Toute une histoire…

Le Parc zoologique et botanique de Mulhouse, d’hier à aujourd’hui

Le tourniquet de l’ancienne entrée, la fosse aux ours bruns, le vol nocturne de flamants roses... De nombreux souvenirs émanent du zoo et restent en mémoire des Mulhousiens, pour qui ce « Parc du peuple » a été créé en 1868.

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Photographie de Jean-Daniel Schoepflin du parc et de ses jardins botaniques, au début du XXe siècle.

Photographie de Jean-Daniel Schoepflin du parc et de ses jardins botaniques, au début du XXe siècle.

Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg

C’est l’un des plus anciens zoos de France. Créé à l’initiative d’industriels mulhousiens, le parc est ouvert en 1868 avec l’objectif de divertir les ouvriers en leur permettant de se promener dans un jardin romantique de 4 hectares, d’y écouter de la musique ou d’y faire de la gymnastique... Quelques animaux sont présents dès l’ouverture, comme les kangourous, les cerfs et les poneys dédiés à la promenade des enfants. On y trouve également des cours de tennis, l’Auberge du zoo, ainsi qu’un kiosque à musique où sont organisés des concerts de l’Orchestre symphonique de Mulhouse.

Le parc, situé dans le quartier du Rebberg, naît à la bordure de la forêt du Tannenwald et répond à la mode générale des jardins zoologiques qui affluent à cette période en Europe. L’arrivée du zoo s’accompagne d’un vent d’innovation et de l’envie d’améliorer le quotidien des ouvriers et de leurs familles : il est revendiqué « Parc du peuple » et se visite pour une somme modique.

La fausse aux ours et autres légendes

Carte postale de 1938 montrant l’ancienne fausse aux ours bruns du jardin zoologique de Mulhouse.

Carte postale de 1938 montrant l’ancienne fausse aux ours bruns du jardin zoologique de Mulhouse.

fortunapost.com

Plusieurs animaux mythiques ont marqué l’histoire du parc, mais ses premières stars étaient, sans nul doute, les ours bruns qu’on observait derrière les barreaux d’une forteresse de pierre, à partir de 1893. Gilberte, décédée en 2026, est le dernier ours brun à y avoir vécu, elle a connu la fosse de pierre et l’étrange spectacle qui s’y opérait : les soigneurs demandaient aux ours de se mettre debout et de tourner sur eux-mêmes pour recevoir à manger. « Elle a marqué des générations de visiteurs, commente Marie Basenach, actuelle responsable du service des publics du Parc zoologique et botanique de Mulhouse. Le réalisateur William Wyler a raconté avoir fait tomber sa casquette dans la fosse aux ours qui était surmontée d’une passerelle lorsqu’il était enfant. C’est de là qu’était née la légende qu’un enfant était tombé dans l’enclos, ce qui n’est, bien sûr, jamais arrivé. »

Le manque d’archives sur l’histoire réelle du zoo, la fascination pour les légendes urbaines et les histoires bien réelles qui entourent le jardin zoologique ont alimenté son histoire, du vol d’une vingtaine de flamants roses « pour décorer les jardins », à celle de loups relâchés dans le zoo « semant la panique parmi les herbivores », raconte Corinne Di Trani-Zimmermann, ancienne directrice du service pédagogique du zoo, dans l’album illustré Histoires insolites au Zoo de Mulhouse.

La question centrale du bien-être animal

Photographie de 1904 : l’Auberge du zoo est construite dès les débuts du parc.

Photographie de 1904 : l’Auberge du zoo est construite dès les débuts du parc.

Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg

Aujourd’hui, sur 25 hectares, plus de 900 animaux font l’objet d’une attention constante, avec une priorité donnée au bien-être animal, devenu central dans l’évolution du parc : « Il faut essayer de comprendre leur comportement pour satisfaire leur bien-être, même pour les plus indéchiffrables comme les insectes. Ils attirent peut-être moins la sympathie du public, mais ils doivent aussi être protégés pour participer à l’écosystème des animaux chouchous qu’on souhaite protéger », confie Marie Basenach.

Autre particularité : les directeurs du zoo de Mulhouse sont aussi des vétérinaires, à l’image de Benoît Quintard, à sa direction depuis 2024. La préservation des espèces est au cœur des missions du parc : « Chaque décès d’animal est suivi d’une autopsie, qui permet de faire des prélèvements à usage scientifique. On prélève des morceaux d’organes de différentes espèces, des mues ou des crânes, qui pourront être étudiés ». Les zoos assurent ainsi une « population d’assurance », permettant de réintroduire certaines espèces comme la Cistude d’Europe, une espèce de tortue.

Du spectacle de divertissement à la sensibilisation

L'espace Horizons Afrique a ouvert ses portes en 2025.

L'espace Horizons Afrique a ouvert ses portes en 2025.

Catherine Kohler

Du spectacle de divertissement à la sensibilisation

Les spectacles qui consistaient, hier, à promener des chimpanzés en laisse ou à faire tourner les ours ont été remplacés par des rendez-vous animaliers, qui permettent de nourrir les animaux et de faire un contrôle vétérinaire : « Historiquement, ces spectacles sont attendus parle les visiteurs. Le repas des otaries, par exemple, attire des centaines de personnes : pour nous, c’est une occasion de faire de la pédagogie auprès de chaque spectateur ».

Dernière grande nouveauté du zoo géré par m2A, l’ouverture en 2025 de le nouvel espace Horizons Afrique où les visiteurs peuvent observer girafes, hippopotames nains, mangoustes naines, insectes, poissons, serpents, rats-taupe nus, caméléons et adorables macroscélides aux nez en trompette. Si les girafes resteront dans leur enclos intérieur, tant que les températures ne dépasseront pas les 13°C, une vaste plaine les attend au printemps. Voir notre vidéo

Par Johanna Witz

Parc zoologique et botanique de Mulhouse, 51 rue du Jardin zoologique. 03 69 77 65 65 - https://www.zoo-mulhouse.com/

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Publié à 13h38