 possibles, et avec 13 Coupes de France et 8 Coupes de la Ligue, les Lorraines totalisent 48 trophées, le record du handball français).

« Aujourd'hui, Mélissa Alves est également une formidable ambassadrice de Mulhouse »

Le recrutement de Mélissa Alves, numéro une française et 17e mondiale, a beaucoup marqué les esprits. Comment avez-vous réussi à la convaincre ?

Le Mulhouse Squash Club est connu dans le milieu. Nous avons pu compter dans nos rangs des joueurs tops mondiaux, comme Vanessa Atkinson, numéro une mondiale, James Willstrop, champion du monde, sans oublier Thierry Lincou, ou encore la Malaisienne Nicol David, numéro une mondiale elle aussi… On m’a souvent demandé comment je m’y prenais, il suffit de demander (sourire) ! Avec Mélissa dans l'effectif, nous savions que nous augmentions considérablement nos chances de décrocher le titre. Et pour la petite histoire, elle n'a même pas eu besoin de jouer lors de la finale. La numéro une évolue en troisième position et ses deux coéquipières avaient déjà fait le travail. Je suis allé la rencontrer, en août 2025, lors d'un tournoi à Zurich. Elle revenait de cinq mois de blessure mais affichait déjà un niveau impressionnant. Son objectif est désormais de se rapprocher du Top 10 mondial, afin de décrocher sa qualification pour les Jeux Olympiques. Nous sommes très fiers de l'accompagner dans cette aventure. Aujourd'hui, Mélissa est également une formidable ambassadrice de Mulhouse, dont elle porte le logo sur les circuits internationaux.

Mélissa Alves (au premier plan), numéro une française et 17e mondiale, porte les couleurs de Mulhouse.

Mélissa Alves (au premier plan), numéro une française et 17e mondiale, porte les couleurs de Mulhouse.

DR

Certaines de vos joueuses sont devenues de véritables Mulhousiennes de cœur…

C'est le cas d'Ambre Allinckx, notre Franco-Suisse, qui évolue au club depuis 2016 et qui avait déjà participé au huitième titre en 2019. En finale cette saison, elle s'est imposée 3 à 0, tout comme notre Malaisienne, Sivasangari Subramaniam. Léa Barbeau et Taba Taghavi ont, elles aussi, joué un rôle essentiel dans cette conquête.

Comment expliquez-vous ces six saisons sans titre avant ce retour au sommet ?

Nous avons choisi d'investir dans la formation. Nous avons recruté Taba Taghavi, comme monitrice permanente, afin de structurer durablement notre école de squash. Nous avons également accompagné Léa Barbeau durant la période du Covid, et consacré une partie de notre budget au soutien de nos sportifs de haut niveau. Après la crise sanitaire, il était devenu difficile de construire une équipe, les joueurs devant privilégier les tournois internationaux pour préserver leur classement mondial. Dans le même temps, Annecy, soutenu par un sponsor privé, avait réuni les meilleurs joueurs du circuit et constitué une équipe quasiment imbattable. Aujourd'hui, cette domination est terminée. Notre fonctionnement reste celui d'une association, ce qui fait aussi notre identité.

« Nous n’irons donc pas chercher la Coupe d’Europe à Nuremberg en septembre prochain »

L'équipe masculine est, elle aussi, passée tout près du titre. Que retenez-vous de cette finale face à Valenciennes ?

Nous sommes très fiers de ce parcours. L'équipe est construite autour de nombreux joueurs français, avec Brice Nicolas, présent au club depuis sept saisons, Auguste Dussourd, Macéo Lévy ou encore le Gallois Emyr Evans. Valenciennes avait tout de même aligné trois joueurs du Top 20 mondial. Nous pensions souffrir davantage, mais la finale a duré près de quatre heures. Nous avons livré une bataille magnifique. Même si le titre nous échappe, cette performance reste une grande satisfaction.

L'équipe masculine (ici Auguste Dussourd) du MSC est, elle aussi, passée tout près du titre.

L'équipe masculine (ici Auguste Dussourd) du MSC est, elle aussi, passée tout près du titre.

DR

Lorsqu'on rejoint le Mulhouse Squash Club, on semble y rester longtemps. Chez les garçons, Yann Perrin en est le parfait exemple…

Oui et c'est une autre grande fierté. Yann est entraîneur national au pôle France d'Aix-en-Provence, où il accompagne les meilleurs joueurs français. Malgré cela, il continue de superviser notre équipe masculine. Construire une relation aussi durable est extrêmement précieux.

Avec le titre de championnes de France par équipes, vous avez validé votre ticket d'entrée pour la Coupe d'Europe des Clubs champions. Comment se profile-t-elle ?

Nous devons y renoncer. Cette compétition représente un budget compris entre 15 000 et 20 000 euros. Les délais sont trop courts pour obtenir les subventions nécessaires et je ne souhaite pas fragiliser la saison prochaine. Nous n’irons donc pas chercher la Coupe d’Europe à Nuremberg en septembre prochain…

À quoi ressemblera la saison prochaine ?

Aucun départ n'est annoncé. Notre priorité reste la même : poursuivre le travail de formation mené par Taba Taghavi, afin de préparer la relève et permettre au club de continuer à performer sur le long terme.

Propos recueillis par Emilie Jafrate