Culture

No One Is Innocent : toujours le poing levé

25 ans après leurs débuts fracassants, les rockers de No One Is Innocent sont toujours là, le poing levé et l’envie d’en découdre plus que jamais d’actualité. Le Noumatrouff accueille le groupe parisien, ce samedi 28 avril, pour un concert à très haute intensité. M+ s’est entretenu avec Kemar, son emblématique chanteur.

Publié et mis à jour le 25 avril 2018
3 min.
No One Is Innocent : toujours le poing levé
Laurent FRANZI

25 ans après leurs débuts fracassants, les rockers de No One Is Innocent sont toujours là, le poing levé et l’envie d’en découdre plus que jamais d’actualité. Le Noumatrouff accueille le groupe parisien, ce samedi 28 avril, pour un concert à très haute intensité. M+ s’est entretenu avec Kemar, son emblématique chanteur.

Kemar, comment se passe cette nouvelle tournée ?

La tournée se passe très bien, les salles sont bien remplies et nous avons réussi à nous mettre dans le bon rythme dès le départ. Nous sommes très satisfaits de la setlist que nous proposons qui mélange des titres des deux derniers albums avec des titres plus anciens et nos classiques. A nos concerts, ça bouge et ça transpire et, sur cette tournée, c’est toujours le cas !

Etes-vous satisfaits de l’accueil réservé àFrankenstein , votre nouvel album, sorti le 30 mars dernier ?

Oui, les retours du public sont bons et nous avons eu de supers chroniques sur l’album. Cet album est le digne successeur dePropaganda (Ndlr : sorti en 2015, salué comme l’un des meilleurs albums du groupe), il est très direct, organique, animal… On est revenu à une formation plus rock, avec moins d’électro. On aime bien aller à l’encontre des modes, casser les codes. Plusieurs morceaux de l’album font référence à la création du monstre et aux nouveaux Dr. Folamour : Trump bien sûr, mais aussi les gars de la finance ou encore l’ingérence occidentale au Moyen Orient, qui nous revient dans la figure comme un boomerang.

Comment est né le morceau Ali (King of the ring), consacré à Mohamed Ali ?

Pour Ali, c’est vraiment la musique qui a inspiré le texte : la rythmique est remplie de droite, de gauche, d’esquive… La disparition de Mohamed Ali nous a beaucoup touchés, c’était l’un des derniers héros, qui a utilisé sa notoriété pour défendre les droits civiques, lutter contre la guerre du Vietnam, c’était plus qu’un boxeur. Ça nous renvoie à notre métier : utiliser notre musique pour dire ce qui nous tient à cœur.

Après 25 ans de carrière, votre rage et vos revendications semblent toujours intactes…

Le côté revendicatif, l’engagement ont toujours fait partie de notre ADN, on a su très vite ce que l’on avait envie de dire. Il nous suffit d’observer ce qui se passe autour de nous : toutes les choses qui nous angoissent, qui nous emmerdent, les situations ambigües. On nous bassine toute la journée en nous disant, « dormez-tranquille, tout ira bien » ! On essaye de rester en alerte par rapport à ça et de traiter des thématiques qui peuvent être assez fortes, comme le populisme ou l’embrigadement.

Vous avez déjà joué aussi bien au Stade de France que dans tous les clubs de France et de nombreux festivals. Quels sont vos meilleurs souvenirs de scène ?

Jouer au Stade de France avant AC/DC, un groupe plus que mythique qu’on a tous écouté enfants, ou en première partie des Insus, où nous avons reçu un super accueil, ce sont des moments magiques, tu te sens sur le toit du monde ! Dans les clubs aussi, il peut se passer quelque chose de spécial, comme, par exemple, il y a quelques jours à Montauban ou, il y a quelques années, à Buenos Aires et à Santiago. Nous sommes toujours friands de l’imprévu, de l‘inattendu, qu’on puisse raconter quelque chose en sortant de scène.

Pas trop difficile d’enchaîner les concerts en donnant le maximum à chaque fois ?

Il faut s’entretenir un petit peu, ne pas trop déconner niveau boisson ! Il faut être capable de tenir 65 concerts à la suite, le groupe sait bien ce que ça demande comme énergie. Faire de bons concerts, ça passe par l’énergie qu’on donne et par ce que nous renvoie le public. C’est vraiment interactif, on se porte mutuellement.

Samedi 28 avril à 20h30 au Noumatrouff. Plus d’infos et réservations : www.noumatrouff.fr

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