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Stéphane Guillon : « L’important dans l’humour, c’est la transgression ! » | M+ Mulhouse

Stéphane Guillon : « L’important dans l’humour, c’est la transgression ! »

1 mars 2020 à 14h37 par 1 2010

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Fort de trois décennies de scène au compteur, le délicieux trublion Stéphane Guillon présentera ses « Premiers adieux », mardi 3 mars au Théâtre de la Sinne. Interview sur le vif. 

Comment ça va Stéphane Guillon, en ce début 2020 ?

Plutôt bien je dois dire, j’aime les chiffres ronds. Une nouvelle décennie s’ouvre et c’est vraiment sans regrets que je quitte l’année 2019, qui s’est terminée dans le marasme total avec les grèves. Je suis pour le renouveau. Alors oui, je trouve que 2020 sonne bien !

Et pourtant, votre tournée actuelle s’appelle « Premiers adieux »…

L’ironie du titre ne vous a pas échappé. « Premiers adieux » est une sorte de bilan. Ça fait 30 ans que je fais de l’humour, du seul en scène. Ce spectacle est aussi l’occasion d’un retour sur 30 ans de rire, sur comment on riait avant et comment on rit aujourd’hui, sur les interdits de l’humour, les sujets sensibles dont je m’empresse justement de rire. Le spectacle est monté en contre-pied : on ne peut plus rire du handicap, je ris du handicap ; on ne peut plus rire de la maladie, je ris de la maladie, au même titre que de la mort ou de la vieillesse. Ce spectacle va à l’encontre du politiquement correct et de cette chape bien-pensante qui plane au-dessus de nos têtes. Pour moi, l’important dans l’humour, c’est la transgression.

« Il y a bien une vie à côté de la télévision »

Cette liberté qui vous caractérise vous a parfois joué des tours, comme à France Inter ou Canal +, lorsque vous officiez comme chroniqueur ?

C’est normal ! Vous vous apercevez que les gens qui vous emploient n’aiment pas que l’on rie à leurs dépens. Moi souvent, on m’a dit au départ « Riez de tout, vous avez carte blanche » mais le sous-texte, c’était « Riez de tout, sauf de votre patron ». Je pense qu’un humoriste qui fait bien son travail doit pourtant rire de tout !

Comment vivez-vous le fait d’être moins présent aujourd’hui dans les médias ?

Très honnêtement, je le vis très bien car j’ai la chance de faire des choses très intéressantes. Il y a bien une vie à côté de la télévision (rires). Mais je vais peut-être refaire de la radio, c’est en discussions même si ça ne me manque pas pour autant !

« Ce n’est pas parce que vous faites rire avec des sujets graves que vous êtes méchant, au contraire »

PASCALITO

Que répondez-vous à ceux qui vous cataloguent comme un humoriste méchant ?

Dire ça de moi n’a pas beaucoup de sens, c’est même profondément bête ! On peut dire de moi que je suis outrancier, peut-être, mais méchant… Je ne me considère pas du tout ainsi et je ne fais pas ce métier pour blesser. Ce n’est pas parce que vous faites rire avec des sujets graves que vous êtes méchant, au contraire. Pour pratiquer le métier d’humoriste, il faut au contraire une grande dose d’humanité. J’essaye toujours de pratiquer un rire qui a du sens. Le rire permet de se remettre en question et de supporter l’insupportable aussi. C’est une soupape !

2020 est marquée par les élections municipales, vous avez un message à adresser à tous les maires sortants et candidats ?

Pas particulièrement. J’ai un peu « tapé » sur Hidalgo à Paris car c’est ma maire en tant que Parisien. Il sera toujours temps, quand la bagarre des municipales aura réellement débuté, de m’en amuser ou… pas.

« Mulhouse je connais bien, notamment L’Entrepôt »

Sur votre tournée, vous rebondissez toujours sur l’actu ?

Oui, il y a une revue de presse, c’est un élément du spectacle qui permet de l’actualiser sans arrêt. Les spectateurs sont assez friands de ce moment. Les gens aiment beaucoup quand vous les faites rire avec des sujets très brûlants comme lors des grèves en parlant de la RATP et de la SNCF… Plus le sujet est proche des gens, plus ils aiment et ont le sentiment que vous ne faites pas toujours le même spectacle.

Vous avez un souvenir en lien avec Mulhouse ?

Mulhouse je connais bien, notamment L’Entrepôt, une salle que j’aime avec des gens sympas, où j’ai souvent joué. En plus, on y mange bien ! J’ai mes habitudes dans ce lieu qui permet, quand on écrit un spectacle, de le confronter pour la première fois à un public. Pour des gens qui démarrent ou qui sont confirmés, ces cafés-théâtres ont une réelle utilité. De manière globale et même quand j’étais en capacité de le faire, je n’ai jamais cédé aux sirènes des Zénith. J’ai toujours essayé de jouer dans des salles à taille humaine, comme ce sera le cas au Théâtre de la Sinne.

Propos recueillis par Marc-Antoine Vallori 

« Premiers adieux » de Stéphane Guillon, mardi 3 mars à 20h30 au Théâtre de la Sinne. + d’infos et réservations  : 03 89 33 78 01 – theatre-sinne.fr

En savoir + : stephaneguillon.fr – Facebook.com/guillon/

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