Interview

Habib Diarra : « Remporter la CAN avec le Sénégal, c’est indescriptible ! »

Champion d’Afrique des nations avec le Sénégal le 18 janvier dernier, le Mulhousien Habib Diarra était à Mulhouse, ce lundi 26 janvier, pour recevoir la médaille de la Ville par le maire Michèle Lutz. Interview express du jeune milieu de terrain de 22 ans, transféré l’été dernier du RC Strasbourg à Sunderland, après avoir fait ses premières classes au FCM. Un prodige à la carrière fulgurante et à la tête bien vissée sur les épaules.

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Habib Diarra, "fier d’être Mulhousien".

Habib Diarra, "fier d’être Mulhousien".

Catherine Kohler

Vous venez de remporter la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) pour votre première participation. Comment avez-vous vécu les jours qui ont suivi ce titre ?

Sincèrement, au début, je ne me rendais pas compte. Et même maintenant, j’ai toujours du mal à me dire que j’ai gagné la CAN. Les dernières éditions, je les regardais à la maison avec ma famille et quand on se faisait éliminer, j’étais abattu. Limite, je pleurais parce que j’étais très attaché à mon pays. Et là, déjà d'être sélectionné, de jouer et de remporter cette CAN… Franchement, c’est indescriptible. Je n’ai pas les mots pour décrire ça (Ndlr : suspendu, Habib Diarra n’a pas joué la finale).

« Le Sénégal est une équipe de compétiteurs »

Après un tel sacre, la Coupe du monde 2026 pointe son nez, l’été prochain. Quels seront vos objectifs ?

Pour la Coupe du monde, l’idée est de faire le maximum. Déjà à titre personnel, je vais tout faire pour y être, être sélectionné. Ensuite, l’objectif est évidemment de gagner les matchs pour aller le plus loin possible. On sait que ça ne va pas être facile, le groupe est assez relevé (groupe I dont la France), mais on a confiance en nous et on sait qu’on est capables de tout. Le Sénégal est une équipe de compétiteurs. Ce qui fait notre force, c’est qu’on est soudés, on est une famille et on se tire tous vers le haut.

Votre transfert, du RC Strasbourg à Sunderland, a été l’une des sensations du dernier mercato estival. Pourquoi l’Angleterre et Sunderland ?

Franchement, je dirais que ça s’est fait naturellement. Mon agent m’a appelé pour me dire qu’il y avait Sunderland. J’ai parlé avec le coach et le directeur sportif, et à la fin du rendez-vous, j’ai directement dit : « Oui, je vais aller là-bas ! » Parce qu’ils avaient les mêmes valeurs que moi, et je trouve que c’est très important. Le club ressemblait aussi à mon ancien club de Strasbourg : un club familial, les supporters sont toujours là, ils nous aident, ils nous encouragent. Et pour moi, c’est important, parce que je fais du foot pour vivre des émotions comme ça.

« La Premier League est le meilleur championnat »

De Mulhouse à Sunderland et un titre de champion d'Afrique, une carrière à la vitesse grand V.

De Mulhouse à Sunderland et un titre de champion d'Afrique, une carrière à la vitesse grand V.

Catherine Kohler

Comment se passe votre adaptation en Angleterre ?

Très bien, même si j’ai été blessé durant trois mois. Je suis au Nord de l’Angleterre, la ville est assez calme, mais ça ne me dérange pas, parce que je suis quelqu’un d’assez casanier. Je reste chez moi, ça me va très bien. Et pour le reste, c’est sport, sport, sport, en passant l’essentiel de mes journées au centre d’entraînement de 9h à 16h30, quand ce n’est pas jour de match. Le club est top, niveau infrastructures. Franchement, c’est là que tu te rends compte que tu es en Premier League. C’est pour moi le meilleur championnat, exactement là où je veux être.

Quels sont les objectifs de Sunderland cette saison ?

Vu que les cinq dernières années, les équipes promues en Premier League sont directement redescendues, notre objectif numéro un, c’est le maintien. Ce n’est pas encore gagné, mais je pense qu’on peut être ambitieux et viser un peu plus haut (Ndlr : Sunderland est actuellement 10e de Premier League, avec 33 points).

« Je suis fier d’être Mulhousien et dès que je peux je rentre à Mulhouse »

Vous avez grandi à Mulhouse (au quartier Douves et Berges) et avez fait vos classes au FC Mulhouse. Quel regard portez-vous sur votre ville ?

Dès que je peux revenir à Mulhouse, je reviens, parce que j’ai ma famille, j’ai mes amis ici. J’ai aussi mes endroits de référence. C’est ici que j’ai grandi, que j’ai commencé le football. C’est ma ville, je suis fier d’être Mulhousien. Même à Strasbourg, je faisais des allers-retours, dès que je pouvais. C’est à Mulhouse que j’ai commencé le football et ça restera dans ma tête jusqu’à la fin de ma carrière.

« Devenir le meilleur milieu de terrain du monde »

Le maire Michèle Lutz a remis, ce lundi 26 janvier 2026, la médaille de la Ville de Mulhouse à Habib Diarra.

Le maire Michèle Lutz a remis, ce lundi 26 janvier 2026, la médaille de la Ville de Mulhouse à Habib Diarra.

Catherine Kohler

Suivez-vous encore les résultats du FC Mulhouse ?

Oui, j’ai encore un œil sur le club. J’en parlais un peu avec mon frère, mais de loin…

À 22 ans, votre carrière s’est accélérée. Quelles sont vos ambitions pour demain ?

Personnellement, l’objectif, c’est de remporter encore d’autres trophées, qu'ils soient individuels ou collectifs, de jouer dans des grands clubs en Premier League et ensuite de finir meilleur milieu de terrain du monde. C’est mon objectif numéro un !

Propos recueillis par Marc-Antoine Vallori

Publié hier à 15h00