Bande dessinée

Du flocage à la BD : le fabuleux destin d’Adrien Simon

Les Mulhousiens qui souhaitent personnaliser des vêtements ont, sans doute, déjà poussé la porte de l’Atelier Mabe, installé dans un petit local du bout de la rue des Trois Rois. Son créateur, Adrien Simon, passionné de dessin depuis l’enfance, a récemment sorti sa première BD.

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Adrien Simon, alias Mabe, a sorti sa première BD en décembre dernier.

Adrien Simon, alias Mabe, a sorti sa première BD en décembre dernier.

Catherine Kohler

« Avant, je bossais dans un entrepôt et je dessinais sur des t-shirts avec des feutres, pour des amis et des collègues. Un jour, j’ai mis mon 13e mois dans des machines et ça a pris de l’ampleur, petit à petit. » Après plusieurs années à floquer des t-shirts pour son entourage, Adrien Simon, également connu sous le nom de Mabe, son nom de graffeur, s’est finalement lancé dans l’aventure entrepreneuriale, en 2020, en créant l’Atelier Mabe, 8 rue des Trois Rois. Dans son petit local, il propose des vêtements personnalisés, en petites et grandes quantités. « Je fais du flocage, du transfert et de la broderie, sur tout ce qui est textile : pulls, t-shirts, casquettes… Et pour des quantités qui vont de l’unité, pour un cadeau, à des centaines de pièces pour des professionnels », explique Adrien Simon.

Le graffiti comme influence

Adrien Simon a toujours dessiné et est notamment passé par la case graffiti.

Adrien Simon a toujours dessiné et est notamment passé par la case graffiti.

Catherine Kohler

Au détour des dizaines de produits colorés et personnalisés qui tapissent les murs de sa boutique, les clients de Mabe peuvent feuilleter sa BD « Arsouilles », un autre de ses projets, qu’il a mûri depuis trois ans, signé sous le nom Adrien Mabe. « C’est un rêve de gosse : depuis que j’ai ouvert une bande dessinée, j’ai eu envie d’en faire », se souvient Adrien Simon, qui n’a pas suivi de cursus artistique. « Je n’ai pas fait d’école d’art, j’ai dû apprendre tout seul. Gamin, je reproduisais des BD que j’aimais et je suis passé par le graffiti pendant quelques années. » L’influence du graffiti et de ses personnages stylisés est clairement palpable dans l’ouvrage, qui raconte l’histoire de Mabex, un personnage qui aime bien faire la fête et du graffiti, et qui se retrouve systématiquement dans des galères. « Au début, j’avais plusieurs planches et je les ai rassemblées dans une histoire, poursuit Adrien Simon. J’ai rajouté un personnage, le psychiatre à qui Mabex raconte ses galères, et qui permet de faire le lien entre ces sketchs. »

À mi-chemin entre « wesh » et « diantre »

Dans son atelier de la rue des Trois Rois, Adrien Simon est spécialisé dans la personnalisation de produits textiles.

Dans son atelier de la rue des Trois Rois, Adrien Simon est spécialisé dans la personnalisation de produits textiles.

Catherine Kohler

Au fil des 100 pages, le lecteur peut ainsi découvrir comment Mabex expose clandestinement au Louvre, suivre son voyage aux Etats-Unis et son aventure avec une secte ufologiste ou encore le voir se faire attraper par la police après avoir fait du graffiti… Un brin autobiographique, cette BD ? « Le personnage est un peu inspiré par moi, mais les histoires sont complètement fictives. L’avantage de la BD, c’est qu’on peut partir de quelque-chose de vrai et complètement le modifier », s’amuse l’auteur, qui aime aussi jouer sur les mots. Le titre « Arsouilles » est d’ailleurs une vieille insulte signifiant « voyou » : « J’aime bien les mots anciens, mélanger wesh et diantre, par exemple », conclut Adrien Simon, qui planche déjà sur un tome 2 et rêve de taper dans l’œil d’un éditeur.

« Arsouilles », 20€, auto-édité par Adrien Simon, disponible au 8 rue des Trois Rois et chez Canal BD d’ici fin-février. + d’infos sur https://www.atelier-mabe.com/

Publié à 11h00