Martin Haderbache : le FC Mulhouse dans la peau
À 25 ans, Martin Haderbache est un pur produit du FC Mulhouse. Arrivé au club à l'âge de cinq ans, le défenseur, capable d’évoluer à gauche comme dans l’axe, y a fait toutes ses gammes jusqu’à l’équipe première. Interview avant le premier match à domicile de la saison de National 2, contre Charleville (samedi 5 septembre, à 18h, au Stade de l’Ill).
Publié hier à 9h31 | Mis à jour hier à 9h39 Lecture 4 min.
Défenseur depuis toujours, Martin Haderbache entame déjà sa 20e saison au FC Mulhouse.
―Catherine KohlerVous êtes au FC Mulhouse depuis la catégorie débutants, vous êtes toujours là à 25 ans. Comment expliquez-vous cette fidélité ?
C’est un club dans lequel je me sens bien et où j’ai tout appris, depuis l’école de foot. À Mulhouse, j’ai toute ma vie et je fais encore des études (master en marketing et commerce), tout est à proximité, c’est donc pratique pour concilier sport et vie personnelle. Après, j’ai forcément eu des sollicitations d’autres clubs, mais le FCM est clairement mon club de cœur. C’est là que j’ai commencé. Pourquoi aller chercher ailleurs, ce que j’ai ici en National 2 ?
« Ramasseur de balles, gamin, je voyais Samir Kecha »
Gamin, imaginiez-vous déjà évoluer en équipe première ?
Non, pas forcément ! Quand j’étais petit et ramasseur de balles les soirs de matchs, je voyais Samir Kecha (Ndlr : l’emblématique joueur du FCM de 38 ans, toujours en activité) sur la pelouse du Stade de l’Ill. Maintenant, on est coéquipiers Ça fait bizarre, ça donne un coup de vieux, mais c’est cool (rires). Aujourd’hui, je suis dans le groupe de l’équipe 1, je joue des matchs, le club me fait confiance… Du temps a passé et oui, je suis toujours là !
Vous avez été l’un des rares à faire le choix de rester, lorsque le FCM a connu une période de crise et failli disparaître en 2022, avec le départ de l’investisseur américain Gary Allen. Qu’est-ce qui vous a poussé à rester ?
Il y avait un projet, mené par une nouvelle équipe (Ndlr : avec notamment Rayan Zaïen, désormais parti, mais avec toujours une partie de l’équipe en place) et le FCM a pu, au final, évoluer en R1, soit le plus haut niveau régional, cela donnait tout de même quelques perspectives. À titre personnel, j’avais 19 ans, je jouais en équipe 2 du FCM en R2, j’étais donc gagnant. C’était intéressant pour moi, je venais de débarquer en catégorie seniors. Je me suis donc dit : pourquoi pas ? Il y avait justement un projet de reconstruction. Je trouvais intéressant d’essayer de retrouver le National 3, le 5e échelon du football français, chose faite avec notre montée en juin 2025.
Vous avez découvert le National 3 (nouvellement National 2) la saison dernière. Quel bilan tirez-vous de cette expérience et comment abordez-vous ce nouvel exercice ?
Je ne dirais pas qu’il y a un gros écart avec la R1, mais il y a un vrai temps d’adaptation, avec les difficultés qui vont avec. Ce niveau demande aussi davantage de réflexion dans le placement, la façon de jouer... Après une bonne première partie de saison, on a eu du mal sur la phase retour, avec pas mal de blessures aussi, ça a été dur mais on s’est maintenus. Cet été, le club a largement renouvelé l’effectif pour faire la meilleure saison possible et être vraiment performant.
Martin Haderbache (à droite sur la photo), l’un des joueurs les plus utilisés ces dernières saisons.
―Catherine Kohler (Archives)« Jouer au haut niveau à Mulhouse, ce serait parfait ! »
Avec ce nouveau groupe, quel est le potentiel du FCM ? Peut-il viser haut ?
Je vois un gros potentiel. Ce qui est sûr, c’est qu’il y a moyen de progresser dans ce groupe parce qu’il est composé de joueurs expérimentés. Ils donnent des conseils, et moi, je suis preneur. Je sens donc plutôt bien le groupe cette année. Après, on a toujours eu de bons groupes, mais beaucoup de joueurs sont partis cette intersaison. Il fallait vraiment se renforcer et nous étoffer, c’était la priorité. La victoire contre Sochaux 2 (4-3), dimanche dernier en Franche-Comté, malgré trois penalties contre nous, est plutôt bon signe. Ça démontre un certain mental. Maintenant, il faudra confirmer, et ce, dès samedi, contre Charleville.
À titre personnel, quels sont vos objectifs ?
D’abord faire la meilleure saison possible. À plus long terme, on verra, si les performances sont là, les ambitions suivront. L’idée, ce serait de jouer, à terme, en N1 avec Mulhouse. Mais pour l’instant, prenons les matchs les uns après les autres sans nous préoccuper de nos adversaires, mais en nous concentrant sur nous-mêmes. On verra où ça nous mènera, mais c’est sûr que de jouer au haut niveau à Mulhouse, ce serait parfait !
Propos recueillis par Marc-Antoine Vallori
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