Éric Frey, nouveau président du Rugby Club de Mulhouse : « Le cœur a dit oui ! »
Président depuis le 28 août 2026, Éric Frey entend créer une nouvelle dynamique au Rugby Club de Mulhouse. Rencontre avec ce passionné du ballon ovale de 38 ans.
Publié à 9h15 | Mis à jour à 10h27 Lecture 5 min.
Joueur jusque-là du RCM, Éric Frey en est désormais le nouveau président.
―Catherine KohlerVous êtes désormais aux commandes du Rugby Club de Mulhouse, c’est un club que vous connaissiez ?
Oui, complètement, c’est même une histoire de famille ! Mon père a joué au club depuis 1975 et jusqu’à ses 50 ans. Il en est aujourd’hui le vice-président. De mon côté, j’ai commencé au RCM à l’école de rugby. J’ai ensuite un peu cherché ma voie, j’ai fait du foot, puis j’ai repris sérieusement le rugby au lycée. Je cherchais une activité sportive régulière, dans laquelle je pouvais m’épanouir et retrouver les copains. Au rugby, on passe des moments formidables, on rencontre des gens... J’ai arrêté de jouer en 2022, mais j’ai repris une licence au RCM, cette année, pour donner un coup de main et compléter les effectifs.
« Il y a encore des gens qui découvrent qu’il existe un club de rugby à Mulhouse. »
Qu’est-ce qui vous a poussé à prendre la présidence ?
Il y a le cœur et la raison. Au moment de prendre la présidence, la raison m’aurait dit de ne pas le faire parce que c’est une grosse charge de travail, mais le cœur a dit oui parce que le Rugby Club de Mulhouse occupe une place à part dans ma vie. J’y ai vécu beaucoup d’expériences et rencontré énormément de gens. Certains y ont rencontré leur femme, d’autres y ont trouvé un travail. Pour certains, cela a même été un ascenseur social. J’y ai rencontré mes meilleurs amis et, maintenant, ce sont nos enfants qui sont à l’école de rugby. Et il y a un vrai travail de promotion à faire : si le RCM (Ndlr : club plus que centenaire) compte actuellement 315 licenciés, il y a encore des gens qui découvrent qu’il existe un club de rugby à Mulhouse.
Le RCM a remporté le match au sommet de Régionale 2 contre Thann (38-16), dimanche 11 octobre 2026.
―Catherine KohlerSportivement, comment se porte le RCM ?
Nous avons des équipes dans toutes les catégories, du baby rugby, dès trois ans, jusqu’aux vétérans, ainsi qu’une équipe féminine. Notre équipe A masculine évolue désormais en Régionale 2, elle est descendue après une saison difficile et beaucoup de défaites. Nous sommes en reconstruction et l’objectif est de viser les premières places. Équipe A et équipe B confondues, nous sommes aujourd’hui à 57 licenciés chez les seniors, l’idéal serait d’en avoir 80, pour faire face aux blessures et aux absences. Toutes catégories confondues, nous souhaiterions atteindre, dans les années à venir, les 400-450 licenciés. Les plus jeunes d’aujourd’hui formeront peut-être notre équipe première dans 20 ans. Nous voulons également recruter davantage de filles, car le rugby féminin se développe beaucoup. Jusqu’aux U12, les garçons et les filles jouent ensemble. Et je peux vous assurer que les filles ne sont pas en retrait par rapport aux garçons !
« Nous avons encore du mal à faire venir au club des jeunes issus de tous les quartiers »
Vous souhaitez aussi ouvrir davantage le club aux jeunes de l’ensemble des quartiers mulhousiens. Comment comptez-vous vous y prendre ?
C’est un axe de développement important. Mulhouse est une ville jeune, mais nous avons encore du mal à faire venir au club des jeunes issus de tous les quartiers. Il faut que nous fassions encore mieux, même si nous intervenons déjà dans les écoles. On pourrait imaginer des entraînements directement dans les quartiers. Certains clubs, notamment en région parisienne à l’image de Massy, se sont développés grâce à ce travail de fond. Cela dit, notre école de rugby fonctionne bien avec une centaine de licenciés, du baby rugby aux U12.
Vous dites vouloir recréer un véritable esprit de club. Qu’entendez-vous par là ?
Nous essayons de relancer les repas d’avant-match, notamment lors des rencontres des seniors. Ce sont des moments de convivialité qui permettent de faire revenir d’anciens joueurs. Nous avons aussi remis en place des choses assez simples, comme une petite buvette le samedi matin. Lors des matchs de début de saison à domicile, nous avons invité les enfants du club à s’échauffer avec nos seniors. C’était magnifique, émouvant, j’en avais les larmes aux yeux. Il nous faut créer ce lien entre les générations, c’est indispensable pour donner une âme au club, gagner et construire quelque chose de beau.
« Pourquoi ne pas rêver de voir un jour le futur Antoine Dupont venir de Mulhouse ? »
Quelles sont les principales nouveautés que vous souhaitez mettre en place ?
Nous aimerions lancer, le samedi matin, une équipe de « touch rugby », une pratique proche du rugby classique, mais sans plaquage. C’est une formule qui se développe, notamment dans le cadre du rugby santé. Nous voulons aussi nous rapprocher du Centre de réadaptation de Mulhouse (CRM), pour développer le rugby fauteuil. Après, il y a tout le travail de fond mené, par notre coordinateur sportif salarié Benoît Saint-Martin, qui coordonne l’école de rugby, intervient dans les écoles... Nous allons également recruter un apprenti en management de la performance et marketing digital pour développer la communication, rechercher des partenaires, améliorer notre visibilité… Nous travaillons parallèlement à assainir notre situation financière.
Le RCM évolue au stade Pierre de Coubertin.
―Catherine KohlerComment vous sentez-vous dans votre nouvelle fonction ?
Ça me plaît, même si cela prend un temps fou ! On s’attache aujourd’hui à construire des bases solides et à nous développer. À plus long terme, l’objectif est de voir émerger des joueurs formés à Mulhouse. Pourquoi ne pas rêver de voir un jour le futur Antoine Dupont venir de Mulhouse ? Ce serait une immense fierté pour le club. À ma connaissance, même si nous avons eu des joueurs mulhousiens qui ont évolué en Pro D2, nous n’avons jamais eu de joueur en équipe de France, ni de joueur passé par le Top 14.
+ d’infos : https://www.rugbyclubmulhouse.fr/



