Cinéma

Autre regard : un festival de cinéma LGBTQIA+ pour faire évoluer les mentalités

« La diversité Queer à l’écran » : c’est le credo de l’association Autre regard, qui organise la 17e édition de son festival, Autre regard fait son cinéma, les 27, 28 et 29 mars 2026.

Publié le 26 mars

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Les membres d'Autre regard, Guy Cali, Laurence Hanniet Manns et Thierry Wonner, organisent un festival dédié au cinéma LGBTQIA+, du 27 au 29 mars 2026.

Les membres d'Autre regard, Guy Cali, Laurence Hanniet Manns et Thierry Wonner, organisent un festival dédié au cinéma LGBTQIA+, du 27 au 29 mars 2026.

Christophe Schmitt

« Autre regard est une association LGBTQIA+, qui a pour vocation de faire évoluer les mentalités envers la communauté Queer, en utilisant le septième art », explique Guy Cali, le président d’Autre regard. Ainsi, les membres de l’association organisent des soirées « Ciné-Queer » de projections, tout au long de l’année au cinéma Le Palace. « L’association milite et fait passer des films que l’on ne voit pas à la télé ou dans les cinémas, poursuit Guy Cali. L’objectif est aussi d’avoir des débats après les films. »

Faire tomber les préjugés

Depuis 17 ans, Autre regard est aussi connue pour organiser son festival de cinéma, qui fait la part-belle à la diversité Queer, avec l’objectif de faire tomber les préjugés et discriminations. Cette année encore, c’est au Cinéma Bel Air que sera projetée la sélection de sept films, dûment choisis par l’équipe de bénévoles de l’association. « Nous avons rejoint la Fédération des festivals de films LGBTQIA+, qui rassemble 14 festivals et qui distribue certains films, qui ne seraient pas du tout diffusés en France sans elle », confie Laurence Hanniet Manns, membre active de l’association. C’est notamment le cas de « Chuck Chuck Baby », le film qui ouvrira le festival et qui n’est diffusé que dans des festivals. « C’est un film qui se déroule dans un milieu ouvrier, qui parle de sororité, c’est une histoire de reprise en main de la vie de l’héroïne, qui va s’accepter comme elle est et s’autoriser à vivre », poursuit Laurence Hanniet Manns. « Du Ken Loach qui finit bien », complète Thierry Wonner, autre membre actif de l’association, qui participe également à la programmation du festival.

Des films variés et positifs

Pédale rurale, l'un des sept films projetés dans le care du festival Autre regard fait son cinéma.

« Cette année, on a voulu diffuser des films positifs, dans la mesure du possible », explique le président d’Autre regard. Le samedi, le public pourra découvrir trois films : « Amantes », « un film romantique lesbien, plein d’autodérision, de tendresse et d’humour sur la communauté lesbienne » ; « Outerlands », « un des rares longs-métrages qui parle de non-binarité » ; « Scènes de nuit », qui « raconte l’histoire d’un homme politique gay qui rencontre un danseur et acteur de télénovela, et qui s’intéresse au rapport encore l’intérêt professionnel des personnages et l’image qu’ils souhaitent donner », explique Thierry Wonner. Dimanche, les cinéphiles pourront apprécier « Embarquement immédiat », « un film qui parle de rupture mais ne finit pas si mal, avec beaucoup d’autodérision et un humour anglais » ; « Pédale rurale », « un documentaire plein de tendresse, avec un personnage qui vit sereinement son homosexualité et souhaite organiser une pride dans son village de Dordogne » ; « Maspalomas », nommé en tant que meilleur film aux Goya, « qui pose la question de l’intimité dans les Ehpad et porte un regard tendre sur les personnes âgées ».

Plusieurs temps d’échanges

« Nous avons regardé 35 films pour faire notre sélection », expliquent les membres de l’association, qui ont longuement débattu pour arriver à la programmation finale. Des débats, il en sera également question lors du festival et, notamment, lors de la soirée d’ouverture, de la rencontre avec Caroline Fournier, la réalisatrice d’ « Amantes », ou du brunch organisé le dimanche de 13h à 15h. Une manière de faire bouger les lignes, pour les membres d’Autre regard : « Les gens qui viennent au festival sont généralement sensibles à la cause », confie Guy Cali. « Montrer du cinéma gay est une forme de militantisme, cela montre que les personnes LGBTQIA+ sont des personnes comme tout le monde », ajoute Thierry Wonner, avant de conclure : « Si on a pu rassurer certains sur le fait de s’assumer et à leurs familles de pouvoir les accepter, c’est déjà beaucoup ! »

Du vendredi 27 au dimanche 29 mars, au cinéma Bel Air. + d’infos sur https://www.gaymulhouse.fr/ et https://www.cinebelair.org/