Interview

Muriel Reyraud : « La course-marche Les Mulhousiennes, c‘est à la fois une fête et de l’émotion »

C’est parti pour une nouvelle campagne d’inscriptions à la course-marche contre les cancers Les Mulhousiennes, qui se tiendra les 19 et 20 septembre 2026. Entretien avec sa nouvelle présidente Muriel Reyraud.

Publié et mis à jour le 1er avr.

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Muriel Reyraud est la nouvelle présidente de l'association Les Mulhousiennes.

Muriel Reyraud est la nouvelle présidente de l'association Les Mulhousiennes.

Christophe Schmitt

Vous avez été élue présidente, le 10 janvier dernier. Quel a été votre parcours au sein des Mulhousiennes ?

Je suis arrivée dans le collectif, il y a une dizaine d’années. Au départ, j’ai simplement participé à la course des Mulhousiennes, seule, ça m’a immédiatement parlé. J’étais déjà très sensible à la cause : mon frère a été touché par un cancer très jeune, puis est décédé d’une récidive. Cela m’a profondément marquée. Très vite, j’ai eu l’envie de m’investir, en créant d’abord un partenariat avec mon employeur , puis j’ai intégré, l’année suivante, le comité et je me suis investie progressivement.

Vous êtes notamment à l’origine de la course des enfants…

Oui, avec Christelle Juville, notre ancienne présidente, nous avions envie de développer un volet dédié aux plus jeunes. Je me suis beaucoup occupée des animations enfants. Quand on rejoint l’association, on prend des responsabilités petit à petit, mais c’est un axe qui m’a tout de suite parlé.

Comment êtes-vous devenue présidente ?

Ce n’était pas un objectif personnel. J’ai été, disons, “désignée volontaire”… (sourire) L’ancienne présidente souhaitait prendre du recul et m’a proposé de reprendre le flambeau. J’ai pris le temps de réfléchir, car cela implique davantage de responsabilités, de visibilité aussi. Finalement, j’ai accepté, avec le soutien du collectif. Nous sommes un noyau d’une quinzaine de bénévoles très investis, avec une vraie dynamique collective.

« Notre message central pour 2026 sera celui du dépistage »

10 000 participants sont attendus au départ du stade de l'Ill, le 20 septembre prochain.

10 000 participants sont attendus au départ du stade de l'Ill, le 20 septembre prochain.

Catherine Kohler

Dans quel état d’esprit abordez-vous cette 13e édition des Mulhousiennes ?

Nous sommes dans une forme de stabilité. L’événement est bien installé, avec une jauge autour de 10 000 participantes et participants, contrainte par la capacité du stade de l’Ill. Quelques évolutions sont prévues : sur le 10 km, nous passons de 1 000 à 1 500 dossards. Nous travaillons aussi sur l’animation, avec l’idée d’intégrer davantage de musique, notamment pour l’échauffement des participant(e)s, en plus des groupes qui jalonnent le parcours. On cherche d’ailleurs un groupe, s’il y a des candidats. Si nous sommes au taquet le dimanche, nous aimerions encore rassembler davantage de monde lors des courses des enfants du samedi. Elles attirent environ 800 enfants aujourd’hui, nous pouvons faire mieux, le potentiel est là, et le site permet d’accueillir davantage de participants sur ce format.

Quel est le message central de cette édition 2026 des Mulhousiennes ?

Ce sera clairement celui du dépistage. Le dépistage précoce reste essentiel : plus un cancer est détecté tôt, mieux il se soigne ! Cette année, les fonds collectés contribueront notamment au financement d’un mammographe nouvelle génération, porté par la Fondation de la Maison du Diaconat de Mulhouse. Aujourd’hui, certaines femmes doivent attendre plusieurs mois pour un examen. C’est une perte de chance. Ce projet va permettre d’améliorer concrètement la situation ici, en Alsace. Avec un budget de 303 000 euros, cet équipement doit permettre un diagnostic plus rapide et plus précis, enjeu clé dans la lutte contre la maladie. La marraine de cette édition, dont nous dévoilerons très prochainement le nom, est une chirurgienne spécialisée, réputée mondialement et très engagée sur ces questions.

« Les Mulhousiennes, c‘est à la fois une fête et un moment plus profond »

Les Mulhousiennes, un événement à la fois solidaire, festif et sportif.

Les Mulhousiennes, un événement à la fois solidaire, festif et sportif.

Catherine Kohler

Les Mulhousiennes restent un événement festif. Comment concilier cet aspect avec le message de fond ?

Justement, c’est cette combinaison qui fait la force de l’événement. Il y a une vraie émotion, une solidarité palpable. C’est à la fois une fête et un moment plus profond. Même les personnes touchées par la maladie y trouvent une énergie positive. J’ajouterais, ne l’oublions pas, que c’est aussi un événement sportif pour celles et ceux qui veulent faire des chronos. Les profils sont vraiment pluriels. Et la participation de collectifs d’entreprises ou d’associations contribuent au côté festif de la manifestation.

Comment expliquez-vous le succès et le capital sympathie de l’évènement ?

Tout repose sur le bénévolat. Il n’y a pas d’intérêt individuel, tout est reversé. Et surtout, presque tout le monde est concerné, directement ou indirectement, par le cancer. Cela crée une mobilisation sincère et collective. Depuis sa création en 2014, l’événement a déjà permis de reverser 870 000 euros à des projets locaux de lutte contre le cancer.

L’événement est aujourd’hui ouvert à tous, y compris aux hommes...

Oui, et c’est une évolution naturelle. Leur présence progresse, autour de 18 % aujourd’hui. Cela ne change pas l’esprit, mais cela enrichit l’événement. Voir des couples ou des familles participer ensemble, c’est très positif. Je ne m’imagine plus une édition des Mulhousiennes sans hommes.

« À plus long terme, j’aimerais que l’événement soit encore plus représentatif de toute la population »

800 l'an passé, combien d'enfants prendront le départ de la course des Kids du samedi en 2026 ?

800 l'an passé, combien d'enfants prendront le départ de la course des Kids du samedi en 2026 ?

Catherine Kohler

Les inscriptions ouvrent ce mercredi 1er avril. Quel message souhaitez-vous faire passer ?

S’inscrire tôt, c’est se donner le temps de se préparer. Pas forcément dans une logique de performance, mais pour le plaisir et la santé. Et s’entraîner à plusieurs, c’est aussi créer du lien. Plusieurs rendez-vous sont organisés à partir de ce printemps. Ils sont ouverts à tous les niveaux et permettent de maintenir une dynamique tout au long de l’année. Le premier rendez-vous se tiendra le 29 avril au Zoo.

Quelles sont vos ambitions, à plus long terme, pour les Mulhousiennes ?

J’aimerais que l’événement soit encore plus représentatif de toute la population, notamment en touchant davantage les quartiers. Il faut aller chercher les publics qui ne viennent pas spontanément, encourager la pratique sportive et sensibiliser plus largement. Et sur le plan événementiel, je souhaite continuer à renforcer le caractère festif, proposer des animations marquantes, créer des surprises. C’est un travail collectif, qui se construit dans le temps.

Propos recueillis par Marc-Antoine Vallori

+ d’infos et inscriptions sur https://lesmulhousiennes.com/