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Olivier Dieterlen, directeur du Noumatrouff : « La musique, c’est du lien social ! » | M+ Mulhouse

Olivier Dieterlen, directeur du Noumatrouff : « La musique, c’est du lien social ! »

9 octobre 2021 à 10h48 par 9531

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A l’entame de cette nouvelle saison, entre rock, rap et électro, entretien sur le vif avec Olivier Dieterlen, directeur du bastion mulhousien des musiques actuelles.    

Au moment d’entamer une vraie saison, après ces derniers mois marqués par la crise sanitaire, comment se sent l’équipe du Noumatrouff pour cette reprise ?

On attendait ça avec impatience, même si nous n’avons pas chômé lors de toute cette période, durant laquelle nous avons accueilli une vingtaine de groupes en résidence – on en aura encore dix d’ici la fin de l’année – en faisant au mieux pour faire travailler le petit écosystème. Pour cette reprise, on propose 18 dates de concerts ce trimestre, c’est un peu moins que ce que l’on fait habituellement, mais ça repart et c’est là l’essentiel ! Les concerts, c’est du lien social et c’est ce qui nous manquait le plus. Si les gens qui viennent au Nouma sont super contents, on constate, à l’instar de beaucoup d’autres salles, une forte baisse des réservations depuis la reprise. Les gens viennent au dernier moment. C’est un phénomène nouveau ! Et on sait qu’une partie des gens se posent encore des questions, avant de franchir nos portes, au regard de la situation sanitaire…

« Voir un concert, c’est « safe » ! »

Quel est justement le protocole mis en place au Noumatrouff ?

On est évidemment dans l’obligation de demander le pass sanitaire, le masque est pour l’instant encore demandé à l’intérieur du Noumatrouff, qui est en jauge limitée à 75% de sa capacité d’accueil, soit 400 spectateurs pour la grande salle. C’est donc ultra « safe » : aller voir un concert, c’est presque moins risqué que d’aller faire ses courses ou de prendre les transports en commun. Depuis le début du Covid, c’est notre troisième ouverture, on sait faire. Et en tant qu’organisateurs, je le répète, notre priorité, c’est l’accueil et la sécurité du public. C’est ce que l’on fait de tout temps et, plus encore, lors de cette période avec un protocole spécifique qui nous amène aussi à régulièrement désinfecter les poignées de portes, à mettre en place un sens de circulation…

Popa Chubby, Aaron, Hatik (…) Ce trimestre s’annonce truffé de têtes d’affiche…

C’est dans la lignée de ce que l’on fait depuis un moment avec, à la fois, des artistes qui donnent des repères et des découvertes. La seule mauvaise nouvelle, c’est le report de la tournée de Silmarils, qui nous oblige à déprogrammer la date du 4 décembre prochain. Au-delà des têtes d’affiche, Il y aura de belles propositions comme Michel Cloup (15 octobre) ou Prudence (29 octobre) avec Olivia Merilahti, la chanteuse de The Dø. Le cœur de notre programmation, c’est du rock mais aussi du rap, comme Azur (23 octobre) ou Da Uzi (6 novembre), et de l’électro, à l’image de Crazy Beats avec la création d’Arnaud Rebotini (31 octobre)… On a mis en place, avec l’association Rock around the border, « Rock After Work », un nouveau rendez-vous mensuel avec un petit grignotage et le bar ouvert dès 18h30, suivi à 19h30 d’un concert avec des groupes de rock bien sympas. Le tout gratuit (Ndlr : prochain rdv le 10 novembre avec les Nantais de Mad Foxes qui ont eu droit à la cultissime émission « Tonight Show » de Jimmy Fallon sur la NBC). Autre rendez-vous important, le festival Locomotiv’, consacré à la création locale, prend lui encore de la consistance en se déroulant sur trois soirées, les 11, 17 et 18 décembre prochains.

« Un certain nombre de groupes locaux n’a pas survécu au Covid ! »

Justement en parlant de talents d’ici, quel a été l’impact de la crise sanitaire sur la scène musicale mulhousienne ?

C’est difficile à mesurer. Ce qui est sûr, par contre, c’est que l’on a subi une grosse perte au niveau des locaux de répétition. La nature ayant horreur du vide, un certain nombre de groupes qui n’ont pas pu répéter au Noumatrouff durant des mois ont trouvé des solutions alternatives à la maison, à la cave, dans un hangar, un garage… La chute de la fréquentation des locaux est aussi l’une des résultantes de l’obligation de présenter le pass sanitaire. A côté de ça, un certain nombre de groupes n’a clairement pas survécu au Covid et a arrêté. La pratique en amateur a indéniablement pris un coup : on a de la place dans les locaux du Nouma, qui parallèlement à ses missions de diffusion de concerts, est un lieu d’accompagnement des pratiques musicales.

Parmi les groupes programmés, il y a Last Train (26 novembre – complet), les régionaux de l’étape, avec lequel le Noumatrouff entretient un lien particulier…

On les a découverts tout jeune, au sortir de leur adolescence. Last Train participait régulièrement aux stages du Nouma. La première fois qu’on a vu le groupe, c’était il y a plus de dix ans dans le cadre du tremplin trinational « Tribune », qu’il avait remporté. Invités à se produire avec 20 autres groupes en 2012 pour les 20 ans du Noumatrouff, ils avaient tout retourné. Si personne ne pouvait prévoir une telle ascension, ce qui est sûr, c’est qu’ils avaient, très jeunes, attiré localement l’attention de tout le monde. Ils viendront en résidence en novembre au Noumatrouff pour terminer la création de leur nouveau concert. On est heureux d’avoir un groupe de cette envergure. Au Nouma, ils sont à la maison. Leur concert du 26 novembre, maintes fois reporté, est évidemment complet depuis longtemps !

L’horizon est donc dégagé au Noumatrouff ?

Mais bien sûr, il faut rester positif et nous on l’est au Nouma avec notre petite équipe de salariés (6 au total) qui s’est renouvelée avec l’arrivée de la nouvelle génération ! Ecouter de la musique, faire de la musique, boire un verre, se rencontrer, échanger… Comme dit, la musique participe au lien social et je crois que l’on en a tous besoin. Mais on sait que tout ça prendra du temps pour que tout reparte.

+ d’infos sur noumatrouff.fr

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