Interview

Illia Delaigle : « On veut que les gens viennent vivre à l’Hôtel Mamour pour la Saint-Valentin ! »

À l’occasion de la Saint-Valentin, la compagnie de théâtre Kalisto célèbre l’amour, sous toutes ses formes, avec la cinquième édition de son projet artistique, Hôtel Mamour. Entretien avec le directeur artistique et grand penseur de cet événement hors normes, Illia Delaigle.

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Illia Delaigle, dans l'une des dix chambres de l'Hôtel Mamour, décorée par l'artiste mulhousien Nicolas Blind.

Illia Delaigle, dans l'une des dix chambres de l'Hôtel Mamour, décorée par l'artiste mulhousien Nicolas Blind.

Christophe Schmitt

Vous organisez la cinquième édition d’Hôtel Mamour, quel est le concept ?

Hôtel Mamour, c’est un lieu éphémère, un bordel artistique qui explore l’amour à travers différents médiums artistiques, à l’occasion de la Saint-Valentin. Avec Kalisto, nous sommes sur un travail au long cours sur le territoire pour rendre le spectacle vivant accessible aux habitants. Nous créons des formats qui s’adaptent aux usages des spectateurs d’aujourd’hui : souvent des formats à la carte, où ils peuvent choisir ce qu’ils veulent voir, combien de temps ils restent ou ils dépensent… Nous voulons proposer des soirées artistiques actives aux gens qui sont d’ordinaire sur Netflix ou collés à leur téléphone, qui choisissent tout le temps leurs contenus et veulent être acteurs de leurs propres expériences artistiques.

Justement, à quoi peut s’attendre le public pour cette nouvelle édition ?

Cette année, nous investissons le 23, rue des Trois Rois pour une édition exceptionnelle. Le fait d’avoir ce bâtiment de 1 600m² nous permet d’être totalement libres et de pousser les choses un peu plus loin en matière de décoration, avec des chambres décorées par des artistes des trois frontières, de surprises, de salles où on aura des expositions… En parallèle, nous proposons un marché de créatrices, qui se déploie sur trois salles et trois ambiances : romance, bisounours et sexe, avec des créations vraiment chouettes. Et, l’Hôtel Mamour tel que le public le connaît, démarre jeudi 13 février, avec 18 acteurs professionnels qui raconteront diverses histoires et feront partager des moments de vie intimes, dans les chambres et dans les activités. Plusieurs pass sont proposés pour découvrir les activités de l’Hôtel Mamour : soit quatre spectacles de 15mn sur les questions liées à l’amour et au charme, ainsi que le parcours dans les chambres. Ce dernier permet aux visiteurs, amateurs de sensations intenses, de visiter dix chambres, avec dix acteurs différents, pendant une heure. On veut que les gens viennent vivre à l’Hôtel Mamour !

Comment vous renouvelez-vous au fil des éditions ?

On ne rejoue jamais la même chose : chaque année, ce sont des créations ! En cumulé, avec les 18 acteurs, on crée chaque année trois heures de spectacles. J’essaie toujours de renouveler les acteurs, pour ne pas avoir les mêmes chaque année et je leur suggère des sujets que je sélectionne dans l’actualité. L’amour est un sujet infini, on arrivera à se renouveler chaque édition ! L’année dernière, l’actualité était liée au « Me too à la française », avec les affaires Depardieu ou Jacques Doillon, cela avait reflété une tendance. Cette année, ce qui s’est passé dans les élections américaines, avec le masculinisme, les « trad wifes », est un peu le sujet qui ressort, même si on ne parlera pas que de ça. On est en prise avec le temps actuel, on est une caisse de résonnance avec les sujets d’actualité, à travers l’amour.

Peut-on venir à l’Hôtel Mamour en étant célibataire ?

On peut venir seul, entre amis, en couple, c’est ouvert à tout le monde ! Cette année, on met en place une IA expérimentale qui permettra à chaque spectateur d’avoir un assistant personnel durant la soirée. Cette intelligence artificielle vous permettra peut-être de rencontrer l’amour, elle tombera peut-être amoureuse de vous, elle vous dira peut-être où se trouve actuellement Brad Pitt…

Pensez-vous que l’amour existe toujours, en 2025 ?

Je ne sais pas si l’amour fait partie du plan d’austérité du gouvernement français mais je pense que ça, ils ne peuvent pas nous le prendre. Mais c’est à nous de choisir !

Jusqu’au samedi 15 février, 23, rue des Trois Rois. + d’infos et réservations (recommandées, jauges limitées) sur hotelmamour.org

Publié le 12 févr.