Testée pour vous : la 14e étape du Tour, comme si vous y étiez !
Le samedi 18 juillet prochain, la 14e étape du Tour de France prendra le départ de Mulhouse, en direction du Markstein. À un mois de cette belle étape de montagne, nous avons enfourché notre vélo les 95 derniers kilomètres de l’étape. En selle !
Publié à 9h15 Lecture 5 min.
Après une photo à Mulhouse, nous avons fait la reconnaissance des 95 derniers km de la 14e étape du Tour de France, qui reliera Mulhouse au Markstein, le 18 juillet 2026.
―Catherine KohlerSamedi 18 juillet, le peloton du Tour de France prendra le départ du Palais des sports pour une étape de montagne, qui reliera Mulhouse au Markstein. Après avoir paradé dans les rues de Mulhouse, bataillé pour les points du sprint intermédiaire à Wattwiller, puis gravi le Grand Ballon depuis Uffholtz, les coureurs rejoindront le Markstein, puis Kruth. C’est là, au kilomètre 60 de cette étape, que j’enfourche mon vélo pour reconnaître la fin de l’étape. Au menu du jour : les 95 derniers kilomètres de l’étape, qui cumulent un dénivelé positif d’environ 2 600 mètres.
Après quelques kilomètres d’échauffement en faux plat dans la vallée de Thann, j’attaque l’ascension du col d’Oderen : un peu moins de 7 kilomètres de long, pour 400 mètres de dénivelé. Si le début est plutôt régulier et roulant, la pente se raidit furtivement aux trois quarts de la montée. Je gravis le col en un peu moins de 29 minutes, à une moyenne de 14 km/h, avant d’entamer une courte descente d’un kilomètre et demi et de tourner à gauche, direction le col du Page. La route forestière, ombragée, affiche un pourcentage moyen de 8,4% sur 1,6km. La descente jusqu’à Bussang n’est ni sinueuse, ni trop raide et tant mieux, car le revêtement de la route forestière a bien vécu.
Deux fois moins vite que les pros
Dans la montée du Ballon d'Alsace, depuis Saint-Maurice-sur-Moselle, que les coureurs du Tour emprunteront à deux reprises, le 17 et le 18 juillet.
―Christophe SchmittAprès un passage à proximité de la source de la Moselle à Bussang, je choisis d’emprunter la voie verte jusqu’à Saint-Maurice sur Moselle, plutôt que la route qui sera empruntée par le Tour le 18 juillet prochain. À Saint-Maurice, mon chrono affiche 1H10, pour 19 kilomètres parcourus, au pied du Ballon d’Alsace. La montée est régulière et ponctuée par des panneaux à tous les kilomètres : « Pente du prochain km, 7% », le tout sur 8 kilomètres. L’ascension, qui sera gravie le 17 et le 18 juillet par le peloton pro, est régulière. Je rejoins le sommet en un peu moins de 45 minutes, à 11,8 km/h de moyenne. Sur la même portion, des champions comme Thibaut Pinot ou Remco Evenepoel affichent une moyenne de 25 km/h ! Au sommet, une stèle rappelle que René Pottier a franchi le col le premier lors du Tour 1905, un an avant de remporter l’épreuve, l’année suivante.
Le parcours de l'étape 14 du Tour, testé par M+ à partir de Kruth, au km 60.
―ASOSportif mais pas téméraire, je m’autorise une petite pause pour manger une barre de céréales et une pâte de fruits, avant d’enfiler mon coupe-vent pour me jeter dans la descente. Au niveau du lac d’Alfeld, quelques lacets donnent à cette fin de descente des airs de col alpin, parfait pour de belles vues d’hélicoptère le 18 juillet. Arrivé à Sewen, je privilégie une nouvelle fois la piste cyclable plutôt que la route ouverte à la circulation pour rejoindre Masevaux. À la sortie du village, la route se raidit, direction le petit col du Schirm, qui débouche sur une petite descente vers Bourbach-le-Haut, d’où il reste environ 4 kilomètres pour rejoindre le col du Hundsruck. J’y arrive sans trop de difficultés : il est plus facile de gérer une ascension lorsqu’on la connaît. Surtout, j’essaie de ne pas me mettre dans le rouge, sachant qu’il me reste le Haag à gravir !
Dans l'ascension du Haag depuis Saint-Amarin, la pente est souvent à plus de 10%.
―Christophe SchmittLe redoutable « virage du Hibou »
La descente du Hundsruck vers Bitschwiller-les-Thann est, à mon sens, l’une des plus belles du coin, tout en étant plutôt technique, avec plusieurs virages en épingle. Arrivé dans la vallée de Thann, je remonte environ 8km jusqu’à Saint-Amarin. Sur la route, les habitants et les communes ont déjà décoré les villages aux couleurs du Tour de France, qu’on attend visiblement de pied ferme. Je ne suis pas encore sorti du village que le pourcentage de la pente affiche déjà deux chiffres et ma vitesse, plus qu’un : ça chauffe dans les cuisses ! C’est sur le petit plateau et le plus grand pignon que je gravis les 5 kilomètres jusqu’à Geishouse, avant de me diriger vers la voie verte, qui mènera les coureurs vers la ferme-auberge du Haag. La pente tutoie souvent les 9% ou plus, pendant environ 4 kilomètres, avant un léger répit en faux-plat descendant, qui débouche sur une épingle. C’est là, au « virage du Hibou » (du nom d’une statue qui n’était plus en place lors de ma reconnaissance), que la victoire d’étape pourrait se jouer le 18 juillet. Quasi à l’arrêt pour passer le virage en épingle, il faut relancer dans une pente à plus de 10% ! De là, il reste 1,5km à 11% pour arriver au Haag : à certains moments, je me demande vraiment si je ne ferais pas mieux de regarder le cyclisme à la télé ! Au col, pas le temps de faire une pause gourmande à la ferme-auberge (je le conseille, toutefois), je boucle les six derniers kilomètres, quasi plats, jusqu’à la ligne d’arrivée au Markstein. Bilan : une belle balade de 95km et 2 600 m de dénivelé positif, bouclée en un peu moins de moins de 5h15, quand les organisateurs du Tour estiment que les coureurs mettront entre 2h25 et 2h41 pour réaliser le même parcours !
Le départ de l’étape Mulhouse – Le Markstein sera donné le samedi 18 juillet, à 13h10, à l’arrière du Palais des sports. + d’infos sur https://www.letour.fr/fr/etape-14



