Patrimoine routier : 300 km de chaussées à entretenir, à Mulhouse

Nids de poule, affaissements, fissures… À Mulhouse comme dans d’autres grandes villes, les chaussées sont mises à rude épreuve sous l’effet conjugué du trafic automobile, des aléas climatiques et du poids des années.

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Les opérations d'entretien des chaussées programmées pour 2025, à Mulhouse, s'élèvent à près de 3 millions d'euros.

Les opérations d'entretien des chaussées programmées pour 2025, à Mulhouse, s'élèvent à près de 3 millions d'euros.

Catherine Kohler

Dans la cité du Bollwerk, le diagnostic est net : le patrimoine routier est vieillissant. Nids de poule, affaissements, fissures, pelades, faïençages, arrachements d’enrobé… Sur les 300 kilomètres de chaussées que compte la ville, une bonne moitié est fatiguée, voire très fatiguée, selon le diagnostic opéré par le service Domaine public routier de la Ville. « Les raisons de cette dégradation sont multiples, explique Manuel Ory, chef du service. Il y a évidemment la pression automobile propre au milieu urbain et, plus encore, des bus et des véhicules lourds, mais aussi les interventions de tiers, notamment des exploitants de réseaux qui, en réalisant des tranchées ou des trous, fragilisent le patrimoine routier. Enfin, évidemment, les phénomènes de gel-dégel et la fréquence des épisodes neigeux ou pluvieux, particulièrement soutenus ces derniers temps, concourent aussi à dégrader l‘état des voiries. L’eau est l’ennemie : il faut absolument éviter qu’elle s’infiltre dans le corps des chaussées. » Et quand on connait le prix de réfection d’une chaussée qui, selon la nature des travaux, est estimé aux alentours de 50€/m² pour un « simple » tapis d'enrobés à 200€/m² pour une réfection complète en profondeur, on imagine aisément le casse-tête pour traiter le patrimoine routier à l’échelle de toute la ville, qui représente à Mulhouse, environ 4 millions de m² de chaussées.

De 50€/m² pour un « simple » tapis d'enrobés à 200€/m² pour une réfection complète

La rue de l'Industrie fait actuellement l'objet d'une réfection en profondeur.

La rue de l'Industrie fait actuellement l'objet d'une réfection en profondeur.

Catherine Kohler

Chaque année, la Ville se donne une feuille de route à travers un programme d’entretien de son patrimoine routier. Parmi les axes qui feront l’objet de travaux de réfection en 2025, citons l’avenue de Colmar (entre la rue de la Mertzau et le boulevard de la Marseillaise, à l’automne), la rue Fénelon (entre les rues Molière et Rabelais, à l’automne) ou encore la rue de l’Industrie (entre le boulevard Roosevelt et la rue Schutzenberger, en cours). Dans la lignée des réfections réalisées l’an passé dans le secteur Rebberg, de nouvelles opérations sont programmées en 2025 dans ce même secteur, rue de Bourgogne (entre les rues de la Métairie et des Carrières, déjà réalisées), rue du Molkenrain (entre l’avenue d’Altkirch et la rue de Verdun, en juin), rue du Ventron (entre les rues du Molkenrain et Reichenstein, cet été), passage du Triangle (entre les rues de Bruebach et de l’Horticulture, en cours), rue Emilio Noelting (entre les rues de l’Horticulture et de Rixheim, en septembre), rue du Moenschberg (partiellement, cet été). Coût total de l’ensemble des opérations d’entretien programmées en 2025 : près de 3 millions d’euros. « Pour chacune des opérations, nous envoyons un courrier d’information aux riverains. Si des ajustements sont nécessaires, nous les prenons en compte dans la mesure du possible », souligne Manuel Ory.

Entretien curatif

Le passage du Triangle fait partie des opérations menées en 2025.

Le passage du Triangle fait partie des opérations menées en 2025.

Catherine Kohler

En marge du programme d’entretien annuel, le service Domaine public routier de la Ville intervient aussi sur les chaussées, tout au long de l’année, pour de l’entretien curatif. « Que ce soit par nos équipes de patrouilleurs, des riverains ou des usagers par appels téléphoniques, courriers, mails et, de plus en plus, par le service « Allo proximité », dès lors que nous sommes saisis pour des nids de poule et des dégradations de la chaussée, nous intervenons le plus rapidement possible. Dans un premier temps, c’est l’équipe de la régie d’entretien qui intervient en posant un enrobé à froid, avant une opération planifiée de réparation plus pérenne de la chaussée avec de l’enrobé à chaud », explique-t-on au service Domaine public routier de la Ville. Une mécanique fastidieuse et parfaitement huilée…

L'équipe de la régie d'entretien intervient au quotidien, comme ce mercredi 16 avril, au pont des Noyers.

L'équipe de la régie d'entretien intervient au quotidien, comme ce mercredi 16 avril, au pont des Noyers.

Catherine Kohler

Mobilités douces : près de 3km de chaussées neuves

Réduire la place de la voiture au profit des piétons, cyclistes et des transports en commun... C’est toute l’idée du Programme de développement des mobilités douces en cours, orchestré par la Ville, pour quelque 13 millions d’euros. Un programme qui se soldera par près de 3 km de chaussées neuves à travers la ville : 1 070 mètres linéaires pour le boulevard Roosevelt, 1 100 mètres pour l’axe Briand-Franklin et 690 mètres dans le secteur de la Porte de Bâle.

Le boulevard Roosevelt, revu et corrigé, dans le cadre du Programme de développement des mobilités douces.

Le boulevard Roosevelt, revu et corrigé, dans le cadre du Programme de développement des mobilités douces.

Catherine Kohler

Publié le 16 avr. | Mis à jour le 17 avr.