60 ans de l’association Dante Alighieri : « Continuer à intéresser les gens à la culture italienne »
L’association Dante Alighieri de Mulhouse fête son 60e anniversaire en 2026. Pour l’occasion, plusieurs événements sont organisés : conférences, concert, exposition… Entretien avec Carole Berroir, qui a pris la présidence de cette association culturelle italienne en 2024.
Publié hier à 10h46 Lecture 4 min.
La présidente de Dante Alighieri, Carole Berroir. En arrière plan, une photo du président fondateur de l'association Claude Fritz (à d.), avec le consul d'Italie Eros Vicari.
―Christophe SchmittL’association Dante Alighieri, c’est quoi ?
Tout d’abord, il faut savoir que Dante Alighieri est le poète italien qui a écrit La Divine comédie, que beaucoup d’Italiens connaissent par cœur. La Dante est une association culturelle italienne, qui a été créée en 1889 pour diffuser la langue et la culture italiennes et préserver le lien à l’italianité avec les Italiens qui se retrouvaient aux quatre coins du monde. Mais également pour diffuser cette culture aux gens qui pouvaient s’y intéresser. Petit à petit, les comités se sont diffusés : il y en a une trentaine en France, entre 300 et 400 dans le monde. À Mulhouse, l’association a été créée en 1966. Nous avons trois piliers d’activités : les cours d’italien, les conférences et les voyages culturels.
En 2026, l’association fête ses 60 ans, qu’avez-vous prévu ?
Cette année, nous fêtons effectivement le 60e anniversaire de l’association. Pour cela, j’ai essayé de fédérer les forces vives locales. Dans notre programme, nous organisons un « mois de l’Italie » avec la bibliothèque, avec un cycle renforcé de conférences, une journée dédiée à l’immigration avec la projection du film « Interdit aux chiens et aux Italiens », un entretien avec Luigi De Poli et un spectacle musical avec Laura Toffetti. Le Musée des Beaux-arts nous accueille aussi, le temps d’un week-end. Pour l’occasion, le musée a réorganisé une salle, avec des peintures italiennes issues de leurs réserves, autour d’un tableau de Marcel Rieder, qui a peint Dante qui pleure Béatrice. Des visites guidées en français et en italien sont prévues, ainsi qu’une conférence. Au mois de novembre, nous organisons un spectacle musical d’après La Divine comédie, au temple Saint-Etienne.
En parallèle, vous poursuivez vos activités…
Nous avons déjà mis sur pied notre programme de conférences pour l’année. Les inscriptions aux cours de langue sont ouvertes, ils débuteront au mois d’octobre. Les cours s’adressent à toutes les personnes qui veulent faire de l’italien. Il y a différents groupes : des débutants, des gens qui ont déjà des bases, d’autres plus expérimentés, ainsi qu’un café littéraire, un cercle de conversation autour d’œuvres. Parmi les moments importants pour l’association, il y a aussi les voyages. C’est une belle approche culturelle, on essaie de sortir du tourisme de masse. C’est toujours très stimulant, il y a une belle ambiance, des liens et de la solidarité entre les membres. L’an prochain, nous irons à Naples.
Justement, qui sont les membres de votre association ?
Nous avons une centaine de membres, dont environ 40% viennent pour les cours d’italien. Nos adhérents viennent de partout, ils aiment l’Italie ou l’italien. Ils sont majoritairement retraités, ce qui est fréquent dans les associations. Ils s’intéressent à la culture et à l’Italie. Ils ne sont pas forcément tous italophones, certains ont des origines italiennes mais il y a peu de vrais Italiens. Ce n’est pas une association communautaire !
Le public trouve-t-il toujours un intérêt pour la culture italienne ?
La culture italienne est toujours très recherchée. L’Italie, ça fait rêver : on pense au soleil, au beau temps, aux beaux monuments et à toutes les beautés liées à l’Italie… Je crois qu’il y a toujours un attrait, qui passe aussi par l’apprentissage de la langue, la participation aux voyages et aux conférences, sur des sujets variés. Généralement, les thèmes abordés sont liés à l’art, à l’histoire, à la littérature.
Que retenez-vous de ces 60 ans d’activité ?
On est toujours là et on espère que la Dante pourra continuer. J’ai été plongée dans l’association jeune, car mes parents étaient engagés. On a l’impression d’être une grande famille. Avec les gens qui se voient aux conférences ou pour les voyages, on a l’impression de se connaître depuis toujours. Je ne sais pas si nous sommes très connus, mais nous arrivons toujours à travailler avec de nombreux partenaires et à faire des choses. C’est ça qui nous porte.
Quels sont vos objectifs pour la suite ?
L’objectif est de renouveler notre public, peut-être de le rajeunir et, de toute façon, pérenniser l’association. Nous voulons continuer à intéresser les gens. Pour le moment, je ne sens pas de lassitude !
+ d’infos sur https://danta68.wordpress.com/



