Benoît André, directeur de La Filature : « Construire une saison, c’est un pari ! »

Après deux ans compliqués en raison de la crise sanitaire, La Filature revient, pied au plancher, pour un cru 2022-2023 plein de panache. Entretien avec son directeur, Benoît André.
Vous avez pris vos fonctions à l’aube de la crise sanitaire, on aurait pu imaginer des débuts plus faciles…
Je suis effectivement arrivé deux mois et demi avant le confinement. Les conditions n’étaient clairement pas idéales pour prendre la barre de ce navire. Durant tout ce temps, on a essayé de se maintenir à flot en multipliant les propositions, notamment autour du numérique, comme pour le festival Les Vagamondes 2021, ou en novembre 2020, lors de la captation du concert sans spectateurs d’Angélique Kidjo… même si rien ne remplace le spectacle vivant ! Nous avons aussi mené un travail gigantesque pour maintenir le lien avec le milieu scolaire dans le cadre de nos actions. Nous avons encore mis en place une « Micro-folie » , plateforme culturelle de proximité, avec le soutien de la Préfecture du Haut-Rhin... Malgré des difficultés évidentes due à la période, j’ai pu mettre en route certains projets, même s’ils ne voient le jour que maintenant, à l’image de la belle collaboration avec le Ballet de l’Opéra national du Rhin avec Kamuyot . Une pièce tout terrain, présentée la première semaine de juillet dans les gymnases mulhousiens(Ndlr : Schoenacker, Caserne Drouot et Complexe sportif de la Doller) . L’un de mes objectifs, en arrivant à La Filature, était d’aller à la rencontre de nouveaux publics, on y arrive !
« Proposer une saison joyeuse »
Comment avez-vous construit cette nouvelle saison, qui s’ouvrira en septembre ? https://youtu.be/9-x75y8gqSw
C’est une réelle joie de repartir sur une saison complète. Plusieurs axes m’ont guidé dans la programmation. D’abord, je l’ai volontairement allégée, car les deux précédentes saisons, marquées par de nombreux reports, ont été très chargées pour les équipes. Ensuite, je l’ai construite en faisant des clins d’œil à un certain nombre d’artistes identifiés par le public, car déjà venus dans nos murs. C’est dans cet esprit que l’on retrouvera, à La Filature, Sophia Aram en ouverture de saison (le 23 septembre avec l’Orchestre national de Barbès), la Cie théâtre de La Cordonnerie (du 19 au 22 octobre), ou encore David Bobée avec Dom Juan (4 et 5 mai)… L’idée centrale est de proposer une saison joyeuse, la plus festive possible, à travers de beaux rendez-vous et des surprises en capacité de susciter l’étonnement.
Quels sont vos coups de cœur ?
Parmi les jolies découvertes, même s’il est déjà venu une fois à La Filature par le passé, Thomas Jolly ( Arlequin poli par l’amour , en novembre, puis Le Dragon en février) fait partie des metteurs en scène qui s’adressent le mieux aux publics les plus jeunes. Il est surnommé le « metteur en scène 2.0 », il réinvente les codes du théâtre. C’est d’ailleurs lui qui est en charge de la mise en scène de Starmania, qui va être remontée pour une tournée des très grandes salles. Il y a également le retour de Christoph Marthaler, un grand monsieur du théâtre. Avec "Das Weisse vom Ei" (Une île flottante) , en janvier, il présentera une pièce très facile d’accès, qui s’inspire des codes du boulevard pour en faire un moment extrêmement drôle, avec des comédiens fabuleux. En début de saison, et toujours en théâtre, il y aura un très beau rendez-vous avec Cyril Teste, un jeune metteur en scène français, qui travaille beaucoup la vidéo. Il viendra présenter La Mouette autour de Tchekhov (en septembre).
Propos recueillis par Marc-Antoine Vallori
+ d’infos, programmation de la prochaine saison et réservations sur lafilature.org