C’était il y a 60 ans : la disparition de Charles Stoessel
Décédé le 14 octobre 1966, dans un accident de voiture, le Mulhousien Charles Stoessel a laissé son empreinte à Mulhouse. Retour sur une vie marquée par les engagements.
Publié à 8h43 Lecture 4 min.
Elu municipal, départemental et sénateur, Charles Stoessel est décédé le 14 octobre 1966, dans un accident de voiture.
―DRIl a donné son nom à un boulevard, à un pont et même à un lycée : l’ancien premier adjoint au maire de Mulhouse Charles Stoessel est décédé, il y a 60 ans, le 14 octobre 1966, dans un accident de voiture, à l’âge de 43 ans. Élu au conseil municipal en mars 1959, il avait contribué à la mise en place d’une « Entente communale », regroupant des représentants politiques de l’époque, avec l’ambition d’œuvrer pour Mulhouse, en passant outre les querelles partisanes et de personnes. Premier adjoint d’Emile Muller, Charles Stoessel est élu conseiller général du Haut-Rhin en mars 1964, puis sénateur en septembre 1965.
À l’origine de l’Université populaire et des Journées d’Octobre
Résumer Charles Stoessel à sa seule carrière politique serait omettre l’engagement tous azimuts du Mulhousien pour sa ville. Ingénieur de formation, il était professeur au Centre d’enseignement du textile de la rue du Fil, qui a pris son nom en 1989. Un temps président de la chorale Claire-Joie, Charles Stoessel a aussi contribué à la création de l’Université populaire avec Paul Meyer, ainsi qu’à celle des Journées d’Octobre. Président de l’Office municipal des sports, il était aussi attaché à la jeunesse et au vivre-ensemble, imaginant notamment l’Entraide par les jeunes, consistant à mobiliser des jeunes pour apporter du bois aux personnes âgées pauvres pour se chauffer durant l’hiver…
« Un rassembleur »
Dans une plaquette dédiée au souvenir de Charles Stoessel, à l’occasion du 50e anniversaire de son décès, André Heckendorn, historien et secrétaire général honoraire de la Ville de Mulhouse, se souvenait : « Ce que nous, qui l’avons connu, retenons d’abord, c’est son sourire chaleureux, qu’il adressait à chacun de ses interlocuteurs. […] Le professeur qu’il était voulait la réussite de ses élèves et c’est sans doute eux qui ont d’abord souligné son charisme. Il savait entraîner, transmettre ses convictions. Aux jeunes, à travers les instances de l’époque, comme le Conseil mulhousiens des mouvements de jeunesse, son message était « Devenez adultes, mais restez jeunes jusqu’au cercueil ». En politique, il se voulait avant tout être un rassembleur, pour atteindre les objectifs fixés, toujours tournés vers l’intérêt général. »
Charles Stoessel était également président de l'Office municipal des sports, qui lui a rendu hommage dans son bulletin d'information de décembre 1966.
―DRÀ noter que Charles Stoessel était père de trois enfants, Jean, Marc et Bernard, qui a lui-même été très engagé politiquement, notamment en tant que conseiller municipal mulhousien, conseiller général et régional. « J’avais 12 ans quand j’ai perdu mon père, se souvient Bernard Stoessel. Je suis tombé dans la politique quand j’étais petit, comme d’autres dans la potion magique. Pour moi, la politique fait partie intégrante de ma vie, ce n’est pas de la com’. C’est mon père qui m’a inculqué ce goût de l’engagement, avec les valeurs qui vont avec, dont celle d’œuvrer pour le bien commun. »
Parmi ses souvenirs marquants : « Le premier, lors des municipales de 1959. Mon père était alors chef de travaux, au lycée mulhousien qui porte désormais son nom. Il avait eu la mauvaise idée de monter sur une verrière, de passer au travers et de se casser la jambe. Il s’est retrouvé en campagne électorale avec la jambe plâtrée et je voyais défiler à la maison ses amis politiques. C’était la politique qui rentrait à la maison. Le deuxième souvenir marquant, ce sont les élections sénatoriales de 1965. Mon père est devenu le premier sénateur centriste. Son adversaire, gaulliste, n’avait pas fait campagne, croyant tellement qu’il allait gagner. Mon père, avec son carnet, a fait la tournée de toutes les communes. Quand je le voyais rentrer le soir, je me disais : "Quel boulot ! Quel engagement !" Enfin, je me souviens très bien de la première proposition de loi de mon père, un an avant son décès, qui portait sur le droit d’alerte des ouvriers dans les entreprises ».
Pour Bernard Stoessel, même 60 ans après, le souvenir est vivace : « J’ai, bien sûr, de la tristesse de ne pas avoir pu davantage profiter de sa présence, surtout quand je pense à ce que m’ont dit les personnes qui l’ont bien connu, sur ses qualités humaines, sa chaleur, son attention aux autres. En même temps, je suis très fier d’être son fils ».




