Musique

Last Train, du Noumatrouff aux Eurockéennes, ce samedi 5 juillet

Avec son dernier album « III », l’ouragan rock Last Train, le plus mulhousien des groupes sundgauviens, est en tournée dans les salles et les plus gros festivals de l’Hexagone et européens, comme aux Eurockéennes, ce samedi 5 juillet. Interview sans filtre de son guitariste et réalisateur notamment des clips du groupe, Julien Peultier.

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Last Train signe un dernier album rock taillé pour la scène.

Last Train signe un dernier album rock taillé pour la scène.

Rémi Gettliffe

Pour ceux qui auraient pu l’oublier après votre parenthèse symphonique avec l’Orchestre national de Mulhouse (« Original Motion Picture Soundtrack » sorti l’an passé), votre dernier album « III » démontre que Last Train est toujours un groupe de rock’n’roll…

On avait clairement la volonté de retrouver un son rock plus incisif, plus froid, voire violent, presque en réaction à l’album précédent, qui revisitait, de manière symphonique et façon musiques de films, notre répertoire avec l'Orchestre national de Mulhouse. Là, on a eu envie de se retrouver les quatre dans un local de répétition pour composer un album rock taillé pour la scène. Si ce nouvel album est un retour aux sources dans notre façon de composer, il s’inscrit aussi dans une certaine forme de continuité avec le précédent. On a beaucoup appris, sur tous les plans...

Facebook.com/lasttrainofficial

Depuis la sortie de l’album, on vous voit et entend partout. Comment expliquez-vous cet engouement autour du groupe ?

On est très touché par ce qui se passe autour du groupe pour ce nouvel album, le retour des médias comme du public. Avec Last Train, on travaille d’arrache-pied depuis 15 ans. Ce travail, que le public ne voit pas forcément, porte ses fruits, progressivement. Nous sommes indépendants, nous avons créé notre boîte Last Train Production, c’est donc nous qui produisons nos tournées, mais aussi cet album, on gère nos productions audiovisuelles… On travaille tous les jours au développement de Last Train.

"À 16 ans, on a décidé que ce groupe allait être notre vie"
Julien Peultier, guitariste de Last Train

Ce n’est pas usant de tout faire vous-même ?

À 16 ans, on a décidé que ce groupe allait être notre vie et qu’on allait tout donner pour y arriver. C’est ce que l’on fait ! Alors même si ça demande beaucoup d’investissement, nous avons une liberté totale de faire ce que l’on veut et d’être au cœur de toutes les décisions, c’est incroyablement précieux. On peut s’autoriser plein de choses, comme pour la pochette de notre dernier album, qui n’est peut-être pas la plus vendeuse en 2025 mais dont on avait envie, au même titre que de décider de partir un mois dans un château (Ndlr : château de Planchamp) pour enregistrer ce nouvel album, ou notre approche des clips.

En parlant de clips, c’est vous-même, Julien, qui les tournez ?

Juste pour Last Train, je dois bien en avoir déjà réalisé une dizaine. Là aussi, cela témoigne de ce besoin d’indépendance, mais aussi d’avoir bien à l’esprit que personne ne va faire le travail à notre place. On a compris cela dès notre plus jeune âge. Moi, j’ai toujours rêvé de faire du cinéma, je me suis donc collé à faire les premiers clips du groupe, à apprendre avec les moyens du bord… Aujourd’hui évidemment, tourner un clip de Last Train, c’est plus confortable, avec un budget et une équipe.

"Un lien fort avec Mulhouse"

Certains des clips ont été tournés à Mulhouse…

Effectivement ! « Home », extrait de notre nouvel album, a été tourné à Motoco. On a été hyper bien accueillis et on a pu profiter de cet incroyable endroit durant quatre jours. On avait déjà fait à Motoco une session live avec l’Orchestre national de Mulhouse. Le deuxième clip de notre nouvel album « One by one » a été lui tourné au Parc Expo de Mulhouse. On avait besoin de davantage de place et, là aussi, on a été formidablement accueillis. Nous avons un lien fort avec Mulhouse.

