Formation

Musiques actuelles, l’autre partition du Conservatoire de Mulhouse

Le Conservatoire Huguette Dreyfus de Mulhouse propose une solide offre dédiée aux musiques actuelles amplifiées. Guitare électrique, batterie, chant, création sonore, travail en groupe, enregistrement en studio… Ce département, en plein développement, compte une cinquantaine d’élèves, des enfants débutants du premier cycle aux musiciens confirmés du troisième cycle diplômant.

Publié à 9h55

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Les cursus privilégient la pratique collective, l'essence même des musiques actuelles.

Les cursus privilégient la pratique collective, l'essence même des musiques actuelles.

Catherine Kohler

On le sait moins car les clichés sont parfois tenaces, mais le Conservatoire Huguette Dreyfus de Mulhouse ne se résume pas au seul apprentissage de la musique classique. Depuis plusieurs années, une autre réalité musicale se dessine, celle des musiques actuelles amplifiées. Il suffit d’ouvrir les portes du département des musiques actuelles, installé dans une aile du rez-de-chaussée du bâtiment, pour le constater. Ici, pas de notes de violon ou de clarinette qui s’échappent, mais des lignes de guitares électriques, des contre-temps de batterie, du chant et des mélodies sorties d’un clavier branché sur un computer.

« Tous cycles (trois au total) et âges confondus (enfants, ados et adultes), le département accueille aujourd'hui une cinquantaine d'élèves, à partir de 7 ans jusqu’aux adultes », souligne Marc-André Achenza, coordinateur du département des musiques amplifiées. Le nouvel homme fort des musiques actuelles du Conservatoire, également professeur de guitare électrique, a su insuffler, trois ans après son arrivée, une nouvelle dynamique.

Dès 7 ans

Rock, pop, chanson, reggae, électro… Le département des musiques actuelles du Conservatoire ne se limite à aucun style musical (au centre, le coordinateur Marc-André Achenza).

Rock, pop, chanson, reggae, électro… Le département des musiques actuelles du Conservatoire ne se limite à aucun style musical (au centre, le coordinateur Marc-André Achenza).

Catherine Kohler

Particularité mulhousienne, les enfants peuvent intégrer le cursus dès l'âge de 7 ans. Une rareté dans le paysage des conservatoires français. « Il y a trois ans encore, toutes les grandes villes n’accueillaient pas les enfants dans les musiques actuelles. C'est une vraie force de Mulhouse. Dès la première année, les élèves découvrent plusieurs instruments : guitare électrique, basse, batterie, clavier ou chant. Le choix de l’instrument dominant sera effectué en deuxième année. » Lors de ce premier cycle, l'objectif n'est pas seulement d'apprendre une technique, mais surtout de développer l'écoute et le jeu collectif.

« La pratique collective, c'est l'essence des musiques actuelles, leur raison d’être », insiste Marc-André Achenza, qui souhaite amener les jeunes à jouer « ensemble très tôt, à expérimenter différents instruments et à construire progressivement leur propre parcours musical ». La suite, ce sera de rejoindre, au bout de quatre à cinq ans, le cycle 2, avec une pratique instrumentale et un enseignement plus poussés. Et, là aussi, quelques clichés sont à dépoussiérer : le cursus est aussi ouvert aux jeunes d’autres établissements spécialisés, après audition.

Rock, pop, chanson, reggae, électro… Le département des musiques actuelles du Conservatoire Huguette Dreyfus ne se limite à aucun style musical. « Les adolescents proposent souvent eux-mêmes des morceaux. On est ouvert à plein d'esthétiques différentes, explique le coordinateur. En pratique collective, on pousse nos élèves à se réapproprier des titres. Cette année, un groupe a, par exemple, transformé un titre de Clara Luciani en version trip-hop. La réappropriation, c'est aussi l'essence des musiques actuelles amplifiées. »

Sur scène

Séance de chant, avec Marie Bochelen (au premier plan), professeure de chant, grande habituée des scènes et vue sur le petit écran à l'occasion de l'émission “The Voice” sur TF1.

Séance de chant, avec Marie Bochelen (au premier plan), professeure de chant, grande habituée des scènes et vue sur le petit écran à l'occasion de l'émission “The Voice” sur TF1.

Catherine Kohler

Autre singularité mulhousienne, les élèves découvrent également les outils de création numérique et les techniques d'enregistrement. Au sein du « Labo Musiques Actuelles », ils expérimentent le travail du son, le sampling, les séquenceurs ou encore la prise de son en extérieur. « On a des ordinateurs bien équipés, du matériel d'enregistrement, des micros... On fait également de l'apprentissage du studio », explique Marc-André Achenza, qui insuffle de nouveaux partenariats, comme avec Le Noumatrouff, la salle des musiques actuelles référence. « Ce sera un peu notre vitrine », se réjouit le professeur-coordinateur.

Futurs pros ?

Guitares électriques batterie, amplis, claviers connectés... Le Conservatoire dispose de tout le matériel pour la pratique des musiques actuelles.

Guitares électriques batterie, amplis, claviers connectés... Le Conservatoire dispose de tout le matériel pour la pratique des musiques actuelles.

Catherine Kohler

Musiciens professionnels, enseignement, métiers de la culture, cursus universitaires ou encore formations supérieures spécialisées... Le Conservatoire de Mulhouse a valeur de tremplin pour les élèves les plus motivés à embrasser une carrière professionnelle. « Moi, je suis là pour essayer de favoriser un possible musical, je trouve que c’est notre devoir en tant que service public. Je défends, dans les cursus proposés, l’importance de la dimension créative, du travail collectif, de la culture musicale évidemment, de l’expérimentation sonore… », résume le coordinateur du département des musiques actuelles, qui dispense un troisième cycle diplômant, et accueille, également, des lycéens du Lavoisier dans le cadre des études de la filière S2TMD (lire notre article).

« Le Conservatoire est une vraie chance pour les jeunes. En matière de musiques amplifiées, il n’y a aucune offre équivalente dans le secteur. La proximité avec Colmar, Belfort, Strasbourg, mais aussi Fribourg et Bâle ouvre également des perspectives de partenariats et d'échanges », conclut Marc-André Achenza, qui espère atteindre, à terme, la centaine d’élèves, les trois cycles d’apprentissage confondus.

+ d’infos sur les cursus et inscriptions : marc-andre.achenza@mulhouse.fr - https://www.mulhouse.fr/culture/les-structures-culturelles-municipales/conservatoire/