Jeunesse

« Engage-toi ! » : quand l’autonomie des jeunes passe par le bénévolat

Permettre à des jeunes mulhousiens de financer, en partie, leur permis de conduire ou leur Bafa, en contrepartie d’un engagement bénévole de 100 heures : c’est le principe du dispositif « Engage-toi ! », porté par la Ville depuis 2019.

Publié à 8h49

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Cette année, 70 jeunes mulhousiens de 17 à 25 ans ont intégré "Engage-toi!"

Cette année, 70 jeunes mulhousiens de 17 à 25 ans ont intégré "Engage-toi!"

Catherine Kohler

« J’ai toujours voulu avoir des compétences dans l’animation, j’aime être avec des enfants. J’ai commencé le bénévolat au CSC Papin il y a deux mois et j’adore ce que je fais. Cela me permet de financer mon permis de conduire, qui est cher, et m’offre une très bonne expérience ». Comme Youmna, 70 jeunes mulhousiens âgés de 17 à 25 ans ont choisi de s’inscrire dans le dispositif « Engage-toi ! », lancé par la Ville en 2019. Celui-ci « permet aux jeunes de s’engager dans des associations locales, pour 100 heures de bénévolat, en contrepartie desquelles leur permis de conduire ou leur Bafa est financé, à hauteur de 1 100 €, explique Laura Fleurot, référente engagement et autonomie des jeunes à la Ville. Cela leur permet de tendre vers plus d’autonomie et de responsabilités. Pour la plupart, c’est une première expérience dans le monde associatif, qui leur permet également de créer un réseau et de développer des compétences ».

« Le bénévolat a changé »

« Depuis le lancement, nous avons accompagné près de 400 jeunes dans ce dispositif, confie Conchita Mendez, responsable de l’unité jeunesse de la Ville. Une trentaine d’associations accueillent également des jeunes, dans des domaines variés : loisirs, sport, culture, solidarité… » « L’idée est de les orienter vers des structures qu’ils ne connaissent pas, mais qui sont en lien avec leurs projets d’avenir », complète Laura Fleurot. Un dispositif « gagnant-gagnant » pour les jeunes, comme pour les associations : les premiers y gagnent en compétences, tandis que les secondes renforcent leurs effectifs, dans un contexte où trouver de nouveaux bénévoles relève parfois du parcours du combattant. « Le bénévolat a changé, les jeunes y vont de manière plus spontanée, sur des temps plus courts et de manière moins régulière », analyse Laura Fleurot.

Valoriser les compétences

En plus de leur expérience associative débutée en janvier dernier, les jeunes bénévoles ont été invités à participer à un séminaire leur permettant d’élargir leur spectre de compétences, en rencontrant les acteurs engagés pour la jeunesse sur le territoire. L’occasion de faire le point sur l’orientation, l’engagement citoyen, la santé et le sport, mais aussi de participer à des ateliers sur la valorisation des compétences, les risques numériques et les fake news, la gestion d’un budget, ou encore l’estime de soi. « Pour nous, c’est des compétences en plus, expliquent Fatiha, Soumaya, Rouguiata et Hava. C’est plus que du bénévolat, on investit notre temps libre ! Les jeunes sont très engagés et on ne le met pas forcément assez en avant ! »