Clown et pasteur : les deux facettes de Joachim Trogolo
Trouver le clown qui sommeille en chacun : c’est l’étonnante proposition faite par le pasteur mulhousien Joachim Trogolo, qui anime des ateliers de clown, tous les quinze jours.
Publié le 6 mars Lecture 4 min.
Joachim Trogolo est pasteur à Mulhouse, il anime également des ateliers de clown.
―Christophe SchmittIl a un gros nez rouge et un air malicieux : lorsqu’il ne s’occupe pas de la riche programmation culturelle du temple Saint-Etienne ou des cultes dans les temples de la Dynamique mulhousienne, le pasteur Joachim Trogolo se glisse dans la peau… d’un clown. Tous les quinze jours, il anime des ateliers de clown, destinés au grand public, dans une salle jouxtant le temple Saint-Martin, rue du Saule. « L’objectif est de permettre aux personnes de tous horizons de se rencontrer, à travers une pratique artistique libre, joyeuse et altruiste », explique Joachim Trogolo, qui est également co-fondateur de la compagnie de clown-théâtre des Dé-rangés avec son acolyte clown Myriam Sucret. « Je suis pasteur et clown, si c’est surprenant, tant mieux, s’exclame Joachim Trogolo, alias KimJo lorsqu’il enfile son nez rouge. Si cela peut servir à déconstruire certaines représentations, c’est parfait ! »
Poésie et humanité
Dans les ateliers, la pratique du clown passe par le geste et le regard.
―Christophe Schmitt« Ce que je propose, avec ces ateliers, est différent du clown de cirque, poursuit Joachim Trogolo. Le clown n’est pas forcément là pour faire rire, il y a de la poésie et de l’humanité, la pluralité et la complexité humaines s’y révèlent. » Ouverts à tous, les ateliers se veulent accessibles au plus grand nombre. L’animateur l’assure : « On est tous des débutants dans le clown ! C’est au moment où le comédien oublie son texte que le clown commence, c’est une pratique qui passe beaucoup par le geste et le regard. » Les ateliers débutent de manière collective, en musique. Ce lundi de début mars, la séance débute par un travail sur la respiration, avant que Joachim Trogolo invite les participantes à se déplacer : « Chaque pas peut prendre tout le temps du monde, ta mission est de découvrir le plus petit du plus petit de chaque chose », lance l’animateur. Les participantes du soir entament alors un lent ballet, à mi-chemin entre méditation et prestation théâtrale muette, pour laquelle les expressions du visage ont une importance capitale.
Ne pas s’enfermer dans un personnage
"Je ne suis pas un prof, je suis un facilitateur", affirme Joachim Trogolo.
―Christophe Schmitt« Trouver son clown, c’est se laisser surprendre par nos étonnantes singularités, les accueillir et les vivre », poursuit Joachim Trogolo, pour qui il existe autant de clowns que d’être humains. « On ne construit pas un personnage, car on risquerait de s’y enfermer. » La deuxième partie des ateliers est consacrée à des passages solos, pour lesquels chaque clown passe devant tous les autres. Ce soir-là, le numéro de chacun commence lorsque la lumière s’allume, et se termine une fois qu’il s’est assis sur la chaise qui trône au milieu de la pièce. Quelques mètres à parcourir, quelques minutes pour transmettre des émotions et pour faire progresser son clown. « On part de la pratique pour avoir une résonance théorique, confie Joachim Trogolo. Je ne suis pas un prof, je suis un facilitateur, je fais des propositions pour nourrir et ouvrir le jeu de chacun, l’encourager à ce travail avec un regard constructif et encourageant. »
« J’ai découvert cet atelier par le biais de Myriam Sucret, la binôme de Joachim, dans leur compagnie, confie Marjorie, qui assiste à sa deuxième séance. Je fais du clown depuis 2009 et je souhaitais découvrir une autre approche, notamment du clown sans parole ». Pour Astrid, une autre participante, l’atelier clown est un moyen « de décompresser. C’est comme une séance de danse, où l’on se reconnecte avec nous-mêmes et avec notre enfant intérieur. Le plus important, c’est la bienveillance : il n’y a aucun jugement entre les participants, c’est magnifique ! »
Les ateliers sont proposés un lundi sur deux, de 19h à 21h, à la salle Saint-Martin, 13 rue du Saule. Participation libre. + d’infos au 06 23 25 66 31, ou par mail : joachim.trogolo@uepal.fr, compagniedesderanges@gmail.com.
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