La Kunsthalle invite ses visiteurs à prendre le temps
L'artiste Christiane Fath expose ses grands formats à La Kunsthalle, jusqu'au 26 avril.
―Catherine KohlerChristiane Fath est peintre et vit à la Réunion. Son travail haut en couleur est empreint de son histoire : le linge de maison familial sert de support à ses peintures, qui ne sont jamais encadrées et accrochées de manière souple. François Bauer vit et travaille à Strasbourg. Céramiste, il joue avec la construction et la déconstruction des formes, s’amuse avec les différents plans et transforme ses objets en peintures. Avant une résidence à Mulhouse l’automne dernier, les deux artistes ne s’étaient jamais rencontrés. Jusqu’au 26 avril prochain, leurs œuvres dialoguent dans les différents espaces de La Kunsthalle, le temps d’une exposition faisant la part-belle aux couleurs, qui invite les visiteurs à prendre le temps. « Quand j’ai commencé à travailler avec Christiane et François, je leur ai fait part du souhait de créer une exposition qui fait du bien, expose Sandrine Wymann, directrice de La Kunsthalle et commissaire de l’exposition. L’art peut être porteur d’une beauté, de quelque-chose d’un peu magique, et il peut apporter du bien-être. Aujourd’hui, tout le monde a un agenda qui déborde, il faut prendre le temps de recevoir des images et des informations, de se demander ce qu’elles veulent dire vraiment. »
Courants d’air et tabourets en céramique








"Prendre le temps", c'est le titre de la nouvelle exposition présentée à La Kunsthalle.
―Catherine KohlerDans l’exposition, déclinée en quatre espaces, les grands formats aux couleurs vives de Christiane Fath cohabitent avec les céramiques de François Bauer, à la gamme de couleurs pastel mais contrastée. Dans le premier espace, Christiane Fath présente notamment des peintures représentant la mer Méditerranée : « La Méditerranée était le bord du monde de ma famille, qui a migré tout autour de cette mer, avant de finir en Alsace. C’est important pour moi d’exposer ici », confie l’artiste, dont les œuvres flottent dans le second espace et sont soumises aux courants d’air. C’est dans ce deuxième espace que François Bauer présente notamment de la vaisselle et des tabourets en céramique, supports de sa peinture. « C’est une réflexion sur les objets et leur construction, j’ai aussi eu la volonté de jouer avec leurs significations et leurs usages. »
S’asseoir au plus près des œuvres
Les passe-tête en céramique de François Bauer dialoguent avec une vidéo réalisée par Christiane Fath.
―Catherine KohlerSi, tout au long de l’exposition, les visiteurs sont invités à s’asseoir pour prendre le temps d’admirer les œuvres, le fait de s’asseoir directement sur des œuvres est une chose plutôt inhabituelle, voire déconcertante. Le public peut ainsi faire corps avec les œuvres de François Bauer en s’asseyant sur ses tabourets peints, sans risquer de remontrance ! Même chose dans la salle suivante, qui présente des petits formats et des peintures sur papier, et dans laquelle il est possible (et recommandé) de s’asseoir sur les socles d’exposition, au plus près des œuvres. Enfin, la dernière salle, plongée dans l’obscurité, est une immersion dans l’œuvre des artistes. Des vidéos des différentes mers dans lesquelles Christiane Fath s’est baignée y sont projetées, tandis que deux passe-tête en céramique trônent dans la pièce. « Ici, on est dans la temporalité du touriste, en passant sa tête, tout le monde peut devenir quelque-chose », poursuit François Bauer. Dans cette salle encore, chacun est invité à prendre le temps, à s’asseoir et même à passer un disque pour profiter du moment dans l’ambiance musicale de son choix : Yves Montand, Abba, Louis Armstrong ou Richard Anthony peuvent accompagner les visiteurs dans leur quête du temps.
Jusqu’au 26 avril à La Kunsthalle. Du mercredi au vendredi de 12h à 18h, les samedis et dimanches de 14h à 18h, fermée les lundis et mardis. Entrée libre. + d’infos et programme complet sur https://kunsthallemulhouse.com/



