Graffiti

Une 110e œuvre haute en couleur illumine Le M.U.R de Mulhouse

Une nouvelle fresque a été dévoilée au M.U.R. de Mulhouse. Derrière cette œuvre éphémère signée Léo Sorge, on retrouve un projet artistique qui entend rendre l’art accessible à tous, en plein cœur de Mulhouse.

Publié le 7 avr.

Lecture 3 min.

Pour sa 110e œuvre, Le M.U.R. de Mulhouse accueille une fresque de l'artiste Léo Sorge.

Pour sa 110e œuvre, Le M.U.R. de Mulhouse accueille une fresque de l'artiste Léo Sorge.

Catherine Kohler

Rue de la Moselle, à Mulhouse, le mur a encore changé de visage. La semaine dernière, à l’occasion de son 110ᵉ vernissage, Le M.U.R. de Mulhouse a dévoilé une nouvelle fresque, réalisée par Léo Sorge. Une œuvre déjà condamnée à disparaître, pourtant au cœur d’un projet qui s’inscrit dans la durée.

L’éphémère comme ADN

Léo Sorge, en plein travail, aux côtés de Linda, la coordinatrice du M.U.R Mulhouse.

Léo Sorge, en plein travail, aux côtés de Linda, la coordinatrice du M.U.R Mulhouse.

Catherine Kohler

Derrière ce mur, une ambition claire : sortir l’art des lieux traditionnels. « L’idée, c’était de créer un lien entre des publics différents », explique Linda, coordinatrice du projet. « Certaines personnes vont facilement dans les musées ou les galeries. D’autres n’osent pas. Ce mur, c’est une façon de créer un pont. » Inspiré d’une initiative parisienne mais entièrement indépendant, le projet mulhousien existe depuis 2013. Depuis, plus d’une centaine d’artistes s’y sont succédé.

Longtemps renouvelée chaque mois, la fresque évolue désormais tous les deux mois. Un rythme qui laisse le temps aux passants de s’approprier les œuvres, avant qu’elles ne disparaissent. Chaque artiste reçoit une carte blanche totale, avec une seule certitude : son travail sera recouvert par le suivant. Un principe qui peut surprendre, mais que l’équipe assume pleinement. « Ça fait partie du projet », souligne Linda. Du côté des artistes, le rapport est plus ambivalent. « Bien sûr, j’aimerais que ça reste, confie Léo Sorge. Mais c’est le principe du graffiti. On sait que ça va disparaître. »

Une vision du graffiti revendiquée

L'artiste rochelais est un spécialiste des lettrages.

L'artiste rochelais est un spécialiste des lettrages.

Catherine Kohler

Invité pour cette 110ᵉ édition, l’artiste rochelais développe une approche très personnelle de son art. Depuis plus de vingt ans, il travaille autour d’un élément central : la lettre. « Je pars toujours du lettrage, explique-t-il. Ensuite, j’essaie de le faire ressortir à travers des formes et des couleurs. » Une démarche qui s’éloigne du graffiti classique, tout en restant fidèle à son essence. Et surtout, une précision importante pour lui : « Ce n’est pas du street art. Moi, je fais du graffiti. » Une distinction qu’il revendique, à l’heure où les deux termes sont souvent confondus.

Réalisée en à peine deux jours, la fresque joue sur les contrastes : un fond sombre, traversé de couleurs vives. Pas de message explicite, mais une intention claire : provoquer une émotion immédiate. « J’aimerais que les gens ressentent de la joie. Une claque de couleurs », résume l’artiste. Habitué à peindre dans l’espace public et à animer des ateliers, notamment auprès des enfants, il voit dans ce mur une occasion de toucher un public large, au-delà des cercles habituels de l’art.

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Par Océane Kasonia