Suivez-nous :
La Filature : 30 ans et un livre | M+ Mulhouse

La Filature : 30 ans et un livre

19 janvier 2024 à 14h57 par 1 6720

Téléchargez notre application mobile pour Android ou pour iPhone !

Temps de lecture : 3 minutes

Pour célébrer les 30 ans de La Filature, la Scène nationale et les éditions Médiapop publient « La Filature de Mulhouse, l’audace culturelle depuis 1993 ». Un ouvrage qui revient sur les origines de ce lieu, qualifié par beaucoup de « Vaisseau amiral » de la culture mulhousienne.

À l’occasion du trentième anniversaire de La Filature, les éditions Médiapop éditent un ouvrage qui revient sur trois décennies de culture : « La Filature de Mulhouse, l’audace culturelle depuis 1993 ». Ce livre, co-écrit par des journalistes et des historiens, s’articule autour de trois grands chapitres : La filature avant La Filature, qui revient sur le passé textile du quartier mais aussi sur l’Association pour une Maison de la culture, qui a abouti à la création de La Filature ; Une ambition mulhousienne, riche de nombreux témoignages, qui met notamment en lumière le projet culturel de La Filature ; enfin, le troisième chapitre, La Filature – voyage pour demain, pose, via des témoignages, les bases d’une réflexion sur l’évolution du lieu, dans un contexte général, lui aussi, en pleine mutation.

« L’audace de la Ville, il y a 30 ans »

« Dans ce livre, il est beaucoup question de l’ambition et de l’audace de la Ville, il y a 30 ans, en imaginant et réalisant ce bâtiment qui est la cinquième Scène nationale de France, expose Benoît André, le directeur de La Filature, en préambule de la soirée de lancement du livre, ce jeudi 18 janvier. C’est une Scène nationale ‘++’, qui est aussi un lieu mutualisé, pensé dès le départ pour accueillir l’Orchestre symphonique de Mulhouse, les productions de l’Opéra et du Ballet, ainsi qu’une médiathèque ». Une caractéristique qui a été insufflée dès les origines du lieu, explique Michel Samuel-Weis, conseiller municipal, puis adjoint au maire délégué à la Culture, de 1989 à 2020 : « Nous avons décidé que le directeur serait à la fois celui du lieu et de la Scène nationale. On pouvait imaginer que des conflits pourraient naître, mais il y en aurait eu beaucoup plus s’il y avait eu un directeur pour chaque composante ! »

Catherine KohlerMichel Samuel-Weis, Jean-Marie Bockel, le journaliste Dominique Bannwarth, Christopher Crimes et Hortense Archambault.

La Filature, plutôt qu’un Zénith

Sur la création même de La Filature, Jean-Marie Bockel, maire de Mulhouse de 1989 à 2010, se souvient : « Avant d’être élus en 1989, nous étions dans l’opposition et j’avais le sentiment que nous étions associés à la démarche de création de ce nouvel équipement culturel. On s’est sentis concernés, il y avait un vrai dialogue, et nous étions évidemment favorables à ce nouvel équipement. » Élue en 1989, l’équipe municipale menée par Jean-Marie Bockel se donne les moyens de réussir la création de La Filature, sacrifiant au passage un de ses projets phare, la création d’un Zénith à Mulhouse. La programmation, forcément différente de celle qu’aurait connue les Mulhousiens dans un Zénith, a été confiée à Christopher Crimes, qui a dirigé La Filature de 1993 à 2006 (lire notre article). « Au départ, l’équipement est livré mais on ne sait absolument pas comment ça fonctionne, se souvient l’ancien directeur. Nous avons fait une pré-saison, avec l’objectif d’avoir toutes les formes possibles d’expression. » « J’ai considéré d’emblée, et tenu ensuite cette ligne, que le projet devait être élitaire, complète Jean-Marie Bockel. Il fallait jouer la carte de l’excellence et de l’ouverture aux citoyens, sans transiger sur la qualité ! »

« Convaincre ceux qui ne viennent pas que c’est fait pour eux »

En trente ans, La Filature a trouvé son public. Mieux, pour son président Bertrand Jacoberger, « Elle a transformé Mulhouse et contribué au rayonnement de la ville. Il y a maintenant une nouvelle énergie, qui se traduit par une fréquentation extraordinaire du lieu. » Et si les chiffres de fréquentation ont dépassé ceux d’avant la pandémie (la Scène nationale a comptabilisé 44 568 entrées en 2023), les enjeux de La Filature restent les mêmes qu’il y a 30 ans pour Benoît André. « Nous voulons ouvrir cette maison de plus en plus vers les publics, convaincre ceux qui ne viennent pas que c’est fait pour eux ! » Une question qui s’intègre dans un contexte de remise en question plus globale, mis en lumière par Hortense Archambault, ancienne co-directrice du festival d’Avignon et directrice de la Maison de la culture de Seine-Saint Denis : « On est dans une transition, sur la question de l’impact environnemental de nos activités mais aussi sur la manière dont on remet en question les inégalités. Il y a 30 ans, vous avez eu confiance en votre ville, il faut retrouver cette confiance ! »

« La Filature de Mulhouse, l’audace culturelle depuis 1993 », édition Médiapop. 112 pages, 20€.
+ d’infos sur mediapop-editions.fr

Print Friendly, PDF & Email

Discuter

Laisser un commentaire


En cliquant sur "laisser un commentaire", j'accepte que mon commentaire soit publié publiquement sur cette page et que mon adresse IP soit enregistrée pendant 3 mois et utilisée par mplusinfo.fr à des fins de modération.

M+, l'info de Mulhouse

GRATUIT
VOIR