Portrait

De Mulhouse à New-York : les mille vies et 50 années de photographie de Jean-Claude Figenwald

Des rencontres, des voyages et un regard… Celui du photographe Jean-Claude Figenwald, qui signe un livre-rétrospective de 50 ans de photographie chez Médiapop, ainsi qu’une exposition au Séchoir, dans le cadre de la Biennale de la photographie de Mulhouse. Portrait.

Publié à 9h30

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Jean-Claude Figenwald signe un livre-rétrospective de 50 ans de photographie chez Médiapop, ainsi qu’une exposition au Séchoir, dans le cadre de la Biennale de la photographie de Mulhouse

Jean-Claude Figenwald signe un livre-rétrospective de 50 ans de photographie chez Médiapop, ainsi qu’une exposition au Séchoir, dans le cadre de la Biennale de la photographie de Mulhouse

Christophe Schmitt

Il fallait bien 400 pages pour résumer la carrière de photographe de Jean-Claude Figenwald. En 300 photographies, couleur et noir et blanc, son livre « Comme il m’a été donné – Mes vies de photographe » revient sur 50 années de photographie. Un bouquin et une œuvre aussi singuliers que leur auteur, qui a parcouru le monde, des États-Unis à l’Inde, en passant par la Mauritanie, Cuba ou la Serbie, sans jamais oublier la dizaine d’années passée à Mulhouse dans son enfance et durant laquelle il a noué des amitiés indéfectibles. « Je suis né en 1956, à Paris, de parents alsaciens, expose Jean-Claude Figenwald. Mes grands-parents paternels habitaient à Mulhouse et mes parents s’y sont installés en 1963. J’y ai vécu jusqu’en 1975, lorsque je suis reparti à Paris ». D’abord passionné par le cinéma, le petit Jean-Claude rêvait de devenir caméraman, au grand dam de son père qui le voyait plutôt faire carrière dans la fonction publique. « C’est mon cousin qui m’a offert mon premier appareil photo, c’était mon salaire de plongeur dans son petit hôtel restaurant ! »

L'exposition permet de découvrir les coulisses du travail de Jean-Claude Figenwald, à travers des planches-contact.

L'exposition permet de découvrir les coulisses du travail de Jean-Claude Figenwald, à travers des planches-contact.

Christophe Schmitt

Jean-Claude Figenwald n’était pas prédestiné à devenir photographe. « Je n’étais pas issu d’un milieu culturel, je n’avais pas mes entrées. Mais j’ai trouvé un boulot de stagiaire dans l’agence Fotolib, qui fournissait des photos au journal Libération. Ils avaient des contacts avec les agences Gamma, Sigma… » De fil en aiguille, il intègre l’agence Gamma comme glaceur-tireur, puis le service des archives de l’agence Magnum. « J’y ai découvert la valeur de l’image fixe et une grande richesse photographique, historique et visuelle », se souvient Jean-Claude Figenwald, qui a aiguisé son regard en côtoyant Raymond Depardon, Sebastião Salgado ou Gilles Caron, avant de commencer à vivre de la photo en photographiant des défilés de mode pour le New-York Times, en 1980. De là, les reportages s’enchaînent, les contrats aussi : il intègre notamment le staff de photographes de l’Express, collabore avec Voici, Télé-Loisirs ou l’édition française de Fortune, réalise des commandes pour de nombreuses marques, suit la construction de Disneyland Paris…

Une photographie humaniste

En feuilletant les pages de son livre, paru début juin, on plonge tant dans l’œuvre de Jean-Claude Figenwald que dans l’histoire du monde contemporain. On entre dans l’intime d’humains de tous horizons, on découvre la Route 66 en 1993, Berlin en 1986, on croise Agnès B, Jacques Chirac ou Yves Saint-Laurent, on se remémore avec douleur les attentats du 11 septembre 2001 ou ceux contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher, en 2015… Des photos personnelles, pour beaucoup réalisées à l’occasion de voyages professionnels, qui l’ont notamment mené des dizaines de fois outre-Atlantique. Si l’on peut voir du Martin Parr ou du Raymond Depardon dans certains de ses clichés, la photographie de Jean-Claude Figenwald est avant tout humaine, pour ne pas dire humaniste. Une valeur chère au photographe, qui n’oublie pas Mulhouse : « Dans les années 2000, j’étais tellement allé aux États-Unis que je ne savais plus d’où je venais, se souvient le photographe. Je suis revenu à Mulhouse, où j’ai fait un reportage sur les jardins ouvriers, puis une résidence à La Filature, suivie d’une expo en 2004 ».

Le livre « Comme il m’a été donné – Mes vies de photographe » est disponible en librairies. L'exposition, elle, est visible jusqu'au dimanche 5 juillet, au Séchoir.

Le livre « Comme il m’a été donné – Mes vies de photographe » est disponible en librairies. L'exposition, elle, est visible jusqu'au dimanche 5 juillet, au Séchoir.

Christophe Schmitt

Pour le photographe aux 50 ans de carrière, la Cité du Bollwerk est aussi celle qui a rendu la sortie de son livre possible. « Faire un livre comme celui-ci n’aurait pas été possible à Paris, j’ai de la chance », souffle Jean-Claude Figenwald, qui cite quatre Mulhousiens qui ont rendu la sortie de cette rétrospective possible : Dominique Bannwarth, président de Mulhouse art contemporain, « qui était un voisin dans mes années mulhousiennes et est resté un ami. Mulhouse art contemporain a fourni une partie des fonds pour éditer le livre, tout comme un autre ami, l’entrepreneur Yves Zeller. Il y a aussi Philippe Schweyer, de Médiapop, qui édite le livre, et Anne Immelé, la directrice artistique de la Biennale de la photographie de Mulhouse, qui a choisi toutes les photos exposées au Séchoir et scénographié cette dernière. » Au Séchoir, l’exposition « Si on m’avait dit » est visible jusqu’au dimanche 5 juillet. Avant de repartir à Paris ou vers d’autres horizons, Jean-Claude Figenwald présentera son livre « Comme il m'a été donné - Mes vies de photographe », ce jeudi 11 juin à 20h, à la librairie 47° Nord, à l’occasion d’une conférence-rencontre, animée par son ami mulhousien Dominique Bannwarth. Une visite de l'exposition au Séchoir est également prévue, en présence du photographe, samedi 13 juin à14h.

+ d’infos sur https://jeanclaudefigenwald.com/, https://www.lesechoir.fr/ et https://www.47degresnord.com/jean-claude-figenwald.html