Industrie

DMC, leader mondial du fil à broder, a 280 ans

Fondée en 1746, à Mulhouse, DMC est toujours leader mondiale du fil à broder. Reportage, dans les coulisses de l’usine mulhousienne, où est toujours produit le fil emblématique, entre tradition et modernité.

Publié à 8h53

Lecture 4 min.

L'entreprise DMC fête ses 280 ans en 2026.

L'entreprise DMC fête ses 280 ans en 2026.

―Catherine Kohler

En 1746, Jean-Henri Dollfus, Jean-Jacques Schmalzer et Samuel Koechlin créent la première manufacture d’indiennes de Mulhouse, dans l’actuelle rue de la Loi. 280 ans plus tard, l’entreprise existe toujours : elle s’appelle DMC depuis 1800, a porté le textile mulhousien au firmament, traversé des crises et s’est relevée… « La société a connu ses années de gloire avant de connaître des difficultés dans les années 80, comme l’ensemble de la filière textile en France », explique Jean-Luc Losser, le directeur général de DMC SAS. L’entreprise, qui a complètement modelé la physionomie d’une partie de Mulhouse, a employé jusqu’à 9 000 salariés au plus fort de son activité, en 1929, avant de subir les chocs pétroliers et la concurrence asiatique, jusqu’à déposer le bilan en 2008. Une année charnière, qui n’enterre pas l’entreprise, qui entame une restructuration importante, avec des changements d’actionnaires en 2016, puis en 2019. « Depuis 2023, nous avons, chaque année, développé une nouvelle marque ou un site de vente en ligne, poursuit Jean-Luc Losser. Désormais, cinq marques nous permettent d’avoir une offre globale : DMC, Wool and the gang, Sirdar, Rowan et Anchor, notre concurrent historique, que nous avons racheté en 2023 ».

8 000 km de fil chaque jour

Toujours en activité à Mulhouse, DMC est leader mondial du fil à broder.

Toujours en activité à Mulhouse, DMC est leader mondial du fil à broder.

―Catherine Kohler

À Mulhouse, rue de Pfastatt, les activités de la marque DMC se poursuivent sur le site historique de l’entreprise, qui emploie toujours 105 collaborateurs, produisant pas moins de 8 000km de fil, soit un million d’échevettes, chaque jour… Acheté auprès de fournisseurs égyptiens et pakistanais, le fil de coton subit un contrôle qualité avant de franchir le seuil de la retorderie : « C’est là qu’on prépare le fil brut, arrivé en bobines, qui sont déroulées et transformées en écheveaux », explique Bassem Bilal, le directeur du site de Mulhouse. « Ensuite, on trempe le fil dans de la soude caustique, à froid, tout en lui imposant des cycles de tension et de relaxation » : c’est le mercerisage, un processus chimique qui permet d’améliorer les caractéristiques physico-chimiques des fibres, pour les rendre plus brillantes, plus résistantes et leur permettre d’absorber plus de colorants.

1 / 4
Première étape pour le fil de coton, à son arrivée dans l'usine mulhousienne : le contrôle qualité.
8 000 km de fil sont transformés, chaque jour.
Après le blanchiment, le fil est teint : la gamme compte plus de 500 couleurs.
Le site mulhousien de DMC emploie 105 personnes.

Première étape pour le fil de coton, à son arrivée dans l'usine mulhousienne : le contrôle qualité.

―Catherine Kohler

Une fois mercerisés puis blanchis, les écheveaux sont teintés : « Nous avons 1 000 formules de teintures différentes pour toutes les qualités de fil DMC, soit 536 couleurs, poursuit Bassem Bilal. Nous avons investi 350 000€ en deux ans pour automatiser notre cuisine de couleurs, ce qui permet notamment plus de sécurité et de traçabilité. » Le fil teint est ensuite séché, en moyenne durant 18h : « Le séchage lent permet de conserver toute la qualité du fil », complète le directeur du site. Plié par un robot, le fil séché passe par un nouveau contrôle qualité, avant d’être détaillé en bobines ou en échevettes, sur des machines développées par un autre fleuron du textile mulhousien : Superba.

40 000 points de vente dans 130 pays

1 / 2
La gamme de couleurs de DMC compte plus de 500 références.
Le rouge carmin de l'échevette 321, emblématique de l'histoire de DMC.

La gamme de couleurs de DMC compte plus de 500 références.

―Catherine Kohler

Distribuées depuis le site logistique d’Illzach, qui emploie 125 personnes, les célèbres échevettes sont revendues dans plus de 130 pays, à travers 40 000 points de vente… « Aujourd’hui encore, DMC est le leader indiscutable et indiscuté sur le marché de la broderie, affirme Isabelle Stahl, la directrice de la marque DMC. Notre challenge est de faire en sorte que cela perdure et continue à se développer. » Pour ce faire, DMC s’appuie sur son savoir-faire, son exigence et sa gamme unique de 500 couleurs, qui traverse les époques. « Nous sommes les seuls à proposer autant de couleurs, poursuit Isabelle Stahl. La référence 321, le rouge carmin, existait déjà du temps de Thérèse de Dillmont (1846-1890) et c’est encore exactement la même de nos jours ! » Pour développer ses parts de marché, auprès d’une clientèle à 90% féminine, DMC renouvelle également sa gamme, avec pas moins de 70 nouveaux produits mis sur le marché, chaque année : kits pour les débutants ou les experts, gamme Ecovita à base de teintures végétales, toute nouvelle collaboration avec la licence Harry Potter… « Nous avons également développé la vente en ligne et des projets collaboratifs sur les réseaux sociaux, où tout se passe aujourd’hui », poursuit Isabelle Stahl, avant de conclure : « Aujourd’hui, les gens trouvent de la satisfaction dans la broderie, dans un monde où tout va vite, la broderie permet de prendre du temps pour soi, c’est méditatif ! »

+ d’infos sur https://www.dmc.com/