Protoxyde d’azote : les dangers d’un gaz qui n’a rien d’hilarant
Pour prévenir les dangers liés à la consommation de protoxyde d’azote, l’association Jeun’èse Cité a organisé un après-midi de sensibilisation, à Bourtzwiller. Un premier rendez-vous qui en appellera d’autres, à partir de septembre.
Publié à 8h10 Lecture 4 min.
L'association Le Cap était présente, à Bourtzwiller, pour prévenir des dangers du protoxyde d'azote.
―Catherine KohlerUtilisé en médecine pour les anesthésies et en cuisine dans les siphons à chantilly, le protoxyde d’azote est de plus en plus détourné à des fins « récréatives ». Inhalé à l’aide d’un ballon, il provoque des effets rapides : sensation d’euphorie, rires, vertiges. Ces effets s’accompagnent de nombreux risques, souvent méconnus ou ignorés : asphyxie, brûlures, perte de connaissance, chutes, problèmes neurologiques graves… Pour sensibiliser les jeunes aux risques liés à la consommation de protoxyde d’azote, l’association mulhousienne Jeun’èse Cité a organisé un après-midi de prévention, au complexe sportif de la Doller, le 1er juillet dernier. « Nous avons été missionnés par la sous-préfecture au printemps, pour réaliser un court-métrage et des affiches et organiser différents temps de prévention autour de la consommation de protoxyde d’azote, explique Mohamed Zina, le président de Jeun’èse Cité. On voit de plus en plus de bonbonnes de protoxyde à Mulhouse, sur les parkings et les bords de route… »
Prévenir le danger
Mohamed Zina présente une partie des affiches de prévention, réalisées par Jeun'èse Cité.
―Catherine KohlerDe nombreux acteurs de terrain étaient ainsi présents, pour sensibiliser les habitants autour de différents ateliers d’information et de sensibilisation aux risques, suivis d’un ciné-débat autour du film réalisé par l’association, en présence de professionnels et d’acteurs engagés. « Quand on voit les bonbonnes partout et les désastres que cela cause, il faut des actions fortes contre le protoxyde d’azote, qui présente un risque majeur pour la santé et la sécurité, expose le sous-préfet de Mulhouse, Julien Le Goff. On veut prévenir ce danger, comme on le fait pour l’alcool ou la drogue, présenter des aspects souvent ignorés par ceux qui consomment… » Une consommation qui touche essentiellement « les 20-30 ans, qui pensent que ce n’est pas vraiment une drogue parce que cela ne se fume pas, ne se boit pas et ne s’ingère pas », dixit Emma Bernard, psychologue de prévention au sein de l’association le Cap.
« C’est dangereux, ça fait réfléchir »
« Depuis un an, on ramasse minimum une vingtaine de bonbonnes par jour, sur les parkings, dans les squares, au bord des routes, sur les secteurs du Drouot, de Bourtzwiller et à Riedisheim », constate Azad Madaci, coordinateur technique de Enerégie 68 (ex-Régie de Bourtzwiller), présent sur un stand permettant aux participants de signaler les lieux où ils retrouvent ces cartouches de gaz, montrant qu’aucun quartier n’est épargné… Plus loin, la direction Prévention-sécurité de la Ville propose un parcours simulant les effets de l’alcool et du protoxyde d’azote, pour montrer leur impact sur les mouvements. « Si on veut arrêter, c’est par soi-même, confie Ibrahim, un jeune consommateur. Quand j’en consomme, je suis conscient des risques, c’est dangereux, ça fait réfléchir. Je pouvais consommer jusqu’à six ou sept bonbonnes par jour, mais j’essaie de réduire, surtout que j’ai un pote qui a perdu l’usage de ses jambes à cause de ça… C’est une addiction, c’est difficile d’arrêter ! »
« Il faut diffuser l’information »
Un atelier permettait aux participants de signaler les lieux où sont retrouvées des bonbonnes de protoxyde d'azote.
―Catherine KohlerNe pas commencer, plutôt que de se donner du mal pour arrêter, c’est l’un des messages véhiculés lors de ce premier après-midi de prévention, qui en appellera d’autres, dans d’autres quartiers, à partir de septembre. « Nous sommes aussi en lien avec l’Éducation nationale, pour sensibiliser les élèves », explique Mohamed Zina. Des actions de prévention et d’information qui sont primordiales pour Imane, maman de quatre enfants : « J’avais déjà trouvé des bonbonnes, sans savoir ce que c’était. Globalement, on a peu d’informations, alors que c’est vraiment dangereux pour nos enfants. Ce que j’ai entendu me fait vraiment peur ! Je vais prévenir les autres mamans du quartier et sensibiliser mes enfants, je ne trouve pas les mots, vu la dangerosité de la chose… Un ballon peut sembler rigolo mais peut surtout avoir des conséquences dramatiques, il faut vraiment diffuser l’information ! »
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