Nature : ils écoutent les arbres pour prévenir les chutes
Les effets conjugués de la chaleur et de la sécheresse fragilisent les arbres, qui deviennent plus vulnérables. Tout au long de l’année, deux agents du service Nature et espaces verts de la Ville s’assurent de la bonne santé des quelque 32 000 arbres mulhousiens.
Publié à 8h24 Lecture 3 min.
Loïc Peverelli et Thibaut Wilhelm assurent l'inventaire, la gestion et le diagnostic des arbres mulhousiens.
―Catherine KohlerIls écoutent littéralement les arbres. Loïc Peverelli et Thibaut Wilhelm, les agents de l’équipe Diagnostic du patrimoine arboré du service Nature et espaces verts de la Ville, sont aux petits soins des quelque 32 000 arbres que compte l’espace public mulhousien, des parcs et jardins au Bois des philosophes, en passant par les arbres d’alignement ou encore les cours d’écoles. Avec un maillet, ils tapotent les troncs à la recherche de sons « creux », symptômes d’une mauvaise santé de l’arbre. « Notre mission est d’assurer l’inventaire, la gestion et le diagnostic des arbres mulhousiens, explique Loïc Peverelli. Dans un premier temps, on effectue un diagnostic visuel, pour voir si le système racinaire a un problème, s’il y a des blessures, des cavités ou des altérations sur le tronc… Ensuite, nous effectuons ce contrôle sonore, au maillet. »
Un « contrôle technique » des arbres
À l'image d'une échographie chez l'humain, la tomographie permet de "voir" à l'intérieur de l'arbre.
―Catherine KohlerEn cas de doute, des examens plus approfondis peuvent être diligentés, avec des outils de pointe, comme un pénétromètre ou une tomographie. Le premier consiste à mesurer, à l’aide d’une mèche de 40cm de long, la densité effective de l’arbre, ce qui permet d’évaluer la proportion de bois sain et de bois dégradé, ce qui est impossible à l’œil nu. « En complément, nous avons la possibilité de réaliser une tomographie, qui s’apparente à une échographie », détaille le binôme. Des sondes, émettrices et réceptrices d’ondes sont alors disposées autour de l’arbre. La vitesse des ondes est mesurée puis traduite en images numériques, dont la coloration permet de déterminer le degré de détérioration de l’arbre. L’objectif, de ce que le binôme qualifie de « contrôle technique », est d’écarter tout risque pour le public. « On ne peut pas soigner les arbres », confie Loïc Peverelli. Mais il est désormais possible de tout mettre en œuvre pour déterminer si un arbre représente un risque de chute et mesurer ce risque en fonction de l’emplacement de l’arbre.
« Être humble avec les arbres »
Un bon aspect extérieur peut parfois cacher de mauvaises surprises à l'intérieur de l'arbre, comme de la pourriture, des altérations ou des cavités.
―DR« La notion de risque pour les arbres en ville est difficilement compréhensible pour le grand public, expliquent les agents du service Nature et espaces verts. Les places de jeux et cours d’écoles par exemple, sont des lieux sensibles ». En plus du risque, la valeur écologique des arbres est de plus en plus prise en compte : « Les arbres permettent de lutter contre la chaleur, mais ils sont aussi l’habitat de nombreuses espèces. Nous faisons aussi attention aux chauves-souris : dans une cavité grosse comme un poing, il peut y en avoir jusqu’à une vingtaine ! » En dernier recours, lorsque le risque de chute est trop important, certains arbres sont coupés, préventivement. « Depuis que l’on effectue ce travail, il y a beaucoup moins d’arbres qui tombent. Mais le risque zéro n’existe pas, il faut être humble avec les arbres ! »



