Le Séchoir : « Offrir cette minute de poésie quotidienne »
Après sa pause hivernale, le Séchoir rouvre ses portes avec une riche programmation d’expositions et d’évènements, présentés jusqu’en juillet 2026. Lieu de diffusion mais aussi espace de création, le centre d’art de La Tuilerie accueille 18 artistes résidents, ainsi que des artistes invités, des collégiens et l’atelier du Vestiaire de l’Adapei Papillons Blancs.
Publié le 6 mars Lecture 4 min.
Le Séchoir accueille, jusqu'au 12 avril, l'exposition Remember Rana Plaza, de l'artiste Marie Dew, côté pile.
―DR« Offrir, encore et toujours, cette minute de poésie quotidienne. Parce qu’elle ne sauve pas le monde. Mais elle empêche qu’il se ferme complètement. » Les mots de la présidente du Séchoir, Sandrine Stahl, dans son édito de la brochure de la nouvelle saison, résonnent juste et viennent éclairer le rôle du centre d’art mulhousien, à l’heure où « le monde tangue ». « L’art est nécessaire, plus que jamais », martèlent Sandrine et Matthieu Stahl, les deux chevilles ouvrières, bénévoles, du Séchoir, à la fois lieu de diffusion et atelier d’artistes.
Dix ans après son ouverture, 18 artistes sont ainsi installés au Séchoir, pratiquant la peinture, la céramique, le son, la photo ou encore le tufting, témoignant de la diversité des pratiques artistiques. « Nous avons eu trois départs et trois arrivées, cet hiver. Le Séchoir bouge et nous sommes heureux de voir qu’il sert de tremplin pour les artistes, c’est à ça qu’il sert ! C’est, avant tout, un outil de travail dédié aux artistes, qu’ils aient leur atelier ici ou qu’ils viennent en résidence. L’objectif, c’est de soutenir et d’aider à professionnaliser les artistes locaux. »
Des expositions pour les collégiens et l’Atelier du vestiaire
Ouvert sur la ville, le lieu accueille aussi les élèves de quatrième du collège Villon, qui viennent, tout au long de l’année, découvrir et expérimenter toute la palette des arts, avec leur professeur d’arts plastiques, Gilles Gaudel, et des artistes résidents. « La tectonique des flaques », une exposition collective de leurs œuvres, autour des transformations de l’eau sur le monde, sera ainsi présentée du 22 au 28 mai prochain. « C’est la quatrième année que les élèves du collège Villon viennent travailler au Séchoir, ils s’occupent de leur exposition de A à Z et nous surprennent toujours par leur motivation et leur travail. »
Côté face, le plateau accueille aussi, jusqu'au 12 avril, Pastorale de grandes surfaces - Il pleut bergères !?, de Camille Kuntz-Carbó.
―DRD’autres artistes non-résidents investissent également les lieux : la quarantaine de membres du collectif l’Atelier du vestiaire, créé au sein de la résidence Cap Cornely de l’Adapei Papillons Blancs d’Alsace. « L’Atelier du vestiaire travaille avec les artistes du Séchoir depuis plusieurs années. Nous sommes en train d’aménager un local de 150 m² qui leur sera dédié, d’ici la rentrée de septembre. Nous intégrons aussi naturellement leurs œuvres aux expositions. » Ainsi, Ephrem Mathé, membre de l’Atelier du vestiaire, présente, jusqu’au 12 avril, son installation de dessins et céramiques dans l’espace Run Space du Séchoir.
Une programmation riche
« Le Run Space est un espace d’exposition différent et plus restreint, qui permet de présenter une seule ou un petit ensemble d’œuvres. C’est un lieu qui fonctionne bien, avec une autre dynamique, un exercice intéressant pour les artistes. » Espace d’exposition central du Séchoir, le plateau accueille, lui, plusieurs expositions collectives, solo ou même duo, jusqu’en juillet. Jusqu’au 12 avril, c’est l’exposition en duo de Marie Dew et Camille Kuntz-Carbó, « Et l’on portera les restes du monde », qui se laisse découvrir, autour d’un matériau commun : le textile. Laine et caddies pour dénoncer l’hyperconsommation, d’un côté, et vêtements fantomatiques pour matérialiser les violences et l’absence, de l’autre, cette première exposition en duo de deux artistes qui ne se connaissaient pas auparavant, s’avère marquante et efficace.
Une exposition collective d’artistes résidents du Séchoir et leurs invités (du 1er au 24 mai), une exposition photo dans le cadre de la Biennale de la photographie (du 6 juin au 5 juillet), des résidences de recherche sonore ou encore de quatre artistes coréennes sont aussi au programme du semestre, de même que plusieurs évènements : spectacle Le mythe de Clitoris (le 21 mars), concert de Grand Tetras Orchestra (le 1er mai), ateliers ouverts (les 30 et 31 mai), performance de danse et musique, en lien avec le Conservatoire (le 27 juin au théâtre de la Sine)…
Le Séchoir, 25 rue Josué Hofer. Ouvert les samedis et dimanches de 14h à 18h et lors de différents évènements. + d’infos et programmation complète : www.lesechoir.fr



