Photographie : des écoliers découvrent la technique du cyanotype
En marge de la septième édition de la Biennale de la photographie, des enfants de l’école élémentaire Jean Wagner ont pu découvrir la technique historique du cyanotype. Reportage.
Publié à 4h55 Lecture 3 min.
En marge de la Biennale de la photographie, dans le cadre des parcours d'Education artistique et culturelle, des enfants de l'école Wagner ont pu découvrir la technique du cyanotype.
―Catherine KohlerL’ambiance est à la fois studieuse et euphorique, dans la classe des CE2 de Julie Kempf, ce jeudi matin. Un jeudi pas tout à fait comme les autres, puisque ces enfants de l’école élémentaire Jean Wagner s’apprêtent à recevoir la visite d’une artiste. Quelques instants après que les élèves se soient installés dans leur classe, Sophie Weigel et son binôme Emilie franchissent le pas de la porte, les bras chargés de caisses contenant du papier, des produits chimiques et des plantes ! Beaucoup de plantes. « Je vous ai ramené des plantes fraîches, cueillies ce matin », lance la photographe et co-gérante du Réverbère, l’incontournable atelier photo, installé à Motoco depuis 2018.
Une technique inventée en 1842
Avant la pratique, la théorie, avec la photographe Sophie Weigel.
―Catherine KohlerL’objectif de cet atelier, mis sur pied en lien avec la Biennale de la photographie de Mulhouse dans le cadre des parcours d’Education artistique et culturelle, n’est pas de faire de la botanique, mais de découvrir l’une des plus anciennes techniques photographiques : le cyanotype. « Cette technique a été inventée par l’astronome anglais John Herschel en 1842, avant l’invention de l’appareil photo », présente Sophie Weigel, avant d’expliquer le fonctionnement concret de cette technique au rendu unique. « On va partir d’une feuille complètement blanche, fabriquer un produit qu’on appliquera sur le papier, puis poser des plantes dessus et mettre tout ça au soleil pendant 10 minutes, expose la photographe. Ce sont les rayons du soleil qui vont imprimer vos fleurs sur le papier. » « C’est magique », lance un élève, qui n’a pourtant pas encore mis la main à la pâte.
Initiation et visite au musée
Une fois le papier enduit de la solution photosensible, les enfants s'attaquent à la composition.
―Catherine KohlerEn deux groupes, l’un encadré par Emilie, l’autre par Sophie, les enfants mélangent le ferricyanure de potassium et le citrate d'ammonium ferrique pour créer la solution photosensible. « Il ne faut pas se lécher les doigts, mais ces produits ne sont pas dangereux », rassure Sophie Weigel. Pendant que les enfants badigeonnent leur papier aquarelle de la solution verte, puis y posent leurs végétaux, la maîtresse Julie Kempf confie : « On n’a pas souvent l’occasion d’accueillir des artistes dans les classes et le fait qu’ils puissent manipuler, c’est vraiment chouette. Nous aurons également l’occasion de visiter le Musée des Beaux-arts, c’est sympa de travailler en classe, puis de visiter le musée pour compléter. C’est concret et très intéressant ! »
« C’est magnifique ! »
Bleu profond et "ombres" des végétaux : les cyanotypes des enfants se dévoilent.
―Catherine KohlerLes enfants ont réalisé leurs compositions, avant de les placer sous une vitre. Il est désormais temps de rejoindre la cour de récréation pour les exposer à la lumière du soleil, pendant dix minutes. « Ça commence à devenir bleu », s’exclament les enfants, dès les premières secondes d’exposition. « Ça va vraiment se révéler quand on les passera dans l’eau », promet Emilie. De retour en classe, l’heure est au rinçage et à la révélation des images. « Le vert qui s’enlève, c’est le produit qui est en trop », explique Sophie Weigel, avant de verser quelques gouttes de peroxyde d’hydrogène dans un deuxième bac. « Ouaaah, c’est magnifique », s’exclament les enfants, voyant leurs créations virer au bleu profond en l’espace de quelques secondes. « À chaque atelier et dans chaque école, on a des résultats très différents, ça dépend toujours du temps d’exposition et de la créativité des enfants », conclut Sophie Weigel.
+ d’infos sur https://www.biennale-photo-mulhouse.com/ et https://lereverbere.net/



