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Bibliothèque sonore de Mulhouse : la voix de la solidarité

30 novembre 2023 à 17h01 par 1 3550

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Temps de lecture : 3 minutes

Permettre, à ceux qui ne le peuvent pas, de se plonger dans les livres, les revues et les journaux : c’est l’objectif des bénévoles de la Bibliothèque sonore de Mulhouse. Plus de 120 000 titres sont ainsi accessibles gratuitement, en version sonore, aux personnes déficientes visuelles ou dyslexiques, notamment avec les nouveaux outils numériques.  

Si, 45 ans après ses débuts, la Bibliothèque sonore de Mulhouse a beaucoup évolué, passant des cassettes aux CDs, puis au téléchargement et au streaming, ce qui n’a pas changé, c’est la volonté des bénévoles de l’association d’offrir un accès gratuit à la littérature, à la culture et à l’information aux personnes vivant avec une déficience perceptuelle.

« La Bibliothèque sonore de Mulhouse est née en 1978, elle fait partie du réseau des 115 Bibliothèques sonores de France, explique Henri Siegrist, le trésorier de la Bibliothèque sonore de Mulhouse. Nous sommes installés au sein de la bibliothèque Grand’Rue, grâce à la Ville de Mulhouse qui nous héberge gracieusement, et comptons actuellement 20 donneurs de voix et 11 donneurs de temps, tous bénévoles. »

Des services gratuits

Catherine Kohler

Ces bénévoles constituent le cœur battant de l’association, assurant la gestion des prêts, des retours et la classification des documents qui sont enregistrés par les donneurs de voix. « Nos donneurs de voix choisissent eux-mêmes quels ouvrages, revues ou journaux ils ont envie de lire. Chacun peut avoir son propre style mais l’objectif est d’être le plus proche possible du texte. Ils sont formés en amont, notamment à l’utilisation du logiciel Audacity, et gèrent leurs enregistrements chez eux, se corrigent… L’arrivée de l’informatique a été une évolution importante pour nous, amenant aussi plus de professionnalisation. Chaque enregistrement est d’ailleurs écouté par deux auditeurs « qualité », avant sa diffusion. »

Accessible, au départ, aux personnes malvoyantes et aveugles, le prêt des ouvrages sonores s’est élargi aux personnes présentant des troubles de l’apprentissage, comme les dyslexiques, ou encore aux personnes étant en incapacité de tenir et de manipuler un livre. « Nos services sont intégralement gratuits, la seule condition est de disposer d’une attestation médicale attestant d’un handicap à la lecture. » Soutenue par la Ville, la CEA et les Lions Club de la région, l’association accepte également les dons, une source de financement nécessaire à la poursuite de ses activités.  Aux côtés des classiques de la littérature mais aussi des dernières nouveautés et d’un riche catalogue de revues et de journaux, la Bibliothèque sonore propose aussi des ouvrages et manuels scolaires, d’une grande aide pour les élèves dyslexiques notamment.

La révolution numérique

Catherine Kohler

Avec l’arrivée des outils numériques, le fonctionnement des Bibliothèques sonores a été profondément modifié : possibilité d’écouter les ouvrages en téléchargement et en streaming, centralisation dans un réseau unique de l’ensemble des ouvrages enregistrés par les différentes bibliothèques, portail unique et, bientôt, plateforme sécurisée Platon de la Bibliothèque nationale de France et accès à des ouvrages du monde entier avec le Consortium pour des livres accessibles…

« Au départ, Les Misérables de Victor Hugo, par exemple, représentaient 15 cassettes audio ! Désormais, la majorité des prêts se font en téléchargement ou en streaming, même si nous proposons toujours des CDs, que les gens viennent récupérer ici, permettant un moment de partage et de convivialité. » C’est ce supplément d’âme et le contact humain qui vont continuer à faire la différence, alors que les outils issus de l’intelligence artificielle permettent désormais la lecture automatique par des voix synthétiques…

« Nos bénévoles ont toujours un rôle à jouer, devant l’arrivée de cette technologie : ils donnent de leur temps pour les autres, veulent être utiles aux personnes qui en ont besoin, souligne Alain Sekula, le président de la Bibliothèque sonore de Mulhouse, également président du Lions Club Mulhouse Doyen. Ce lien avec les personnes qui écoutent est irremplaçable, on n’écoute pas un ouvrage de la même manière quand on sait que derrière, il y a quelqu’un qui a passé des dizaines d’heures à l’enregistrer bénévolement… La voix humaine plaît toujours plus qu’une voix synthétique, mais l’IA peut devenir une aide pour nettoyer les pistes sonores ou effectuer le chapitrage. » Un outil de plus au service de la solidarité.

+ d’infos sur www.bs-mulhouse.fr

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