EuroAirport : près de 10 millions de passagers en 2025, pour un record historique
Top 5 des destinations 2025 : Pristina, Londres, Istanbul, Palma et Budapest.
―Marc-Antoine Vallori« Une très bonne année 2025 ! » Ce sont les mots de Tobias Markert et de Renaud Paubelle, respectivement nouveaux directeur et directeur adjoint de l’EuroAirport qui, avec 9,6 millions de passagers transportés, signe un exercice historique. Soit un bond de 8,1% en un an, qui réduit en miettes le précédent record de fréquentation de 9,1 millions de passagers transportés en 2019, avant Covid. La seule période des dix semaines estivales aura drainé plus de 2,4 millions de passagers. La croissance du nombre de passagers ne s’accompagne paradoxalement pas d’une hausse des mouvements (décollages et atterrissages). « En examinant les chiffres d’avant la pandémie (2019), on enregistre même une baisse des mouvements de 4,9% (94 600 mouvements aériens en 2025, contre 99 300 six ans auparavant). Ceci s’explique par l’utilisation d’avions plus grands (Ndlr : 144 passagers par avion désormais en moyenne, contre 106 à 128 auparavant), appartenant à la même catégorie (A320), souligne Tobias Marker, qui rappelle, avec un sens de la formule, que « ce sont les avions qui font du bruit, pas les passagers ».
Vols nocturnes en fortes baisse
La baisse des nuisances sonores reste l’un des objectifs de l’EuroAirport ces dernières années. Prise de conscience des compagnies, taxes, amendes (…) expliquent « une belle évolution, qui demande à être encore consolidée », en matière de réduction du bruit, notamment entre 23h et minuit. « Par rapport à 2019, les départs après 23 heures ont fortement diminué en 2025 : - 95 % au moment où l’avion quitte son poste de stationnement et - 74 % au décollage (2024 : - 89 % et - 61 %). La diminution des décollages après 23h a un impact direct sur la situation sonore. Depuis 2019, le niveau de bruit nocturne a pu être réduit, entre 23h et minuit, d’environ 7 dB(A) au nord de l’aéroport et d’environ 1,5 dB(A) au sud. Malgré ces améliorations, des défis subsistent entre 22h et minuit », commente la direction.
Plus d’un vol sur deux via EasyJet
EasyJet représente 53% de part de marché, suivie par la compagnie Wizz Air (14%).
―Marc-Antoine ValloriAvec une centaine de vols courts et moyen-courriers (Pristina, Londres, Istanbul, Palma, Budapest, en tête) - et l’arrivée de vols long-courriers (Dubaï, Montréal) - proposés par 30 compagnies qui, dans le sillage d’EasyJet et ses 53% de part de marché, progressent quasiment toutes (à l’image de Wizz Air, désormais deuxième compagnie avec 14% de part de marché, soit un bond de 28% en un an), l’EuroAirport concentre également ses efforts sur l’amélioration de la qualité de service. « L’expérience passager », comme la qualifie Renaud Paubelle, qui énumère des avancées : réouverture partielle des terrasses panoramiques, offre de restauration entièrement renouvelée, zone de repos avec des sièges supplémentaires, process de nettoyage amélioré… Avant le lancement des travaux de modernisation et d’extension des "Gates Sud". 2026 amorce, pour l’EuroAirport, un cycle d’investissements de plus de 500 millions d’euros sur 7 ans, pour améliorer la qualité de service.
Accessibilité terrestre
Autre grand chantier de ce poids lourd de l’emploi dans la région, avec 6 730 personnes travaillant sur la plateforme aéroportuaire - avec Amac et Jet Aviation comme principaux pourvoyeurs et 445 salariés sur le site de l’EuroAirport même : les émissions de CO2. Là aussi des progrès ont été réalisés. Le seul EuroAirport vise toujours « la neutralité carbone d’ici 2030 », selon la direction qui s’engage, plus globalement et chiffres à l’appui, « à réduire, avec ses partenaires, les émissions globales de la plateforme aéroportuaire ». Sur les 172 000 tonnes de CO2 émises par l’aéroport en 2025, les avions représentent 31% de l’empreinte carbone (Ndlr : en prenant en compte toutes les phases de vol d’un aéronef à proximité du sol autour d’un aéroport : roulage, décollage, montée et approche à l’atterrissage jusqu’à/à partir de 3 000 pieds). « L'accessibilité terrestre est le principal secteur d'émission de CO2 (56%) de l’aéroport, en raison notamment de l'offre de transports collectifs, souligne Renaud Paubelle. Si, à plus long terme, la liaison ferroviaire directe reste un objectif stratégique dans le secteur Mulhouse, Saint-Louis et Bâle (Ndlr : la France a suspendu provisoirement, en septembre 2025, sa participation financière), à court et moyen termes, il faudrait renforcer des liaisons de transports publics depuis la France, la Suisse et l’Allemagne. L’EuroAirport accueille près de 10 millions de passagers et on a aujourd’hui seulement trois lignes de bus. Il faudra aussi prendre en compte les amplitudes horaires, pour les premiers vols du matin et les derniers du soir. »
Réfection de la piste principale, ce printemps
Nouvelles destinations 2026 : Lille, Stockholm, Chișinău (Moldavie), Bodrum (Turquie), Poznań (Pologne) et Podgorica (Monténégro).
―Marc-Antoine ValloriAutant de réflexions et de chantiers en cours pour l’EuroAirport qui vise, en 2026, les 8,6 millions de passagers. Une baisse prévisionnelle en raison de la réfection de la piste principale. Ce chantier majeur s’orchestrera du 15 avril au 20 mai prochain, pour un investissement de quelque 40 millions d’euros. Durant cette période l’EuroAiport tournera au ralenti, avec des activités qui se concentreront sur la seule piste secondaire. A contrario du trafic passagers en net regain, l’activité fret connaît un tassement (104 860 tonnes transportées, soit -3 % en un an), qui s’explique, selon la direction, par l’effet conjugué « de la situation géopolitique, du franc suisse fort et du développement du fret par camion ».
L’essentiel
Quel record l’EuroAirport a-t-il atteint en 2025 ?
Près de 9,6 millions de passagers, un record historique en hausse de 8,1 % sur un an.
Quelle est la compagnie dominante ?
EasyJet, avec 53 % de part de marché, suivie de Wizz Air.
Quel est le top 5 des destinations au départ de l’EuroAirport ?
Pristina, Londres, Istanbul, Palma et Budapest.
Combien de personnes travaillent sur la plateforme aéroportuaire ?
6 730 personnes travaillent sur la plateforme aéroportuaire, avec Amac et Jet Aviation comme principaux pourvoyeurs. 445 salariés travaillent sur le site de l’EuroAirport même.
Quels investissements sont prévus ?
Un plan de plus de 500 millions d’euros sur 7 ans pour améliorer l’expérience passager.
Pourquoi une baisse du trafic est-elle attendue en 2026 ?
En raison de la réfection de la piste principale au printemps, du 15 avril au 20 mai 2026, pour un coût de 40 millions d’euros. Les vols seront maintenus mais l’activité tournera au ralenti durant cette période, durant laquelle seule la deuxième piste sera en service.



