Kinepolis : un chef d’œuvre de Bouguereau en format XXL par le street-artiste Andrea Ravo Mattoni

L’art classique et le street-art peuvent ne faire qu’un ! La preuve avec le prolifique artiste italo-suisse Andrea Ravo Mattoni, qui fait escale à Mulhouse, pour créer une œuvre XXL sur l’un des murs du parking du Kinepolis. La traduction parfaite d’un tableau du XIXe siècle de William Bouguereau réalisée dans le cadre de « Graffitipolis », impulsé par la Galerie Orlinda Lavergne.
Quel talent ! De près comme de loin, le résultat est bluffant. Débarqué de sa ville natale de Varèse en Lombardie, l’artiste italo-suisse Andrea Ravo Mattoni a posé ses valises et ses bombes de peinture dans la Cité du Bollwerk pour donner vie à une œuvre XXL, de 10 mètres sur 13, sur l’un des murs du parking du complexe Kinepolis , longeant l’avenue Robert Schuman. Dans la lignée de ses réalisations que l’on a déjà pu voir fleurir notamment en Italie et aux quatre coins de l’Hexagone - dont certaines en association avec le Musée du Louvre (ruez-vous sur son compte Instagram )-, cette première œuvre mulhousienne se veut le parfait trait d’union entre l’art classique et le street-art. Sa marque de fabrique.
Un pont entre le passé et le présent

Andrea Ravo Mattoni donne vie à son œuvre à ciel ouvert, avenue Schuman.
―Christophe Schmitt« Je souhaite créer un pont entre le passé et le présent », martèle Andrea Ravo Mattoni , du haut de sa nacelle, bombe de peinture en main et les yeux rivés sur une photocopie couleur A4 de « L'Art et la Littérature », peinture du XIXe siècle de William Bouguereau - à qui l’on doit « Flore et Zéphyr» exposée au Musée des Beaux-arts mulhousien - qu’il s’applique non pas à copier mais à « traduire » dans l’espace urbain, aidé dans cette entreprise par son assistant Joël Elbaz.
« Je viens du graff et je me suis intéressé à la peinture classique en suivant des cours à l’Ecole des Beaux-arts de Milan, souligne l’artiste, qui devrait finir son œuvre d’ici une poignée de jours, au gré des caprices météorologiques de l’automne. Dans ce que j‘entreprends, je souhaite rendre accessible à tous le patrimoine artistique et l’histoire de l’art, et quoi de mieux que la rue pour ça… »
27 000 m² de parking
« Le projet était dans les cartons depuis plusieurs mois et a réellement débuté le 4 juillet dernier avec une première session réunissant des artistes alsaciens (Ndlr : Poti, Edouard Blum, Blondin 91…), poursuit Orlinda Lavergne. Les larges espaces offerts et le béton, qui compose le parking, fonctionnent parfaitement avec le graff. « Graffitipolis » propose une carte blanche aux artistes dans un lieu insolite mais avec du passage et s’offrant à tous. Les premiers retours sont d’ailleurs très positifs, nous avons même été contactés par des Suisses et des Allemands pour faire des visites, la blogueuse strasbourgeoise de My Sweeet Cactus - et ses 60 000 followers - nous suit également. Je ne connais pas de démarche équivalente en France. »