Crari or not : se mettre dans la peau d’ados par le biais du théâtre immersif
Avant d'être présenté à La Filature, Crari or not a été expérimenté par des lycéens.
―Catherine KohlerJusqu’au samedi 7 février, La Filature présente le spectacle de la compagnie Ex Voto à la lune, To like or not. Un spectacle de théâtre immersif, à la croisée des chemins entre théâtre et images, qui dresse le portrait d’une jeunesse adolescente, à l’heure du tout numérique. Avant ou après le spectacle, le public peut découvrir l’expérience immersive Crari or not, composée de six modules numériques, dont une expérience en réalité virtuelle, qui permet de vivre la soirée entre ados qui constitue le point de départ du spectacle. Un concept original et immersif qu’ont pu découvrir des élèves des lycées Stoessel et Schweitzer, fin janvier.
La question du rapport à l’autre
Au CDI du lycée Charles Stoessel, ce mardi matin, les élèves de seconde MTNE (Métiers des transitions numérique et énergétique) ne viennent pas réviser. Ils ont rendez-vous avec Jules-Elie, Marilou, Gabriel, Victor, Anaïs et Safia. Ces six adolescents, les élèves ne les rencontreront jamais vraiment mais il se mettront dans leur peau, le temps d’un atelier de création de vidéos ou d’une immersion dans une soirée qui dérape, en réalité virtuelle. « Ils découvrent une soirée au travers du regard des six personnages, confie Alexandre Locatelli, comédien de la compagnie Ex Voto à la lune. Chacun va vivre une situation différente, être harcelé ou harceleur : nous posons la question du rapport à l’autre. »
Présenter des formes théâtrales nouvelles
La réalité virtuelle permet d'apporter un nouveau regard sur la production théâtrale.
―Catherine KohlerLa réalité virtuelle permet une immersion et un ressenti des situations vécues par les personnages : ceux qui ont pu se mettre dans la peau d’Anaïs, par exemple, ont nécessairement ressenti le malaise et la jalousie, mais aussi la lourdeur et l’insistance des garçons dans la soirée. Tandis qu’un groupe vit la soirée en réalité virtuelle, un autre imagine les stories Instagram qui ont pu être postées par les différents personnages, avant ou après la soirée, en intégrant notamment des phrases issues du répertoire théâtral classique. « Les interventions auprès des lycéens, ça leur montre que d’autres formes théâtrales existent, on ne va pas voir un Molière qui peut être rébarbatif, le public est très impliqué », complète Sarah Donsimoni, elle aussi comédienne de la compagnie.
« Les réseaux sociaux sont là, il faut faire avec »
« C’est créatif et vraiment trop bien de faire ça, ça montre la vie des ados, tout en ressemblant à la vie réelle. C’est une bonne expérience », lancent Nolan et Carla, avant de passer au QCM leur permettant de savoir de quel personnage ils sont le plus proches. Alexandre Locatelli et Sarah Donsimoni, eux, précisent que l’expérience Crari or not et les spectacle To like or not n’ont pas vocation à être des critiques des réseaux sociaux : « Les réseaux sociaux font partie de leur vie. Nous, on a du recul, les ados eux, ont vraiment grandi avec, c’est à eux d’en faire le bilan. Aujourd’hui, les réseaux sociaux sont là, il faut faire avec ! » Comme les lycéens du Stoessel, le public de La Filature peut découvrir l’expérience Crari or not, jusqu’au samedi 7 février.
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