Sport

Fighting Spirit MMA : l’apprentissage du sport et de ses valeurs

Créé en 2024, le Fighting Spirit MMA compte déjà plus de 200 adhérents et adhérentes et se fait un nom à l’échelle nationale, en multipliant les bons résultats. Le fruit d’un travail acharné, qui place l’effort, l’entraide et le respect au coeur de la pédagogie du club mulhousien.

Publié le 14 avr.

Lecture 4 min.

Le club mulhousien Fighting Spirit MMA compte plus de 200 licenciés.

Le club mulhousien Fighting Spirit MMA compte plus de 200 licenciés.

Lucas Noyon

Comme tous les lundis, ça s’active fort dans la petite salle du gymnase Euronef, dans le quartier Brustlein, qui bruisse des sons de l’entraînement de la cinquantaine d’adhérents du club Fighting Spirit MMA et Disciplines associées, dont une dizaine de femmes, qui y ont pris place. Après le salut collectif du début de séance, l’échauffement débute par une course et des mouvements de « shadow boxing » (boxe dans le vide), avant un enchaînement redoutable d’exercices de frappe pieds/poings/genoux contre les murs capitonnés, alternés de pompes et autres planches… L’effort est intense et chacun travaille avec sérieux et application, en suivant les consignes et les encouragements des coachs.

« Mettre l’accent sur le respect et l’éducation »

Sébastien Saihi est l'un des trois entraîneurs diplômés du Fighting Spirit MMA.

Sébastien Saihi est l'un des trois entraîneurs diplômés du Fighting Spirit MMA.

Lucas Noyon

Mixant tous les niveaux, des débutants aux combattants les plus expérimentés, l’entraînement se poursuit par des oppositions en duo, qui voient les combattants et combattantes pratiquer tout l’éventail des arts martiaux mixtes (MMA) : combats pieds/poings (kickboxing, boxe thaï…), pancrace, grappling, soumission… « Le MMA rassemble de nombreuses disciplines et nous les enseignons au club, explique Sébastien Saihi, coach et président du Fighting Spirit MMA. Depuis sa légalisation en France, en 2020, il y a un vrai engouement pour le MMA, avec une vague d’adhérents. Notre club, créé en 2024, avec 60 adhérents, en compte aujourd’hui 215 ! Face à cette vague, il est important de faire les choses bien et de mettre l’accent sur le respect et l’éducation, d’inculquer les bonnes valeurs avant même de faire du sport. »

Ces valeurs de respect sont au cœur de la philosophie du club, qui met l’accent sur la protection, la prévention contre les blessures et pratique une tolérance zéro contre les combats sauvages, en dehors du cadre des entraînements ou des compétitions. « Notre club compte trois entraîneurs, tous diplômés, moi-même, Toni Di Carlo et ma femme Sabah Saihi, qui s’occupe de la section féminine de boxe thaï. Nous sommes des éducateurs sportifs, dans le sens littéral des deux mots : le sport et l’éducation. Le comportement, la politesse, le respect de chacun sont très importants. On travaille ici dans un esprit presque familial, sans se substituer aux parents, en adaptant les exercices en fonction des points forts et des morphologies de chacun. »

Changer l’image du MMA

Les arts martiaux mixtes font travailler l'ensemble du corps.

Les arts martiaux mixtes font travailler l'ensemble du corps.

Lucas Noyon

Sports très complets, les arts martiaux mixtes font aussi bien travailler le cardio et la condition physique générale que les déplacements, la posture ou le travail d’attaque et de défense, debout et au sol. Diplômés en sport santé, les entraîneurs du club attachent aussi beaucoup d’importance à la nutrition, au sommeil, à la motivation et à l’aspect mental du sport. Plusieurs membres du club ont d’ailleurs rejoint le club dans le cadre du dispositif Prescri’mouv, soit le sport sur ordonnance, prescrit par un médecin.

De quoi contribuer à changer l’image d’une discipline, encore souvent perçue comme « un sport de sauvage. On veut contribuer à montrer que le MMA n’est pas un sport de bourrin, c’est une activité physique, qui peut être violente mais qui est maîtrisée et encadrée. On invite les parents et les gens à venir voir comment ça se passe, nous accueillons tout le monde. » Des créneaux d’entraînements sont ainsi dédiés aux enfants à partir de 6 ans, aux adolescents, mais aussi aux femmes, dans le cadre de la section boxe thaï féminine, qui rassemble une trentaine de participantes. « Nos entraînements sont mixtes, tout le monde se mélange, mais il est important de proposer une section 100 % féminine, où les filles peuvent se sentir à l’aise et progresser. »

15 médailles aux Championnats de France

Combattante confirmée, Shéhrazade Deiboune a remporté une médaille d'argent lors des derniers Championnats de France de pancrace et submission.

Combattante confirmée, Shéhrazade Deiboune a remporté une médaille d'argent lors des derniers Championnats de France de pancrace et submission.

Lucas Noyon

En plus de la pratique « loisir », le club compte une bonne vingtaine de combattants confirmés, engagés en compétition, dont le rythme d’entraînement est encore plus soutenu, avec une préparation spécifique. Déjà auteur d’un beau début de saison, avec plusieurs médailles dans différentes compétitions régionales et nationales, et un titre de champion de France junior pour Yénis Saihi, le club s’est illustré, début avril, aux Championnats de France de pancrace et submission. 15 combattants et combattantes du club y ont ainsi remporté une médaille : trois médailles d’or (les champions de France Achraf Charouki, Kévin Manga et Neylan Souded), sept médailles d’argent et six médailles de bronze.

De beaux résultats qui viennent saluer « le travail, la rigueur et l’engagement de nos jeunes athlètes. On se donne les moyens, on travaille beaucoup pour montrer que rien n’est impossible. C’est une fierté de voir que chacun progresse et se développe, à son rythme, tant dans le sport que dans la vie. »

+ d’infos : www.helloasso.com/associations/spirit-mma