Sur scène, vous allez défendre l’album partout en France et même en Europe. Last Train s’exporte facilement aujourd’hui ?

On a toujours eu cette volonté. Dès nos débuts, on avait envie de jouer également autre part qu’en Alsace pour confronter notre musique à d’autres publics. Jouer ailleurs, c’est voyager entre amis, rencontrer des gens, c’est tellement enrichissant. Quand on joue à l’étranger, comme on va le faire sur cette tournée, c’est aussi une manière de relever de nouveaux défis.

"Quand tu te retrouves à 20 ans à faire la première partie de Johnny à Bercy, ça te permet d’apprendre vite "

Cette tournée, ce sera aussi de grands festivals, comme le Mad Cool festival en Espagne ou le Hellfest. Comment abordez-vous ces dates ?

Ça va, ça va, on n’a pas spécialement peur (rires). En 2015, à 20 ans, on avait fait la première partie de Johnny Halliday à Bercy, on s’est retrouvé projetés une demi-heure devant 18 000 personnes. Ce type d’expérience permet d’apprendre beaucoup et vite ! Avec Last Train, notre volonté a toujours été de faire le plus de concerts possibles et de faire vivre notre musique à travers le live. Je crois qu’on en est à plus de 500 concerts, qui nous ont amenés à jouer hier parfois devant quatre personnes dans des clubs en Angleterre ou devant 40 000 personnes en Birmanie. On a l’habitude de ce grand écart et on donne à chaque fois le meilleur de nous-même sur scène. Pour cette tournée, ce sera la même chose : on va faire des salles entre 600 et 1 200 personnes (Ndlr : de nombreuses dates sont déjà complètes ou quasi) et on se produira dans des grands festivals. On s’adapte, ce n’est que du bonheur !

Après avoir cartonné au Hellfest, Last Train retrouve les Eurockéennes de Belfort, ce samedi 5 juillet.

Après avoir cartonné au Hellfest, Last Train retrouve les Eurockéennes de Belfort, ce samedi 5 juillet.

Parmi les dates, il y a aura aussi celle du 5 juillet aux Eurockéennes…

C’est vraiment excitant. La première fois, on a joué sur la petite scène de la Loggia en ouverture. En 2022, on a joué sur la Grand scène. C’était d’autant plus dingue que les Eurockéennes sont un festival que l’on fréquente depuis nos 16 ans, dès lors que nos parents nous ont autorisé à nous y rendre. Et cette année, on a vraiment hâte. Ce sera une date chargée d’émotions avec, dans le public, nos familles, des amis du lycée, des profs, des gens qui nous suivent depuis longtemps et plein d’autres qui nous découvriront. On est un peu à la maison, comme au Noumatrouff à Mulhouse, qui nous a fait et vu grandir. Il nous suit depuis le début, on a dû y jouer une bonne dizaine de fois.

Last Train a déjà 15 ans, quel regard portez-vous sur votre histoire ?

C’est juste fou ! Le plus fort, c’est notre histoire d’amitié qui s’est créée sur les bancs du collège. Quand on faisait de la musique tous les mercredis après-midi, jamais une seconde on n’aurait imaginé que ça allait prendre cette tournure. Je ne sais pas si le talent existe ou pas mais, par-contre, ce qui est sûr c’est que l’on a beaucoup travaillé. On a vécu beaucoup d’expériences, on a eu naturellement des hauts et des bas. Au final, c’est fantastique de continuer à être les meilleurs amis du monde et de bosser ensemble. On a de la chance de s’être rencontrés, on a hâte de la suite. Il n’y a aucun essoufflement. Bizarrement, on a toujours l’impression d’être au début de notre histoire, l’amour entre nous est intact !

+ d’infos sur https://www.lasttrain.fr/

Publié le 15 févr. | Mis à jour le 4 juill.