Chez Epitech, le don du sang rencontre les nouvelles technologies
Comment amener les jeunes à donner leur sang ? C’est la question sur laquelle ont planché une vingtaine d’étudiants de l’école supérieure d’informatique Epitech, à KmØ Mulhouse, à l’occasion d’un hackathon, organisé début mai.
Publié hier à 9h51 Lecture 4 min.
Matteo, Valentino et Matthias, les gagnants du Hackathon organisé par Epitech et l'Etablissement français du sang.
―Catherine KohlerQui mieux que le Larousse pour expliquer le principe d’un Hackathon ? « Processus créatif, très utilisé dans le domaine de l’innovation numérique, qui consiste à faire travailler ensemble et sans interruption des volontaires sur une durée de 24 à 48 heures environ, dans le but de faire émerger des idées novatrices. » L’innovation numérique et les idées novatrices, ce sont justement les points forts des étudiants d’Epitech Mulhouse, l’école supérieure d’informatique située à KmØ. « Tous les ans, on essaie d’organiser deux hackathons, en lien avec des entreprises ou des associations locales, avec l’objectif d’amener de la tech là où il n’y en a pas forcément », confie Jordan De Gruttola, responsable des relations avec les entreprises au sein d’Epitech. Après le Zoo de Mulhouse et la SPA, c’est l’Etablissement français du sang qui a été au cœur des réflexions des étudiants durant 28 heures, avec un problème à résoudre : comment amener les jeunes à donner leur sang, en utilisant les outils numériques ?
Une mascotte : Globi
« Les étudiants de deuxième année du programme Grande école ont d’abord fait un état des lieux de ce qui existe, puis réfléchi à des pistes d’amélioration, en apportant leur patte », poursuit Jordan De Gruttola. Et à ce jeu-là, ce sont Matthias, Valentino et Matteo qui ont été les plus créatifs, avec un projet d’application mobile, associé à une communication moderne et ciblée. « Nous sommes partis de l’application mobile existante de l’EFS et avons proposé des ajouts de fonctionnalités », explique Matthias. « Nous avons fait évoluer la charte graphique de l’association, pour qu’elle parle plus aux jeunes, créé une mascotte, Globi, qui pourrait accompagner les jeunes sur l’application, et ajouté des fonctionnalités, comme la possibilité de savoir exactement à quoi sert le sang donné », poursuit Valentino. « Notre fil rouge, c’est la « gamification » du don du sang, soit l’ajout de marqueurs que l’on trouve dans les jeux vidéo, comme l’ajout de badges ou de trophées numériques », poursuit Matthias.
« Globule d’or » et « Centurion »
Les étudiants ont imaginé de nombreux moyens pour amener les jeunes à donner leur sang, notamment par le biais d'une application mobile revisitée.
―Catherine KohlerÀ l’image des applications de suivi sportif, qui « offrent » des badges numériques à qui veut bien courir 10 km d’une traite ou pour une série de 20 activités par mois, l’application imaginée par les étudiants récompenserait un donneur ayant effectué cinq dons d’un badge « Globule d’or », tandis que 25 dons ferait du donneur un « Centurion ». Autre idée, celle d’un jeu sous forme de quiz, qui permet d’en savoir plus sur le don du sang, tout en gagnant des points d’expérience permettant, là encore, de remporter de précieux badges. « Nous avons aussi imaginé une section personnalisée pour le donneur, qui lui permettrait de connaître le nombre de gens qui portent le même groupe sanguin que lui, à qui il peut donner ou de qui il peut recevoir un don, expose Matteo. Il y a également une carte interactive, qui permet de savoir où et quand donner son sang, puis de prendre un rendez-vous, après avoir répondu à une série de questions. » Enfin, autre fonctionnalité : l’utilisation de notifications push, pour rappeler aux donneurs qu’ils peuvent refaire un don, deux mois après leur précédent…
Gagnant-gagnant
« Au départ, nous avions contacté l’EFS pour voir comment encourager les étudiants à donner leur sang, puis nous avons eu l’idée de travailler ensemble pour aller plus loin », explique Jordan De Gruttola. En 28 heures, les étudiants ont identifié de nombreuses pistes et programmé un prototype fonctionnel de l’application mobile. « Ce type de projet permet aux jeunes d’avoir une expérience, autour d’un projet concret, poursuit Jordan De Gruttola. Désormais, l’EFS a une solution clé en main, qu’il peut mettre en place, s’il y a une volonté. C’est gagnant-gagnant pour tout le monde ! » D’ici quelques mois, deux projets imaginés par les étudiants lors de précédents hackathons, en lien avec la SPA et le Zoo verront le jour. L’EFS, qui a les cartes en mains pour faire évoluer ses dispositifs, a déjà remporté une partie de son pari, en recrutant deux nouveaux donneurs de sang : Matthias et Valentino. « Je savais que le don du sang existait mais je n’ai jamais pensé à le faire. Ce projet m’a donné envie de franchir le pas », conclut Valentino.
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