Culture

Les Vagamondes : le festival sans tabous et sans compromis sur les cultures du Sud

16 spectacles dont deux premières mondiales, cinq films, deux expos photos, 13 rencontres et tables rondes… Les Vagamondes, festival des cultures du Sud, porté par La Filature, déploiera son riche programme d’animations au cœur de l’hiver, du 9 au 20 janvier.

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16 spectacles dont deux premières mondiales, cinq films, deux expos photos, 13 rencontres et tables rondes… Les Vagamondes, festival des cultures du Sud, porté par La Filature, déploiera son riche programme d’animations au cœur de l’hiver, du 9 au 20 janvier.

« Pour sa septième édition, qui se déploie à nouveau au cœur de l’hiver alsacien, le festival Les Vagamondes viendra nous réchauffer avec son cocktail d’arts et de sciences humaines de plus en plus affirmé, souligne Monica Guillouet-Gélys, directrice de La Filature, qui organise l’évènement. Nous aurons le plaisir d’accueillir à nouveau certains metteurs en scènes et acteurs fidèles, à La Filature et chez nos 10 partenaires, et de faire découvrir des spectacles qui s’inscrivent particulièrement bien dans l’actualité. »

La création du Moyen-Orient à l’honneur

Cette année, le festival s’intéresse particulièrement à la création du Moyen Orient et aux sujets qui agitent la région, et notamment à la situation en Irak, en Syrie et en Iran ainsi qu’à la crise des migrants. Parmi les 16 spectacles présentés cette année, deux seront des premières mondiales, coproduits par La Filature et qui partiront ensuite en tournée en France et en Europe.

L’œuvre emblématique de Samuel Beckett, l’une des figures tutélaires du théâtre moyen-oriental, sert ici de contexte pour décrire la situation des Irakiens aujourd’hui
. Sa pièce sera présentée quasiment tous les jours, avec une petite jauge et dans une configuration qui permet une grande proximité avec les spectateurs.

Autre première : Chroniques d’une ville qu’on croit connaître, pièce qui sera créée lors d’une résidence, en décembre à La Filature. «Wael Kadour et Mohamad Al Rashi sont deux Syriens exilés et la ville dont il est question ici est Damas. Il s’agit de la première mise en scène de Mohamad Al Rashi. Il dresse ici un portrait de la Syrie dans le chaos qui la secoue depuis 2011. »

A La Filature et ailleurs

Du théâtre italien minimaliste, Quasi Niente (9/01), à la plongée au cœur de la société iranienne, Summerless (11/01), portée par des acteurs iraniens de renom, en passant par la question des migrants, vus de Bulgarie, Mir Vam (15/01), la création majeure de Wadji Mouawad, Tous des Oiseaux (16/01) ou encore le mélange étonnant de Je Hurle (18/01), qui traite de la dure condition des femmes afghanes via le théâtre, les marionnettes, la vidéo et la musique, les propositions engagées du festival se déploieront à Mulhouse, mais pas seulement…

L’Espace Tival de Kingersheim, les Dominicains de Guebwiller, les Espaces culturels Thann-Cernay, l’Eden de Sausheim, l’Espace 110 d’Illzach, la Passerelle de Rixheim, l’Espace Matisse de Mulhouse et la Kaserne de Bâle accueilleront tous des spectacles du festival. Des trajets en bus, au départ de La Filature permettront aux spectateurs mulhousiens de ne rien manquer.

Côté jeune public, plusieurs propositions sont accessibles aux enfants. A partir de 5 ans, pour le très beau spectacle d’ouverture Géologie d’une fable (09/01), où les origines des contes se dévoilent via des sculptures en argile réalisées en direct. A partir de 7 ans, pour le spectacle de danse Ce que le jour doit à la nuit, envoûtant ballet pour 12 danseurs, portés par une énergie fabuleuse. A partir de 9 ans, pour le spectacle musical poétique et pédagogique, Un nôtre pays, sur la découverte d’un nouveau pays par un enfant migrant.

Danse et musique

Solene Renault

La danse n’est pas oubliée avec notamment La Fiesta, relecture du flamenco qui a défrayée la chronique au dernier festival d’Avignon (12/01), Ce que le jour doit à la nuit (18/01), et Savusun (20/01) avec l’artiste non-binaire Sorour Darabi.

Côté musique, Les Vagamondes accueilleront André Manoukian et son quartet (13/01) ainsi que le groupe du musicien burkinabé Seydou Boro (19/01) pour un superbe concert de clôture, suivi d’un bal moderne africain dans le hall de La Filature. Les Dominicains de Haute-Alsace, à Guebwiller, accueilleront, eux, le musicien libanais Bachar Mar-Khalifé (10/01) pour un concert rehaussé d’une expérience multimédia immersive et feront voyager au cœur du désert sud-marocain avec Le salon volant d’Alexis Paul et de Mourad Belouadi (14/01).

Projections, expositions et rencontres

La Permission
Pig
Filles du feu
Sibel
Nothingwood

Deux expositions photos, l’une de Newsha Tavakolian, l’une des plus grandes photographes actuelles, et l’autre signée Latif Al Ani, sur l’Irak heureuse des années 60 et 70, seront à voir à La Filature et à l’Espace 110. Avec 13 rencontres et conférences programmées, toutes gratuites, les sciences humaines éclaireront le contexte culturel et géopolitique des œuvres proposées cette année. Les artistes du festival, la marraine de cette édition, Sophia Aram, ainsi que des géographes, sociologues, politologues et chercheurs se pencheront sur tous les sujets abordés.

Du 9 au 20 janvier à La Filature et dans divers lieux. Plus d’infos et réservations : www.lafilature.org

Publié le 16 nov. 2018 | Mis à jour le 28 janv.